Les chênes et hêtres, une ressource insoupçonnée au très fort potentiel

Renaud Saint-André

Lionel Depeige du CRPF a animé à La Roquebrou une réunion de sensibilisation auprès des acteurs de la filière bois.
Lionel Depeige du CRPF a animé à La Roquebrou une réunion de sensibilisation auprès des acteurs de la filière bois. R.Saint-André

Du bois de qualité, en quantité importante, n’est pas exploité. Des chênaies et des hêtraies du sud Cantal et des départements limitrophes pourraient servir la création de nouvelles filières. 

Du bois, du beau. De celui ­­suffisamment noble dont on fait des parquets, des meubles, de solides ossatures, de l’aménagement intérieur. Il est là, tout proche et pourtant bien trop peu exploité. Alors que des industriels et artisans se plaignent d’un manque de matière première, le potentiel arrivé à maturité est énorme, promettent les Centres régionaux de la propriété forestière (CRPF).  Lionel Depeige est chargé d’un programme de développement né dans le Cantal (Châtaigneraie), et qui intéresse désormais le Lot (Ségala) et la Corrèze (vallée de la Dordogne). Trois départements, trois régions différentes, mais une unité cohérente de bassin d’approvisionnement. Un territoire où, de son propre avis, la ressource est comparable aux zones forestières de l’Allier ou de la Bourgogne. Baptisé “pour une exploitation durable des feuillus du Massif central au service du développement local” ou plus simplement... Mac feuillus, le programme commence par une campagne de sensibilisation.

De la plus-value générée sur les territoires

Les premières réunions sont programmées ou se sont déjà tenues, à l’image de celle qui réunissait différents acteurs de la filière à La Roquebrou, fin juin. Une première étape, avant de convaincre aussi les élus d’une véritable richesse toujours pas identifiée à ce jour. “Car l’objectif est bien de générer de la valeur ajoutée au profit de ces territoires”, affirme Lionel Depeige. Il précise en outre que ce bassin de production profite d’une marge de manœuvre que des territoires de plaine n’ont pas en raison du changement climatique progressif qui affecte la régénération de ce type de massif forestier. Le chêne notamment souffre de plus en plus souvent d’un manque de pluviométrie. “Et le peuplement de nos forêts est arrivé au stade de l’exploitation de la ressource”, ajoute-t-il encore.  Les CRPF insistent sur la qualité de ce gisement issu des chênaies et hêtraies. En ne prenant en compte que “le haut du panier”, selon l’expression de Lionel Depeige, c’est au moins trois millions de mètres cubes sur 10 000 ha qui sont immédiatement exploitables, autant que la célèbre forêt de Tronçais, par exemple. Soit au moins 60 000 m3 par an.  “Et ce n’est qu’une partie de la ressource”, insiste le spécialiste.  Reste que si les transformateurs seront faciles à convaincre d’entrer dans une filière d’approvisionnement locale, il sera sans doute beaucoup plus difficile de persuader plusieurs milliers de propriétaires d’un massif morcelé en autant de petites ­parcelles. D’où l’idée de se trouver sur les territoires autant de relais, par le biais des communautés de communes, par exemple.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier