Le parage des bovins. Agir maintenant avec méthode

Aurélien LEGRAND / Dr Didier GUERIN

Le parage des bovins. Agir maintenant avec méthode

Le parage constitue la 1ère étape d’identification des causes des boiteries chez les bovins. Pour être pleinement efficace, il demande à être réalisé suffisamment tôt et en respectant une méthodologie.

Les boiteries représentent la troisième pathologie des bovins. Elles induisent de lourdes pertes économiques : diminution de production, retard de croissance, reproduction retardée, frais vétérinaires, temps passés aux soins, réforme anticipée… A titre d’exemple, un ulcère de la sole sur une vache laitière peut entrainer une perte globale de 300 à 600 euros. Dans 80% des troubles de l’appareil locomoteur, les affections du pied sont mises en évidence.

Savoir détecter les signes d’alerte rapidement en observant ses animaux

En amont, une modification des aplombs doit être un critère d’alerte. En effet, des membres postérieurs avec des jarrets resserrés et des pieds qui partent vers l’extérieur, des animaux qui se positionnent en écartant systématiquement les pieds, des déplacements avec un dos vouté… sont à prendre en considération. Le pied du bovin est fragile, lors d’un dysfonctionnement, son état peut se dégrader rapidement, il est alors primordial de le repérer rapidement. Même si les animaux ne boitent pas encore, un lever de pied s’impose pour faire un état des lieux. Le signe le plus classiquement observé est la déformation des onglons. La période actuelle est particulièrement favorable pour recenser les animaux nécessitant une intervention et agir selon les besoins. De plus, le parage préventif permet de ne pas être confronté à l’urgence et de limiter les conséquences induites (pertes de production) par un animal qui boite. De manière générale, plus l’intervention est réalisée tôt, plus elle sera efficace.

Le parage est un travail délicat. Il doit être fait avec précision et du matériel adapté. Farago Creuse met à votre disposition deux pareurs spécifiquement formés avec le matériel de contention adapté pour effectuer des parages préventifs et ainsi prévenir les boiteries des bovins.

Des professionnels pour vous aider à sélectionner les animaux à parer…

Des pareurs de Farago Creuse, spécifiquement formés, peuvent vous aider à sélectionner les animaux nécessitant une intervention. Pour réaliser les parages, Farago Creuse dispose d’une cage hydraulique, dotée d’équipements spécifiques : anti-recul, levage des pieds postérieurs et antérieurs, qui permet de réaliser les interventions dans de bonnes conditions tout en veillant au respect du bien-être animal. En 2011, ils sont intervenus sur plus de 3.500 pieds. Globalement, cette activité est répartie sur l’ensemble de l’année avec des pics au moment de la mise à l’herbe. Afin que les délais d’intervention soient réduits et que le parage préventif soit réalisé dans les meilleures conditions, il est nécessaire d’anticiper pour pouvoir organiser son chantier.

… et organiser votre chantier pour agir dans de bonnes conditions

Le chantier de parage nécessite une organisation particulière :

  1. Identifier les animaux nécessitant une intervention et les isoler.
  2. Agencer le parcours pour que l’accès à la cage semble le plus « naturel » possible pour limiter le stress.
  3. Prévoir après l’intervention un lieu avec des surfaces propres à sol meuble.

De plus, il est primordial de garder à l’esprit que les bovins présentant d’autres traumatismes physiques ou une faiblesse trop importante ne doivent pas subir d’intervention afin d’éviter tout risque lié à la contention et à la modification des aplombs.

La bonne réalisation d’un parage demande une certaine connaissance de l’anatomie du pied des bovins.

Le parage préventif pour limiter le risque de lésions…

Le parage préventif présente pour but de ramener le pied à des dimensions normales pour équilibrer le poids du corps sur tous les onglons. Il consiste donc à enlever la corne superflue pour redonner au pied son aplomb normal. Souvent, la forme du sabot déformé se trouve loin du modèle d’un pied normal. Cependant, la 3ème phalange et le pododerme ne vont pratiquement pas être modifiés. Il faut donc imaginer le pied interne dans le sabot pour évaluer la corne excédentaire à parer.

… en respectant les 3 étapes d’interventions…

Le pareur coupe à la bonne longueur en pince (7 cm entre le bout des poils et la pointe de l’onglon). Ensuite, l’opérateur intervient au niveau de la sole afin d’enlever l’excès de corne pour obtenir son aplanissement. Enfin, la dernière étape consiste à reconstituer une sole concave de façon à ce que l’appui ne se fasse que sur la projection de la muraille et en talon. La coupe en pince détermine à peu près la hauteur de corne de la sole à tailler. Un contrôle régulier par pression du pouce évite d’entamer le pododerme. Le talon est respecté au maximum lors de la taille de la sole. Sur le pied postérieur, ces trois phases sont d’abord réalisées sur l’onglon interne souvent moins déformé qui servira ensuite de modèle pour le parage de l’onglon externe.

En dehors de toute boiterie, le parage orthopédique devrait être la règle sur l’ensemble des animaux présentant au moins un signe d’alerte : onglon déformé,  aplombs anormaux, dos courbé. Un inventaire est à réaliser sur l’ensemble du troupeau afin de programmer une intervention collective de parage préventif. Un pareur de Farago Creuse peut aider à la sélection des animaux nécessitant une intervention.

… pour un inventaire complet des dommages avant tout parage curatif

Le parage curatif se déroule de la même manière que le préventif. Avant d’aller se focaliser sur la ou les lésions découvertes, le passage par les trois phases décrites ci-dessus est indispensable pour ramener le pied à des dimensions normales et pouvoir effectuer un inventaire complet des lésions. Lors du parage curatif, les principaux problèmes rencontrés sont les suivants : ulcère de la sole qui peut se compliquer par une “ cerise ”, ouverture de la ligne blanche au talon, fourchet, fourbure, limace, seime interne ou en pince, dermatite digitée...

Après le parage, surveiller de manière étroite

Lors de sa convalescence, l’animal doit pouvoir progresser sur des surfaces propres où le sol est meuble. Les dalles bétonnées et rugueuses s’avèrent donc à proscrire. Pour faciliter la surveillance, une parcelle enherbée à proximité des bâtiments d’élevage, permettra à l’animal d’évoluer plus efficacement. Certaines situations nécessitent une attention particulière auprès de l’animal et l’éleveur doit être vigilant quant aux recommandations réalisées par le pareur pour le bon rétablissement de l’animal. Tout phénomène anormal doit être un critère d’alerte et faire l’objet d’un contact auprès de son vétérinaire ou pareur.

Aller plus loin dans la réflexion pour une meilleure prévention lors de problèmes récurrents

Les affections des pieds présentent souvent un caractère collectif et multifactoriel. La résolution d’un problème récurrent passe alors par une investigation globale au niveau de l'élevage pour mieux cerner les facteurs de risque et les moyens à mettre en œuvre pour une lutte et une prévention adéquates. Cela passe par une synergie d’action entre l'éleveur, le pareur, le vétérinaire et les techniciens d'élevage (bâtiment, nutrition ...). N’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignements.

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