Les agriculteurs baltes marchent sur Bruxelles

Les agriculteurs baltes marchent sur Bruxelles

Les agriculteurs des trois pays baltes veulent une part plus équitable des subventions européennes et s'apprêtent à manifester contre la Politique agricole commune (PAC) à Bruxelles lors du sommet sur le budget prévu les 22 et 23 novembre.

Aides PAC : de 700 à 85€/ha en moyenne selon les pays

En moyenne dans l'UE, la prime à l'hectare est de 270 euros avec de grandes disparités : de 700 €/ha pour Malte ou 400 €/ha pour les pays du Benelux ou l'Italie, à 85 €/ha en Estonie ou Lettonie.

En France, les Droits à paiement unique (DPU), à l'hectare s'élèvent actuellement à 300 euros/ha en moyenne : de 330 €/ha pour les céréales à 210 €/ha pour l'élevage à l'herbe ou 420 €/ha pour l'élevage laitier.

Ces montants de DPU ont été calculés sur la base des "références historiques", soit les productions des trois années du début des années 2000. Mais, la réforme de la PAC, si elle est adoptée, prévoit de "sortir des références historiques" c'est-à-dire d'abolir les distinctions entre les types de productions et les différentes régions (principe de "convergence interne") et de rééquilibrer les situations au sein de l'UE entre les 27 ("convergence externe").

Une centaine d'agriculteurs venus d'Estonie, de Lettonie et de Lituanie se retrouveront demain à Bruxelles pour manifester contre la PAC lors de l’ouverture du sommet européen. Avec une population totale de 6,3 millions d'habitants, ces trois États baltes figurent parmi les plus petits pays de l'Union européenne. Ils ont rejoint l'UE en 2004 lors de son élargissement à l'Est au-delà de l'ex-rideau de fer.

Ces trois pays sont bénéficiaires nets du budget européen et profitent notamment des fonds de cohésion qui visent à aider les plus pauvres à rattraper leur retard et renforcer ainsi la cohésion au sein de l'UE. Les agriculteurs baltes bénéficient du soutien de leurs gouvernements même si l'heure est à un optimisme prudent dans un contexte de crise économique.

"Il s'agit de l'une de nos priorités d'assurer des aides équitables dans l’Europe des 27", a averti mardi le Premier ministre letton Valdis Dombrovskis.  "Il est impossible d’être concurrent sur le marché intérieur de lUE si certains pays reçoivent des subventions bien plus importantes que celles destinées aux agriculteurs baltes", a-t-il déclaré à lAFP.

Être traités sur un pied d’égalité

Le ministre letton des Affaires étrangères Edgars Rinkevics a de son côté fixé deux "lignes rouges": les fonds de cohésion doivent rester au moins à leur niveau actuel et les agriculteurs lettons, les moins bien subventionnés par la PAC, selon lui, doivent être désormais  traités sur un pied d'égalité avec les agriculteurs d'autres pays.

Dans la Lituanie voisine, les agriculteurs devraient en 2014, recevoir une subvention de 144 euros par hectare au titre de la PAC, contre 119 euros en 2012, mais leur objectif est d'arriver à la moyenne européenne, soit 296 euros.

En Estonie, "l'augmentation prévue de 40 euros à l’horizon 2017 va faire passer l'aide actuelle de 117 à 156 euros par hectare, les subventions accordées aux agriculteurs estoniens vont rester parmi les plus basses en Europe", déplore Aivar Kokk, le vice-président du comité des affaires rurales au parlement estonien dans une récente tribune publiée dans le quotidien Postimees.

Le montant de ces subventions a été déterminé par le niveau des rendements agricoles. Or, durant les 50 ans d’occupation soviétique, l’agriculture collectivisée se caractérisait par une productivité relativement faible. Aujourd'hui, la faiblesse de ces subventions a des conséquences directes sur la vie des exploitations agricoles, qui connaissent en Lituanie un phénomène de concentration ces dernières années.

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Commentaires 2

fairytales

malheureusement ce ne sera pas ça , on va reprendre un peu au tres grosses exploitations, mais en 2019 celle qui avait les dpu les plus importants auront toujours un avantage en terme de dpu superieur mais en plus quand le blé sera 230€/t le paysan qui fais 110qx/ha dans le 76 a coté du port sera ultrafavorisé par rapport a celui qui qui 60qx/ha dans le centre avec un diffrentiel de 15€/t minimum ....bref les gros continuent de se gaver
pour les tres grosses exploitations cerealieres de la somme , picardie, nord, bassin parisien , il faudrait demander de reverser les trop perçus

freetown

on peut toujours prendre aux tres grosses exploitations cerealieres qui ont des dpu mirifiques .... remettre tous les francais a 250 ce serait deja bien

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