Le Débat de Terre d'Infos TV : Nourrir les hommes est une affaire politique

Viviane Degret, étudiante à AgroParisTech

En 2050, nous serons 9 milliards sur terre. La production devra augmenter d'au moins 50% pour assurer l'alimentation de tous. Nourrir les hommes est un enjeu de taille pour le futur, mais aussi pour le présent. Est-il possible de produire plus ? Est-il possible de produire mieux ? Et comment ? Claude Carré et ses invités ont tenté de faire le point et de répondre à ces questions brûlantes.

Les émeutes de la faim en 2008, en Égypte ou à Madagascar ont remis la faim et la question de la production agricole sur le devant de la scène. «On s'est trompé en pensant que l'agriculture n'avait plus d'importance», dit Jacques Godfrain, Président de « Alliés ». Les intervenants se rejoignent sur le constat de Lionel Guezodjé, aviculteur béninois : l'agriculture est « une affaire de politique ».

Au Bénin, le potentiel de production est là, mais les financements et l'investissement manquent. D'après Lionel Guezodjé, en Afrique 60% des terres sont cultivables et seules 10% sont exploitées. Les rendements à l'hectare peuvent également être améliorés. Nikiforos Sivenas, Directeur de l'Agriculture et du Développement Durable à la Commission Européenne, indique que l'Europe débourse 50 milliards d'euros par an pour le développement.

Pour Lionel Guezodjé les aides et les exportations de produits agricoles à bas coût en provenance des pays développés « 'cassent' le tissu de production dans les pays en développement ». Les dirigeants choisissent de nourrir les villes avec les aliments importés, évitant ainsi les émeutes, plutôt que de privilégier l'agriculture locale. «Il faut que ce soit l'Afrique elle-même qui envisage de nourrir ses villes ! », dit Jacques Godfrain. Pour cela, de réelles politiques agricoles doivent être mises en place.





Peut-on produire mieux ?

Pour Gérard Renouard, Président de l'AFDI (Agriculteurs Français et Développement International), l'organisation des acteurs agricoles est primordiale pour l'avenir. Un échange plus actif des connaissances et des savoirs doit se dessiner. Pour Jacques Carles, Délégué Général du MOMAGRI , les biotechnologies sont nécessaires pour l'agriculture de demain, avec l'apparition de variétés moins gourmandes en eau et en intrants.

Lionel Guezodjé relève trois points indispensables à une indépendance alimentaire de l'Afrique : la formation, le financement de projets agricoles et l'organisation des producteurs pour défendre leurs intérêts.

Si pour l'Europe, produire mieux concernera surtout le respect de standards de qualité, il en est autrement pour les pays en développement. Les thématiques de qualité et d'environnement doivent-elles être mondialisées quand la quantité est encore un problème pour de nombreuses régions ? Gérard Renouard explique qu'avant que l'Afrique entre dans la compétition internationale, il faut lui laisser la possibilité de se protéger pour assurer ses cultures vivrières.

Jacques Carles préconise de raisonner par régions économiques homogènes. Cela ne peut se faire que dans un cadre international. Pour les intervenants, le savoir agronomique et les capacités de production sont là. Il s'agit définitivement d' « une affaire de politique».

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