Les machines, causes d’accidents moins nombreux mais plus graves

Raphaël Lecocq

Les machines, causes d’accidents moins nombreux mais plus graves
Pellenc

Sur la période 2002-2011, la Msa note une baisse des indices de fréquence des accidents. Mais la durée d’arrêt de travail comme le taux d’incapacité révèlent une augmentation notoire de leur gravité.

En matière de sécurité, il faut toujours être mesuré dans le satisfecit que l’ont peut tirer de statistiques encourageantes. Car derrière les chiffres, les indices et autres pourcentages se trament des faits et réalités dramatiques. L’analyse que livre la Mutualité sociale agricole (Msa) sur les risques liés aux machines agricoles au cours de la période 2002-2011 pointe cette ambivalence. D’un côté, la Msa relève que l’indice de fréquence (nombre d’accidents pour 1000 salariés) baisse dans les quatre secteur analysés : - 47 % dans les exploitations, - 47 % dans les entreprises de travaux agricoles (Eta), - 28 % dans la production forestière et – 24 % dans les espaces verts. Mais la Msa ne se satisfait pas d’enregistrer, en 2011, 25 et 28 accidents pour 1000 salariés dans secteurs de la production forestière et des espaces verts, quand la production agricole et les Eta sont respectivement à 6 et 11. Si les indices de fréquence d’accident sont en baisse pour les non salariés comme pour les salariés, ces derniers restent plus exposés aux risques machines, l’exception du secteur de la production agricole.

Gare aux outils à main coupants motorisés

Moins fréquents, les accidents sont malheureusement plus graves. Selon la Msa, la durée moyenne d’arrêt de travail a augmenté de 12 % depuis 2006, ce qui représente une allonge de 7 jours d’arrêt. Le taux moyen d’incapacité permanente partielle a quant à lui progressé de 18 % depuis 2009. Les tronçonneuses et scies à bois figurent parmi les matériels plus dangereux. Du reste, les matériels portatifs (tronçonneuses, taille-haies, sécateurs…) sont responsables de 26,8 % des accidents avec arrêt de travail chez les salariés, loin devant les équipements de transport ( 13,5 %), les matériels mobiles de récolte, distribution et taille (10,1 %), les tracteurs (9,7 %) et les matériels de travail du sol (6,3 %). La baisse des indices de fréquence d’accidents est, selon la Msa, le résultat d’actions de formation et de sensibilisation associées à l’évolution des machines à et l’intégration de la sécurité de l’utilisateur dès la conception. Autant de leviers qu’il faut continuer d’actionner bien évidemment.

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Commentaires 9

geo

@disasterpiece: Non je ne l'ai pas fait car je ne suis pas concerné. Par contre, dans le cadre de mon travail, j'ai rencontrer des agriculteurs qui avaient fait la formation. Une grande majorité d'entre eux en ont retenu du positif et ont appris des choses. Le fait de voir le témoignage d'une personne atteinte d'une maladie suite à son exposition aux phytos fait forcément prendre conscience du risque...Former aux risques liés aux produits phytos est certainement bien plus important que former au machinisme. Détrompez-vous, un certain nombre d'agriculteurs (notamment chez les plus de 50 ans), ne semblent pas encore conscients des risques.

opossum

le probleme de geo c'est qu'il n 'y connait rien , il doit voir l'aspect pratique depuis son bureau au ministere....dans la realité du terrain, vu l'argent depensé, vu le niveau des agris apres, et vu les pratiques qui ont toujours lieu...la conclusion c'est qu'elle a été inutile , mais un vrai examen mettrait tout le monde d'accord sur son niveau d'utilité

fairytales

oui disaster piece a bien raison , un ami a fait environ 100 formations certiphyto pour la CA me l'as dit , une petite partie des agris etait eja au courant , 70% etaient refractaire totalement et avec cette mentalité n'y ont rien appris , des formations pas toujours adapté car concue à la va-vite pour satisfaire le syndicat majoritaire ( qui ne voulait surtout pas d'un examen, en effet pour lui si examen 60-70% des agris seraient interdit d'utiliser des phytos) ....apres je ne dis pas qu'elle est inutile ca depend de la mentalité mais si on faisait un examen n+2 apres la formation je pense que l'on jaugerait son efficacité...mais la formation certiphyto est globalement une supercherie qui a ruiné le vivea bloquant nombre de formations annexes. et toutes les formation à la securité devraient commencer des le lycée et avant de commencer une activité agricole on devrait verifier que c'est acquis

disasterpiece

@geo, as-tu fait cette formation ? A mon avis non car comme les 16 autres types qui étaient avec moi lors de cette connerie administrative tu penserais que l'on a perdu 2 journées de boulot pour apprendre que dalle, ah si qu'il faut pas toucher les produits phytos, ni boire pendant l'application ou savoir reconnaître un pictogramme. Tu parles d'une formation utile...
Après qu'il y est des maladies pro dues au phytos c'est certains mais quand tu parles avec des gars concernés ils te disent qu'ils ont passé pendant des années des traitements sans aucune protection et en chargeant la dose, tout ça avant d'entendre parler de la nocivité des produits et de faire attention. Est ce le cas maintenant ?

geo

@disasterpiece: je constate que ce que vous avancez n'est ni plus ni moins que votre avis personnel. Vous livrer mon avis personnel sur la formation n'aurait pas grand intérêt. Regardez l'avis général, faites le tour autour de vous, allez rencontrer vos collègues agriculteurs et vous verrez que c'est certainement à nuancer.
Pourquoi croyez vous que la MSA pousse depuis des années pour une formation? Ne serait-elle pas en train de voir le nombre d'indemnisations à payer suite à des maladies pro dues aux phytos dans les années à venir si on ne fait rien?

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