« Le veau de 9 mois à 16,5 francs le kg, comme il y a 20 ans »

Raphaël Lecocq

Sandrine et Alain Durand, entourant Gentiane

Sandrine et Alain Durand élèvent des Aubrac. La vente de reproducteurs permet de faire chauffer l’aligot, qui ne risque pas de bouillir. Le couple espère trinquer à la Gentiane, une « bête profonde », présentée au concours avec son veau.

Qu’on se rassure, l’euro est bien arrivé à Brommat (12), dans le nord Aveyron. L’internet aussi, même s’il faut emprunter des chemins de traverse. « Nous entre éleveurs, on parle toujours en francs », déclare Alain, presque sur le ton de l’excuse. L’explication, sinon la justification, ne tarde pas. « Les veaux de 9 mois en partance vers l’Italie nous sont achetés 16,5 francs le kg. Le prix n’a pas bougé depuis 20 ou 30 ans. C’est pour ça qu’on parle en francs ». Alain et ses collègues pourraient tenter la conversion, des fois que ça provoque une petite inflation, sinon un arrondi favorable. Convertie, la famille Durand l’est depuis des générations à la race Aubrac. Leur fierté du moment, c’est Gentiane, une vache de 5 ans.

« Le veau de 9 mois à 16,5 francs le kg, comme il y a 20 ans »

Pas haute sur patte, pour pacager l’herbe dans les travers

Gentiane connait bien la capitale. Elle a à son actif deux participations au Simagena à Villepinte, au nord de Paris, où elle a gagné plusieurs prix. En 2016, elle transhume en direction du sud, Porte de Versailles. « Avec 848 kg, c’est la plus lourde du concours mais ce n’est pas la plus volumineuse », explique l’éleveur. « C’est une bête profonde, pas haute sur patte, donc particulièrement apte à pacager dans les travers, c’est important dans notre secteur ». Alain Durand a repéré une rivale sérieuse. C’est là où le veau peut éventuellement faire pencher la balance, en cas d’indécision. Avec des prix de la viande qui sont ce qu’ils sont, même si tous les animaux sont finis et valorisés en bœuf fermier d’Aubrac, la vente de reproducteurs, mâles et femelles, en local et à l’international, est capitale pour l’économie de l’exploitation. 848 kg de Gentiane, avant quelques centilitres de Gentiane ? Réponse mercredi soir.

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Commentaires 2

geo

Dans le cas de la viande comme dans celui du blé, les paramètres techniques ont trop changé pour se permettre toute comparaison avec le franc. Par exemple, pour les céréales, la PAC est à réintégrer dans le prix car du temps du franc, le prix était artificiellement gonflé par cette dernière. Concernant la viande, l'érosion du nombre de petites structures comparé au temps du franc aurait du permettre aux structures encore en place de vivre avec un broutard à 16 Francs le kilo. Pour cela, n'aurait-il pas fallu orienter les systèmes en extensif en le combinant à une conduite technique propre plutôt que de grossir sans cesse la taille du troupeau avec tous les risques que cela représente en terme de conduite technique? Attention, je ne lance qu'une piste, sans affirmer que c'est la bonne...

gibero

et le quintal de blé à 78 francs (120 euros la tonne) c est du déja vu peut etre mais les céréaliers ne sont pas à plaindre ce sont des privilégiés parait il , la cata c est pour juillet quand apres la moisson finie , la récolte ne suffira pas à payer les factures

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