Les clés pour comprendre : la condition des femmes en agriculture

Clarisse Brillouet, étudiante à AgroParisTech

Les clés pour comprendre : la condition des femmes en agriculture

On assiste aujourd'hui à une féminisation du secteur agricole, accompagnée des questions de parité, de conditions de travail et de représentativité au sein des instances décisionnelles.

Le nombre d'agriculteurs est en baisse. Cependant, le métier se féminise de plus en plus. Karen Serres, présidente des Agricultrices FNSEA donne les chiffres : 33% des agriculteurs sont des agricultrices et le quart des exploitants sont des femmes. On en déduit que 8 à 10% des agriculteurs sont des collaboratrices, n'ayant pas le statut de salarié sur l'exploitation. Ainsi ce sont aujourd'hui un demi-million de femmes qui ont choisi le métier d'agricultrice.

 Alors qu'il y a quelques décennies, l'agricultrice n'était que ''femme de'', plus personne aujourd'hui ne trouve normale que l'épouse soit simple ayant-droit ; « de ce côté-là, ça a évolué dans la tête de tout le monde ». À commencer par la couverture sociale, dont la majorité ne bénéficiait pas jusqu'à il y a peu. Selon Karen Serres, à hauteur d'un peu plus de 100€ par mois, cette couverture sociale ne représente pas une somme exorbitante pour l'agricultrice.

Un manque de représentativité dans les structures de décision

Parmi les représentant des Chambres d'Agriculture, aucune femme, fait remarquer Karen Serres. Selon elle, les explications sont simples. Tout d'abord, « les hommes aiment être président », ce qui expliquerait la non représentativité féminine à un certain niveau hiérarchique. Ensuite, les conditions de travail que cela implique, comme les horaires de réunion par exemple, ne correspondent pas forcément au désir des agricultrice. Pour qu'il y en ait davantage, la FNSEA demande à ce qu'il y que la proportion de candidates sur les liste corresponde à la proportion d'agricultrices votant.

Karen Serres plaide aussi pour que les agricultrices soient impliquées à tous les niveaux, « qu'elles ne soient pas cantonnées au social, qu'elles aient également leur place dans l'économique. » Cela se traduit par une présence dans les chambre d'agriculture ou encore dans les coopérative, ces lieux où la gestion financière tient une place importante, et qui encadrent directement l'agriculteur même.

Mais Karen Serres se bat également contre d'autres préjugés. « On caricature trop le fait que les postes soient fermés », selon elle. Elle-même, Danoise, éleveuse d'ovins et non issue du monde agricole, n'a jamais subit de quelconque discrimination. Elle va même jusqu'à remarquer qu'il est « parfois plus simple d'obtenir des choses... avec le sourire d'une femme » !

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