Le Débat de Terre d'Infos : Dans un contexte de changement climatique, vers une gestion concertée de l'eau en France ?

Johanna BALPE, étudiante à AgroParisTech

On assiste actuellement à une baisse mondiale de la ressource en eau et à une hausse des besoins. Dans une telle situation, comment concilier ses différents usages et éviter les conflits ?

L'eau douce représente 2,5% de l'eau disponible sur Terre, et seul 0,3% est accessible à l'homme. Or celle-ci doit servir d'eau potable, aux usages agricoles, industriels, domestiques et à la préservation de la biodiversité.

Pourtant selon Pascal Berteaud, directeur de l'eau au Ministère de l'Écologie, on n'assiste pas tant à une diminution du volume d'eau disponible qu'à l'inégalité de sa répartition dans le temps et l'espace. Ses besoins augmentent dans le Sud par rapport au Nord, en été par rapport à l'hiver, et les prélèvements y sont plus difficiles. Selon Mr Cazaubon, Jean-Louis CAZAUBON, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture Midi-Pyrénées, «Quantitativement, il y a assez d'eau pour tout le monde, le problème est de la récupérer». Il faut donc viser un meilleur équilibre entre saisons, territoires, et usages.

Le stock intersaisonnier est une solution devenue inévitable, mais chaque retenue coûte 3€/m³ et 50% de l'eau y retourne à la salubrité. Le Grenelle et les environnementalistes maintiennent malgré tout qu'il doit être développé, malgré leur crainte de détérioration du milieu. Il convient également de se préoccuper du stock naturel par la préservation des nappes.



Comment diminuer la quantité d'eau prélevée en agriculture ?

Ces 20 dernières années ont donné lieu à une réelle volonté de diminution de consommation d'eau par les réseaux domestiques et collectivités locales, et à un effort important pour limiter les fuites entre zones de prélèvement et d'usage.

Mais comment diminuer la quantité d'eau prélevée en agriculture ? Il faut dans un premier temps augmenter l'efficience d'utilisation de l'eau via de nouvelles techniques d'irrigation et la modification des pratiques culturales (irriguer moins, cultures moins consommatrices, usages multiples de l'eau). Mais il ne faut pas oublier que les agriculteurs restent tributaires du marché et des politiques.

La gestion de cette ressource fait par ailleurs l'objet de directives aux échelles nationales et européennes, visant un équilibre production/protection du milieu. «L'Etat est responsable de la police de l'eau» selon Mr Berteaud, « il faut faire appliquer les règles sinon cela engendre des crispations ». Des commissions locales sont mises en place pour contrôler la consommation d'eau.

507 captages font l'objet d'une protection renforcée

La préservation qualitative de l'eau est également indispensable, d'où la mise en place de périmètres de protection autour des stations de captage. Il existe à l'heure actuelle 507 captages faisant l'objet d'une protection renforcée, avec réintroductions de cultures permettant une meilleure infiltration. Il faudrait à présent les multiplier, et indemniser les exploitants pour qui cela représente un coût.

Une forme de solidarité interrégionale est actuellement observable, avec interconnexion les réseaux. Mais le transport de l'eau reste coûteux, cela reste donc un problème local. Pragmatisme et concertation sont donc les clés pour défendre la multiplicité des usages de l'eau et l'évolution législative sur les pratiques culturales et les financements.

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