Les producteurs de porcs FDSEA-JA toujours mobilisés : Barrage filtrant à l'abattoir d'Arsac près de Rodez

Didier BOUVILLE

Les producteurs de porcs FDSEA-JA toujours mobilisés : Barrage filtrant à l'abattoir d'Arsac près de Rodez

Une cinquantaine de producteurs de porcs de l'Aveyron, de la Lozère, du Lot, du Cantal, de la Corrèze et de la Creuse ont filtré mardi matin l'accès de l'abattoir SPM d'Arsac, près de Rodez, pour réclamer une nouvelle fois la mise en place d'un accord inter-régional fixant un juste prix du kilo de porc actuellement «bradé».

«Cela faisait longtemps qu'une action régionale porcine des FDSEA et des JA avait été organisée» commentait un producteur venu très tôt mardi à 5 heures, filtrer l'accès de la route de l'abattoir de la Société Porc Montagne (SPM) du groupe coopératif APO (Alliance Porc d'Oc). Objectif : interdire les sorties de camions remplis «de viande de porc bradée».
Les producteurs dénoncent toujours les promotions actuelles dans les GMS et hard-discount qui se font sur leur dos, et avec la complicité des abatteurs. Les deux récentes rencontres à la préfecture de Rodez (lire les VP du 14 janvier et du 31 décembre) ont permis de croiser les points de vue des producteurs, abatteurs et de certains distributeurs sans que cela aboutisse à du concret, d'où la nouvelle action régionale de ce mardi. Face à un cours de marché, autour d'un euro, fixé par le cadran breton qui fait la pluie et le beau temps, les producteurs affichent eux des coûts de production de 1,35 à 1,45 euro le kilo. Ils exigent que les promotions ne soient pas inférieures à 1,80 euro le kg pour leur permettre de vivre.

« 30 % de truies en moins » en Aveyron

«Le pire est que les abatteurs sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis» proteste Dominique Fayel, président de la FDSEA, «car cette politique de prix bas mettra en péril les outils d'abattages lorsqu'il n'y aura plus de producteurs ! Personne ne gagnera sa vie avec de telles pratiques. 30 % de truies ont disparu en dix ans en Aveyron !».
Pour le Tarnais François Constans, «nous perdons 30 euros par carcasse actuellement. La coopération sait faire du porc mais pas le prix ! Les GMS nous disent qu'elles peuvent payer un prix du porc aux productions locales, nous voulons que les abatteurs coopératifs et privés entrent dans ce débat. Cette action d'aujourd'hui est symbolique, on demande un accord régional pour sortir de la spirale infernale d'un cours breton qui ne correspond pas à notre marché».

Curseur bloqué sur le marché breton...

Un avis partagé par Laurent Val, producteur à Saran en Corrèze : «le curseur est bloqué à 1 euro au cadran breton, car les acheteurs et les apporteurs sont les mêmes !» lâche-t-il. Les producteurs, «dont des Bretons» ont par ailleurs déposé une plainte pour «entente illicite».
Norbert Pradalier, président d'APO, est venu discuter avec les producteurs, puis a rencontré leurs responsables départementaux. «Nous sommes d'accord sur la forme car je suis moi aussi un producteur» a-t-il déclaré. Quant au fond, les producteurs et les abatteurs ont décidé de se réunir à nouveau ce vendredi 22 janvier à 14 heures à la Maison de l'agriculture à Rodez, au lendemain de la table ronde régionale qui se tient ce jeudi matin à Toulouse avec le préfet de région. «Si un accord n'est toujours pas trouvé, on est prêt à bloquer un abattoir privé la semaine prochaine» a prévenu François Constans.

Source La Volonté Paysanne

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