Le projet régional pour une agriculture durable sur les rails

Propos recueillis par Sophie Giraud

Patrick Escure : “Nous combattons la sanctuarisation du territoire.”

Voulu par la loi de modernisation agricole, le plan régional pour une agriculture durable (Prad) est soumis à consultation publique depuis le 25 janvier en Auvergne.

 

Le préfet de la région Auvergne a présidé, dernièrement, la commission régionale de l’Économie agricole et du monde rural (CREAMR) pour évoquer le contenu du projet de Plan régional pour une agriculture durable (Prad) destiné à tracer les perspectives de développement de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. Ce plan contient un programme d’actions engageant l’État dans l’accompagnement des filières agricoles et agro-alimentaires dans leur développement régional. Un document auquel les syndicats agricoles, les acteurs professionnels de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, les chambres consulaires, les associations de protection de l’environnement, les collectivités territoriales ont contribué sous l’égide de l’État et désormais soumis à consultation publique. Le point de vue sur ce programme de Patrick Escure, président de la FRSEA Auvergne.

Quel a été votre niveau d’implication dans l’élaboration du Prad ?

Patrick Escure : “Depuis le mois de novembre 2011, la Draaf a réuni à plusieurs reprises le comité de pilotage de ce projet. La chambre régionale d’agriculture, la FRSEA et les JA Auvergne ont été associés et c’est ainsi que nous avons été amenés à faire des propositions. La première étape a été celle du diagnostic, qui a fait émerger trois thématiques majeures : le positionnement de l’agriculture dans la société, la force en matière d’emplois et d’économie du secteur agricole et agroalimentaire, et l’ancrage de l’activité agricole sur son territoire à travers, entre autres, ses filières qualité.”

 

Quelle portée peut-on attribuer à ce plan régional ?

P. E. : L’enjeu, qui nous paraît essentiel, est de donner de la lisibilité aux hommes et aux femmes qui travaillent dans l’agriculture, afin qu’ils puissent vivre de leur métier. Ce sont les agriculteurs, les agricultrices, les salariés des exploitations, des organisations professionnelles et de l’agro-alimentaire. En se voulant durable, c’est l’objectif que s’est donné ce plan régional qui sera décliné par une série d’actions concrètes sur le terrain. À ce titre, nous avons mis un point d’honneur à remettre l’acte de production au cœur du débat. Pour répondre aux besoins alimentaires à moyen et long terme, l’Auvergne a besoin de renforcer ses capacités de production.”

Cette volonté vous semble-t-elle partagée ? P. E. : “Au niveau de la FRSEA, nous combattons toute velléité de sanctuarisation du territoire. En matière de contraintes environnementales, nous sommes obligés de fixer des limites au risque de mettre en péril nos productions. Nous avons été particulièrement vigilants sur ce sujet et nous le serons encore. Le ras-le-bol des agriculteurs sur ce dossier est tout à fait légitime. On ne peut pas d’un côté leur demander de s’inscrire dans une dynamique de production écologiquement responsable, et de l’autre, leur imposer des freins toujours plus restrictifs. Par ailleurs, le changement climatique implique de donner aux exploitations les moyens de l’autonomie fourragère. Il nous paraît ainsi essentiel de défendre la culture du maïs. Il nous semble plus judicieux de nourrir en partie les bêtes avec du maïs produit chez nous, plutôt que de faire venir d’Espagne des fourrages. On dit le maïs gourmand en eau, qu’à cela ne tienne. Avec un système performant de stockage et de gestion de l’eau, on pourra y arriver. L’eau, ce n’est pas ce qui manque en Auvergne. C’est pourquoi nous avons rappelé dans le cadre des groupes de travail du Prad, la nécessité de disposer d’une politique efficace de gestion de l’eau.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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Commentaires 1

lunelle

dans notre département de l'Allier nous perdons 5 hectares de terres agricoles par jour (source dernier recensement agricole) et pourtant on veut reboiser sur de bonnes terres agricoles entre une et dix fois les surfaces déboisées localement en lien avec un ouvrage autoroutier et le contournement de Vichy. Va-t-on dans le sens du PRAD et de la préservation du potentiel agricole de notre région ?

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