Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2015/2016 – Perspectives 2016/2017

GDS23 - FDC23 - DDCSPP23 - LDA23

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2015/2016 – Perspectives 2016/2017

Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise => Le groupe de travail, composé de la DDCSPP23, du LDA d’Ajain, de GDS Creuse et de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse, a poursuivi ses investigations pour la saison 2015/2016.

Tularémie : Elle fait de nouveau parler d’elle en Creuse !

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2015/2016 – Perspectives 2016/2017

Depuis février 2015, huit cas de tularémie sur lièvre ont été identifiés sur les cantons de Bonnat, Dun le Palestel, le Grand-Bourg et Bénévent. Cette maladie est dorénavant classée parmi les dangers sanitaires de 2ème catégorie à déclaration obligatoire auprès du Préfet. En 2015, l’Institut de Veille Sanitaire a enregistré 71 cas de tularémie humaine en France. Pour la grande majorité des cas, les personnes avaient manipulé des animaux dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes. Elle atteint surtout le lièvre et les petits rongeurs chez lesquels elle peut provoquer, de façon exceptionnelle, une mortalité anormalement importante. La survie de la bactérie responsable (Francisella tularensis) est assurée dans la nature par les tiques, d’où le caractère répété de périodes d’épidémies et d’accalmies.

Une zoonose, d’où des mesures de prévention à respecter impérativement

C’est une maladie transmissible à l’homme (zoonose). Le traitement médical repose sur une prise rapide d’antibiotiques. La maladie étant transmissible par simple manipulation d’un lièvre malade ou de son cadavre, les consignes suivantes sont à respecter de manière impérative :

  • Protection et protocole de collecte : manipuler les animaux vivants, malades ou morts, avec des gants à usage unique ; ne pas procéder à l’ouverture des carcasses des animaux trouvés morts ; prélever l’animal grâce à un sac plastique (en le prélevant comme un « gant retourné », ce qui évite de contaminer l’extérieur du sac), refermer le sac de façon étanche, à bout de bras pour ne pas inhaler l’air expulsé du sac et mettre le premier sac dans un second en le refermant avec la même technique.
  • Mesures d’hygiène individuelles : jeter les gants à usage unique dans un sac étanche (sac poubelle) ; se laver immédiatement les mains après tout contact potentiellement contaminant ; nettoyer ses bottes puis les désinfecter avec de l’eau de javel diluée (10 %) ; bien vérifier que l’on ne porte pas de tique après manipulation du cadavre ; en cas de doute de contamination par un agent biologique, consulter votre médecin traitant en le « dirigeant » vers la zoonose suspectée.
Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2015/2016 – Perspectives 2016/2017

Grâce au réseau de chasseurs qui assure les prélèvements sur les animaux tués à la chasse, le contrôle sanitaire de la grande faune sauvage s’est poursuivi sur 2015/2016. Le suivi triennal (tuberculose sur les chevreuils et les cerfs, brucellose sur les sangliers) et les obligations réglementaires (trichine chez les sangliers) ont axé les recherches. Pour la trichine, de nouveau, les résultats sont négatifs.

Un suivi tuberculose de la faune sauvage avec les réseaux SAGIR et SYLVATUB…

La situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France montre une très faible prévalence générale avec la persistance de foyers d'infection localisés mais dispersés sur le territoire national. Depuis quelques années, des animaux sauvages infectés ont été détectés dans plusieurs zones de présence de tuberculose bovine. Pour identifier le plus précocement possible une infection de la faune sauvage, un réseau de surveillance (Sylvatub) a été mis en place. La surveillance départementale est fonction du niveau de risque vis à vis de la tuberculose bovine. Le niveau 3 est appliqué dans les départements où elle présente une prévalence relativement élevée et où il est nécessaire de caractériser davantage la circulation de la maladie dans la faune sauvage. Le niveau 2 est appliqué selon les éléments suivants : mise en évidence récente de cas de tuberculose bovine dans la faune sauvage, détection de foyers bovins de façon régulière ou avec une augmentation d’incidence ou proximité de zones classées en niveau 3. Le niveau 1 est attribué dans tous les autres départements. La Creuse est en niveau 1.

… avec des actions complémentaires en Creuse : une surveillance tuberculose sur les blaireaux en 2014/2015, sur les cerfs et chevreuils en 2015/2016

L’action départementale se définit selon deux axes. D’une part, une formation des chasseurs permet de faciliter la surveillance des cervidés et des sangliers porteurs de lésions suspectes détectés par l’examen initial de la venaison au moment de l’éviscération du gibier. D’autre part, des prélèvements sont réalisés tous les 3 ans sur les blaireaux, les cerfs et les chevreuils (cf. tableau). Des examens ont été effectués sur 57 blaireaux la campagne passée avec des résultats négatifs. Pour 2015/2016, les blocs pulmonaires de 76 chevreuils et 34 cerfs ont été examinés. Tous les résultats sont négatifs.

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2015/2016 – Perspectives 2016/2017

La brucellose porcine, une circulation persistante chez les sangliers

La seule menace identifiée, en Creuse, en matière de contamination des animaux de rente par la faune sauvage a été celle des sangliers avec la brucellose porcine vis à vis des élevages plein-air de truies, d’où la mise en place de mesures spécifiques de protection. Dans le cadre du suivi triennal, des sérologies brucellose ont été effectuées au cours de cette campagne. 42 échantillons ont été analysés, il en ressort un taux de positifs de 47 %. La prévalence était de 47 % en 2001/2002, 22 % en 2006/2007, 23 % en 2009/2010 et 7 % en 2012/2013. Les résultats de cette campagne confirment la circulation de la brucellose porcine chez les sangliers (cf. carte). Les mesures spécifiques de protection sont donc à poursuivre de manière aussi drastique et les précautions lors de la manipulation des sangliers abattus restent essentielles.

Les orientations 2016/2017 axées sur le suivi triennal 

Pour 2016/2017, pour les sangliers, du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation, la recherche de la trichine se poursuit. Dans le cadre du suivi triennal, les suivis parasitaires vont être reconduits chez les chevreuils et cerfs et la maladie des muqueuses ou BVD va être investiguée chez le chevreuil. Rappelons que les précédents sondages avaient montré l’absence de portage de virus BVD par les chevreuils.

Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous

La surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet la remontée de données au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle pour les gestionnaires de la faune sauvage et de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. Il est entré dans une phase de suivi où la synergie des différents intervenants permet un fonctionnement optimal. N’hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier