"Le Débat" : Quel avenir pour les jeunes des filières agricoles ?

Clarisse Brillouet, étudiante à AgroParisTech

"Le Débat" : Quel avenir pour les jeunes des filières agricoles ?

Cette année, le Salon International de l'Agriculture fait la part belle à l'emploi et à la formation. Les orientations possibles sont variées et ouvrent sur de nombreux débouchés malgré la crise.

Après un cursus autour de l'agriculture, l'éventail d'emplois est très large. Car les enjeux actuels en lien avec l'agriculture touchent à des compétences transverses. Assurer la sécurité alimentaire, élaborer de nouveaux produits agricoles, préserver les ressources naturelles, ou encore adapter les systèmes agraires dans un contexte de changement climatiques sont autant de problématiques qui nécessiteront que de multiples acteurs se penchent dessus.

L'avenir et les débouchés sont dans le pré

 Au sortir des écoles d'ingénieur ou des BTS agricoles, 90% des diplômés trouvent un emploi en sortant de l'école, ce qui est un record dans l'enseignement supérieur. Sur 621 emplois ouverts en 2011, plus de 600 ont été occupés comme premier emploi, indique Rémi Bailhache, vice-président des Chambres d'Agriculture et président de l'école d'ingénieur Ésitpa. Il reste 1500 emplois non pourvus à ce jour, rappelle Emmanuel Paris de Coop de France.

On assiste à une émergence d'emplois en recherche et développement, dans la bio... De même que certaines filières sont particulièrement demandeuses. Éric Swartvagher, administrateur à l'ANEFA, spécifie que la viticulture est nécessite beaucoup main-d'œuvre, de même que le maraîchage et les filières bovine et porcine nécessitent de la technicité.

Une demande de qualification qui évolue

Certaines aides aux agriculteurs ne sont attribuées qu'à partir d'un niveau minimum de formation (le plus souvent le baccalauréat),  ce qui est parfois un problème. Des ''sessions de rattrapages'' sont tout de même parfois organisées pour les agriculteurs, rassure Rémi Bailhache. De plus, les Dotations aux Jeunes Agriculteurs sont proposées dans le cadre du deuxième pilier de la PAC, à quoi s'ajoutent potentiellement des aides directes à l'hectare, décidée par chaque État membre de l'UE.

Les attentes de demain seront-elles les mêmes que celle pour lesquelles on nous forme aujourd'hui ? s'inquiète une étudiante.  Rémi Bailhache répond que les préoccupations environnementales suivent un fil conducteur qui, lui ne changera pas, et qui fait la trame des enseignement actuels. Hervé Savy, doyen de l'inspection de l'enseignement agricole, ajoute que ce sont de métiers où l'on se forme tout au long de sa vie, de part l'acquisition d'expérience.

Les relations agriculteurs-ingénieurs...

 … ne semblent pas toujours aisées. Le dialogue fait parfois ressortir un décalage dans l'appréhension des solutions aux différentes problématiques. Hervé Savy indique que les coopératives font partie des lieux intermédiaires, adéquat pour la rencontre qui est de toute façon nécessaire.

 Les interconnexions entre compétences et acteurs doivent se multiplier, le réseau doit se densifier pour parvenir à des situations optimales, capables de s'adapter à la complexité du contexte actuel et des défis à relever.

 

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