Le printemps joue un nouveau tour à l’activité agricole

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Trop après pas assez : l’excès de pluviométrie succède ce printemps à des épisodes de sécheresse, perturbant cette année encore le cycle des cultures et la pousse de l’herbe.

“Jamais pluie de printemps n’a passé pour mauvais temps”, dit le proverbe. Et pourtant ! Après des épisodes de sécheresse à répétition ces dernières années, c’est la pluie et le froid qui viennent cette année perturber l’activité agricole partout en France. La plupart des cultures sont ainsi touchées par ce climat qui retarde la végétation, ralentit la pousse de l’herbe, générant de nouveaux surcoûts notamment pour l’élevage. Tour d’horizon des conséquences de ce climat chamboulé sur les différents pans de l’agriculture.

Le printemps joue un nouveau tour à l’activité agricole

Élevage : retour à l’étable

“Dans les races à viande, la mortalité des jeunes veaux augmente”, explique Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB). Les conditions météorologiques anormales ont des conséquences lourdes sur la tenue des élevages dans toute la France. Avec le froid et l’humidité, les veaux meurent d’hypothermie s’ils sont à l’extérieur. La mortalité des animaux est plus forte cette année qu’une année normale. “Les éleveurs ont mis les animaux à l’herbe depuis deux ou trois semaines. Avec les températures basses, certains les ont rentrés à nouveau à cause du froid et de la pluie”, précise Guy Hermouët, vice-président de la FNB, le 23 mai. C’est le cas en Corrèze, comme l’explique Pierre Chevalier, mais aussi dans d’autres zones d’élevage (Bourgogne, Pays de la Loire, Cantal…). Le mauvais climat a aussi des conséquences directes sur la pousse de l’herbe. En premier lieu, c’est la quantité d’herbe qui est touchée. “Les pâturages sont sous l’eau : la pousse de l’herbe est ralentie”, constate Pierre Chevalier. À court terme, certains éleveurs, qui ont mené les animaux en altitude, sont obligés de ramener des fourrages à cause du déficit de production d’herbe des prairies. Si les professionnels précisent que la quantité d’herbe produite pourrait être rattrapée par une amélioration des conditions climatiques, la qualité, elle, sera altérée durablement. “Le piétinement des animaux enfouit l’herbe et la mélange avec de la terre”, explique Guy Hermouët. La qualité nutritionnelle est affectée et cela se manifeste chez les animaux par des diarrhées. Concernant la production de viande proprement dite, “il n’y aura pas de pertes”, précise Guy Hermouët. En revanche, il y aura des retards sur les vêlages du printemps prochain et des conséquences sur le renouvellement du cheptel reproducteur.

Une collecte laitière en baisse

Pour les producteurs de lait, la météo commence aussi à peser. Pendant les deux premières semaines d’avril, la collecte française était de 8 % inférieure à celle de 2012, selon les chiffres du sondage lait de vache de FranceAgriMer. Elle remonte peu à peu depuis : entre le 6 et le 12 mai 2013, elle était 2 % moins élevée qu’à la même période l’année dernière, avec de grosses disparités régionales (en Aquitaine et dans tout le sud de la France, elle était toujours 9 % plus basse). “On assiste à une pousse de l’herbe moins bonne avec une valeur alimentaire moindre. On va avoir une collecte laitière en baisse”, constate Thierry Roquefeuil, éleveur dans le Lot et président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). “On ne peut pas travailler dans les champs à cause de l’eau, ni ramasser les fourrages. Il faudra continuer d’alimenter les animaux avec des céréales achetées. Ça va renchérir le coût de production”, explique-t-il. Des dépenses dont se passeraient bien les producteurs. Le constat est le même pour le lait de chèvre, alors que la filière attendait le printemps pour relancer la production. “On espérait avoir un fourrage de qualité pour faire repartir la collecte laitière à la hausse. Mais le fourrage est mauvais, la valeur nutritionnelle est moins bonne à cause de l’excès d’eau. Et normalement à cette saison, la totalité des fourrages sont récoltés. Là, on en est qu’à la moitié”, se désole Jacky Sallingardes, président de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres et éleveur dans l’Aveyron.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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