Le Salon de l’agriculture, rencontre annuelle entre ruraux et urbains

Jean-Marc Authié

Le Salon de l’agriculture de Paris offre l’opportunité d’explorer les différents métiers de la terre et de découvrir des animaux. Mais il faut une condition physique irréprochable.

Le Salon de l’agriculture, rencontre annuelle entre ruraux et urbains

 

Tout le monde le sait : le Salon de l’agriculture de Paris (porte de Versailles) est la plus grande ferme de France. Durant neuf jours (le Sia se termine dimanche), l’ensemble de la famille agricole se déplace dans la capitale pour exposer et faire-valoir son savoir-faire à des centaines de milliers de citadins et leurs marmailles venus se rappeler, voire découvrir, que la viande ou le lait ne sont pas une invention sous vide, mais bel et bien le produit d’un animal. Des milliers de mètres carrés et six bâtiments (pavillons) pour en prendre plein les yeux. Mais il faut également l’avouer, arpenter le Salon, c’est un véritable parcours du combattant pour le visiteur. Un parcours savamment orchestré par l’organisation pour permettre à toutes et à tous de passer voir les animaux avant de terminer par une visite dans le Hall des Régions, ou inversement. Seulement, entre les deux, il y a 500 mètres et quelques allers-retours à ne pas négliger.

Des troupeaux et des meutes

Mardi, le Parc des expositions de la porte de Versailles s’éveille doucement vers 9 heures. Tout est calme et tranquille. Déambuler est un jeu d’enfant. C’est le moment idéal pour aller voir les animaux et notamment les stars du Salon : la vache, le veau et le taureau. Situées dans le pavillon 1, toutes les races sont là. De la salers à l’aubrac, en passant par la montbéliarde, l’holstein, la charolaise, la limousine, la brune et autre gasconne, il y en a pour tous les goûts, toutes les couleurs. Il est alors encore temps de peaufiner ses connaissances animales en allant faire un tour du côté des moutons, des chèvres, des cochons et des animaux de la basse-cour. En bon Cantaliens que nous sommes, nous retournons alors sur le stand salers où la filière expose la race, mais présente également ses fromages. Tout d’un coup, la foule s’agite. Eh oui, le Salon est toujours l’occasion pour les personnalités politiques de se montrer, raison de plus en période électorale. Nicolas Sarkozy a ouvert le bal, François Bayrou est également passé. En ce mardi, c’est François Hollande qui s’annonce. La folie s’empare alors des médias, tous les médias, prêts à tout et à surtout n’importe quoi pour avoir l’Image, la Phrase, le Mot... Entre un service d’ordre intraitable et une presse irrespectueuse du quidam, ce sont alors des cris d’enfants, de mamans et la colère de parents qui jaillissent des travées. ça pousse, ça bouscule, ça écrase tout sur son passage... et ce cirque vaudra pour l’ensemble des candidats venus faire leur parade agricole. Tant bien que mal, on s’extirpe de cette meute pour rejoindre au plus vite la sortie et l’air frais (enfin, si l’on peut dire). Là encore, tout a changé. Fini la tranquilité, les allées noircissent de monde. Il est vrai que “l’heure de pointe” au Salon se situe entre 10 h 30 et 17 h 30. Il est alors préférable de rejoindre le pavillon 7, bâtiment investi par les Régions de France et dans laquelle l’Auvergne, mais surtout le Cantal, s’est taillée une belle part puisque 240 m2 lui sont alloués. L’espace Cantal est composé d’un restaurant et d’une boutique de produits du terroir. Les Cantalous donnent de la voix pour attirer la clientèle dans l’un ou l’autre des stands. Un effet sonore garanti, même si côté restaurant on parle d’une chute de fréquentation de l’ordre de 20 %. Cependant, ils sont tout de même nombreux à savourer la truffade avec une pièce de salers. Ils sont également un certain nombre à repartir avec quelques bons produits made in Cantal, certains ayant même obtenu un prix lors du Concours général agricole (salaisons, liqueurs, vins...). Après cette pause gourmande, une halte s’impose au pavillon 4 car d’autres animaux sont à l’honneur. Là, il s’agit avant tout des races de chevaux, ânes et autres poneys. Mais pour compléter le plaisir des grands, et surtout le bonheur des enfants, on y trouve également des chats, des chiens ou encore des oiseaux. Après une journée bien remplie, il est alors temps d’aller se reposer car le lendemain s’annonce plus chargé. En effet, le 29 février était la journée du Cantal avec le concours de la race salers sur le grand ring, la soirée Cantal du pavillon 7 et celle de la race salers pavillon 1. L’impression laissée la veille se confirme donc le lendemain. Le Sia s’éveille tranquillement dès 9 heures, la circulation y est très agréable. Une nouvelle fois, l’actualité politique va perturber cette quiétude avec la venue de Jean-Luc Mélenchon. Une heure de folie pure avant que le calme ne revienne. On profite de l’occasion pour aller voir les jeunes lycéens de Saint-Flour (Louis-Mallet) qui participent au concours national des lycées agricoles. Le temps de la pause casse-croûte, la course contre- la-montre se profile : concours salers et soirées. Fin des réjouissances à 21 heures. Il est temps d’aller se coucher. Demain à 7 heures, c’est la traite.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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