levage ovin : Transhumance de l'ultime espoir, lundi dernier à Clermont-Ferrand

Sophie Giraud

levage ovin : Transhumance de l'ultime espoir, lundi dernier à Clermont-Ferrand

En début de semaine, près de 250 moutonniers de toute la région, accompagnés d'autant de brebis, ont manifesté pour réclamer un rattrapage légitime de revenu.

À un tournant de son existence, la filière ovine ne veut pas manquer le virage. Malgré l'accumulation des difficultés, les éleveurs restent plus que jamais mobilisés. Ils l'ont démontré à nouveau, voilà quelques jours, dans le cadre de la première “transhumance de l'espoir”. Dans les rues de Clermont-Ferrand, ils ont ainsi défilé, lundi dernier, à l'appel de la Fédération régionale ovine (FRO) d'Auvergne, pour dire que seule une décision politique ferme et non négociable est aujourd'hui en mesure de sauver la filière. Quand une production, à l'échelle française perd chaque jour 500 de ses brebis et qu'en l'espace d'une seule année, 2 000 éleveurs ont jeté l'éponge, le terme “sauver” n'est pas trop fort.

Au pas de course

“Nous ne sommes pas ici pour susciter la compassion, ni pour faire l'aumône, mais pour faire savoir que nous voulons vivre dignement de notre métier. Notre maintien dans le paysage économique de demain passe par un rattrapage de revenus pour les éleveurs ovins d'un montant global de 160 millions d'euros”, a expliqué Michèle Delesvaux, présidente de la FRO. Et d'en appeler à la responsabilité des élus, “qui doivent dire clairement s'ils veulent conserver ou non un élevage ovin !”. Comme en écho à la détermination des éleveurs, les quelque 250 brebis ont donné de la voix sur la place du 1er-Mai, départ de la manifestation. Bien décidées à battre le pavé clermontois, les bêtes appartenant aux éleveurs de l'estive d'Orcines se sont postées à l'avant du cortège, derrière la banderole où l'on pouvait lire : “Nos brebis font les paysages que vous aimez”. Au pas de course, éleveurs et brebis ont eu vite fait de se diriger vers la place Delille, où les responsables professionnels ont pris la parole. Tour à tour, unanimement, ils ont égrené les arguments en faveur d'un rattrapage des soutiens pour l'élevage ovin. Poids économique de la filière, produits de qualité, rôle en matière d'aménagement du territoire et impact positif sur l'environnement… Autant de points forts qui apportent de l'eau au moulin des revendications des moutonniers. Par leur présence, de nombreux élus - notamment du Puy-de-Dôme - ont souhaité témoigner de leur solidarité envers les éleveurs. Des salariés d'organisations de producteurs ont également pris part à la manifestation. Eux aussi sont concernés au premier plan par l'avenir de la filière ; si aucune mesure de soutien n'est engagée en faveur des éleveurs, leur structure et donc leur emploi seront condamnés.

Échéance à court terme

En milieu d'après-midi, les manifestants se sont dirigés vers la place de Jaude. Parallèlement, une délégation a été reçue par le préfet de région, Dominique Schmitt. Dans les trois mois qui viennent, les éleveurs devraient être fixés sur l'aboutissement ou non de leur revendication. En attendant, les semaines à venir vont être décisives. Ce jeudi et ce vendredi, Limoges accueille la conférence européenne sur la filière ovine. D'ici le mois de novembre, d'autres régions organiseront leur “transhumance” de l'espoir, à Toulouse, Marseille ou encore à Poitiers. Une transhumance devrait par ailleurs être organisée à Paris, autour du Champ de Mars.


Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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