"Le Débat" : Comment améliorer notre assiette du point de vue nutritionnel et gustatif ?

Clarisse Brillouet, étudiante à AgroParisTech

"Le Débat" : Comment améliorer notre assiette du point de vue nutritionnel et gustatif ?

En France, la nourriture est traditionnellement une valorisation du territoire et une culture du plaisir des papilles. Mais l'évolution de nos comportements va plutôt dans un autre sens...

La tendance est à la simplification de ce qu'on mange, d'après Pascale Hébel, Directrice du Département Consommation du CREDOC. Alors qu'on avait une nourriture particulièrement diversifiée, on n'a plus tendance qu'à faire un seul plat par repas. On consomme moins de fruits et légumes, davantage de plats prêts à consommer.

Alors que dans les années 60 le panier représentait 30% du budget du foyer, il est aujourd'hui à 13,8%, 20% dans les milieux les plus précaires. Pascale Hébel fait toutefois remarquer que la part consacrée à l'alimentation hors-foyer est en baisse ; « avec la crise, on a une croissance de la part de ce qui est fait maison » complète-t-elle.

À la recherche des bonnes habitudes perdues

 Malgré une diversité au cours de la semaine, il faut réintroduire la diversité dans nos régime, conseille Pascale Hébel. Elle ajoute que bien que les messages comme « mangez 5 fruits et légumes par jour » soient bien passés, les comportements sont longs à évolués. 

Selon elle, « on est dans une culture de transmission culinaire sans avoir eu de connaissances nutritionnelles ». Des projets tels que le Programme National pour l'Alimentation (PNA) ou le Programme National Nutrition Santé (PNNS) prennent de l'ampleur auprès du grand public. Paul Mennecier, chef du service de l'alimentation au ministère de l'agriculture, rappelle que pour éduquer dès le plus jeunes âge, des classes du goût sont mises en place dans les écoles, à raison de 8 cours d'une heure et demi par an. Les actions de type se multiplient d'après Jean-Louis Cazaubon, président des chambres d'agriculture des Haute-Pyrénées et Midi-Pyrénées. La sensibilisation par les cantines ou encore les visites scolaires à la ferme sont de plus en plus nombreuses.

Vers une valorisation des circuits courts

L'offre alimentaire est flexible d'après Jean-Louis Cazaubon ; « La fierté du producteur est d'amener le produit qui correspond à la demande du consommateur ». Il ajoute que les produits français sont de qualité et donc à valoriser. D'autant plus que 10% des gens veulent des produits locaux.

La saisonnalité des produits a aussi sont importance, environnementale et gustative. Paul Mennecier ajoute qu'il est demandé aux cantines scolaires d'identifier les produits de saison dans les menus servis.

L'étiquetage est l'un des premiers véhicule pour informer le consommateur selon lui. Jean-Louis Cazaubon nuance toutefois en rappelant qu'on « ne peut pas dire qu'il y ait un seul type de consommateur ». Il faut donc arriver à un étiquetage simple et clair, qui concerne le plus grand nombre de gens.

 Quant au bio dans les cantines, Paul Mennecier rappelle qu'étant encore très importateurs, il est important que l'agriculture biologique se développe davantage sur le territoire français.

Quant aux évolutions techniques...

Christine Cherbut, directrice scientifique à l'INRA, précise qu'il ne faut pas travailler uniquement sur la qualité nutritionnelle de ce que nous mangeons. Il faut selon elle avoir envie de consommer, en avoir les moyens, et améliorer l'offre alimentaire de qualité. De même il est possible de communiquer positivement sur les progrès à faire : pas seulement donner des restrictions comme moins de sel ou moins de gras, mais également des messages positifs comme 'plus de vitamines!'. C'est en combinant plaisir, sens et santé qu'on pourra selon elle atteindre les objectifs alimentaires de demain.

Car les enjeux sont globaux. Il faut faire travailler ensemble des gens de différentes disciplines. Paul Mennecier confirme que « la synergie entre les différents acteurs est déterminante ». C'est en écoutant aussi son corps que les gens seront en bonne santé, ajoute-t-il, et c'est ce que l'on souhaite... !

 

 

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