Les prix agricoles à la production en hausse de près de 13% sur un an

Les prix agricoles à la production  en hausse de près de 13% sur un an
En octobre le prix de la pomme de terre double.

En octobre, les prix à la production de la plupart des produits agricoles sont en hausse. Sur un an, ils s’accroissent de 12,9% mais l'on assiste également à un renchérissement du prix des aliments pour animaux et des semences.

Les prix agricoles à la production  en hausse de près de 13% sur un an

Le prix des céréales recule légèrement en octobre (-1,3%) mais se maintient à un haut niveau, avec une augmentation de 31,7 % sur un an. Les productions mondiales de blé et de maïs devraient en effet diminuer au terme de cette campagne par rapport à la précédente. Les prix des oléagineux, principalement le colza et le tournesol, diminuent sensiblement ce mois-ci (-6,1%). Leur cours a chuté en raison de la forte dépréciation du soja, ces graines étant partiellement substituables les unes aux autres. La récolte de soja a notamment été très importante aux États-Unis, premier producteur mondial.

Les prix agricoles à la production  en hausse de près de 13% sur un an

Doublement du prix de la pomme de terre

En octobre le prix de la pomme de terre double quasiment par rapport à la même période de l’année dernière (+94,3%) du fait de la faiblesse de l’offre en Europe du Nord. Les intempéries du mois d’août ont gâté près d’un cinquième des récoltes en Angleterre et engendré également un déficit de production important aux Pays-Bas et en Belgique. En France le temps sec du mois de septembre a diminué les rendements.

Le prix des vins augmente également sur le mois (+3,3%), que ce soit pour les vins de qualité ou les autres vins. Le prix des fruits frais croît en glissement annuel (+32,4%) alors que ceux des légumes frais de 25,1%. En raison du temps frais et pluvieux du mois d’octobre, les arrivages bretons de choux fleurs ont été retardé et les récoltes de poireaux ralenties; par conséquent, les prix de ces deux légumes augmentent. La récolte d’oignons est moins importante que la saison précédente et le prix des oignons augmente.

Les prix agricoles à la production  en hausse de près de 13% sur un an

Le prix des animaux progresse encore

En données corrigées des variations saisonnières, le prix des animaux augmente en octobre (+0,3%). Le prix du porc progresse encore et croît de près de 20% sur trois mois, en répercussion de la baisse de production à l’échelle européenne. Le prix de la volaille augmente, répercutant pour partie l’augmentation du prix des consommations intermédiaires, notamment celui des aliments pour animaux. Le prix des œufs croît de nouveau (+54,7% sur an, plus du double en deux ans). L’offre européenne recule du fait d’un retard de mise en conformité aux nouvelles normes sanitaires dans certains pays voisins.

Les prix agricoles à la production  en hausse de près de 13% sur un an

Le prix d’achat des moyens de production agricole augmente en octobre.

Le phénomène de hausse est identique au niveau des consommations intermédiaires  (+0,6% sur octobre), notamment en raison du renchérissement des aliments pour animaux et des semences. Sur un an il augmente de 6,7%, du fait des aliments et de l’énergie. Le prix des investissements affiche une légère hausse sur un mois (+0,4%).

Source INSEE

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Commentaires 8

yvagri

perso j'ai vendu mon ble dur 275€/t en 2012 et 310 €/t en 2011 avec une baisse de quantite de 30% j'ai pas vu mon salaire s'envoler !!!!!

geo

@P: Dans les 200e, il convient évidemment de compter les soutiens directs de la PAC que l'agriculteur ne voyait pas mais qui étaient bien réels.

Effectivement @Philou, tout est lié. C'est bien pour cette raison que je fais partie des fervents défenseurs pour la mise en place d'une réelle solidarité entre les filières, autrement que par la mise en place d'un fonds destiné à satisfaire les intérêts de quelques personnes bien placées au niveau du syndicalisme agricole. Cette solidarité passe par une PAC modulable en fonction des cours, dans un sens comme dans l'autre (hausse céréales: transferts aides PAC vers l'élevage, baisse céréales: transfert vers les céréaliers à titre principal en priorité car céréales + activité extérieure peuvent se cumuler très facilement, tout en tenant compte de la taille des exploitations et de l'aspect salarial).

Philou

Aujourd'hui personne ne mesure vraiment les conséquences de ce qui se passe.
La hausse des prix des céréales convient bien pour ceux qui en ont à vendre; mais les céréaliers ne vivent pas en dehors du monde. Les éleveurs hors-sol vont devoir repenser leur modèle et surtout les industriels et distributeurs vont aussi prendre des mesures pour préserver leur compétitivité (ou simplement leurs marges) sous peine de disparaitre...
il y a un nouvel équilibre à trouver, et dans un monde ouvert, pas sûr que ce soit favorable aux filières françaises.
Ce qu'il faut comprendre c'est que l'Agriculture n'est pas en dehors de la société; tout ce qui s'y passe impacte directement, l'amont, l'aval, l'emploi, les importations et la consommation.
Exemple: l'affaire DOUX.

P

Il est vrai que les revenus des céréaliérs sont très correct cette année mais il ne faut pas oublier que les revenus en 20 ans non pas toujours été au top " voir 90 euros/t en blé tendre " et avant la pac les prix étaient proche des 200 euros
il y a des hauts et des bas dans tout style d'agriculture depuis tout temps et il faut surtout pleindre les petites exploitations

guemetel 28

Pourquoi s'en prendre et jalouser systématiquement les céréaliers qui , comme les éleveurs, ne maîtrisent en aucun cas les cours de leurs productions respectives, pas plus que les coûts des intrants! Dire par ailleurs que les cours des pommes de terre ont explosé de 94 % est un euphémisme tant les prix payés aux producteurs de pommes de terre était catastrophiques en 2011 et bien en dessous des prix de revient. Il convient donc, évidemment, comme à chaque fois, de prendre un peu de recul pour analyser ces évolutions de prix avant de stigmatiser tel ou tel secteur agricole. Enfin, la solidarité paysanne doit s'exprimer, sans aucun doute, de façon réciproque. Pour les éleveurs aujourd'hui inévitablement. Mais j'ai souvenir qu'en 2009 ou encore en 2004 et 2005 au plein marasme des prix céréaliers, les éleveurs français achetaient, via leurs coop et négoces, du blé ukrainien hors normes et des prix misérables pour l'alimentation du bétail, accélérant l'écroulement des cours et provoquant d’innombrables difficultés dans les plaines sans qu'on évoque une solidarité en faveur des céréaliers, à l'époque.

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