LFDay : forte affluence au grand show des start-up

Lise Monteillet

LFDay : forte affluence au grand show des start-up

Une vague d’innovations déferle en agriculture, portée par des start-up qui rêvent de révolutionner l’agriculture. Elles étaient réunies lors du LFDay, événement parisien à l’initiative de la Ferme Digitale, le 1er juin.

La journée, une première, a connu une affluence record, au point de dépasser les organisateurs. 57 start-up, venues du monde entier, ont présenté leur offre et participé à des tables rondes.

Le monde agricole est partagé entre, d’une part, les inconditionnels de l’AgTech et, d’autre part, certains acteurs encore dubitatifs. Comment les start-up vont-elles modifier le quotidien de l’agriculteur ?

Les start-up gagnent du terrain

Les sociétés comme Airinov et ses drones, Naïo et ses robots de désherbage ou Agriconomie et son site de e-commerce gagnent des points de marché. Mais ces start-up se heurtent aussi à certains freins, comme le raconte sans détour Gaëtan Séverac, cofondateur de Naïo Technologies. « Nous nous sommes aperçus que les attentes de certains clients étaient disproportionnées par rapport à la capacité de nos robots. Nous les formions aussi très mal. Ceux qui s’en sortaient étaient des autodidactes », explique-t-il. La société a depuis concentré ses efforts sur la formation des agriculteurs.

L’usage plus déterminant que l’achat

« Il ne faut pas croire qu’il suffit d’acheter du matériel pour que cela fonctionne. L’usage qu’on en fait est hyper important », ajoute Rémi Dumery, agriculteur. Autre obstacle à l’adoption de nouvelles technologies : le manque d’interconnexion entre les données. « Il faut qu’on arrive à structurer les données » estime Franck Wiacek, d’Arvalis. La création d’une « méga base » en opendata permettrait de partager les données et donc de mieux les valoriser, souligne-t-il.

L’agriculteur pourrait alors piloter son exploitation depuis un tableau de bord, sans avoir à multiplier les opérations de saisie. « Quand un agriculteur est dans ses champs, il n’a pas le temps de faire des opérations de bureau », renchérit Rémi Dumery.

Bouleversement de l’écosystème

Cette profusion de start-up risque de bouleverser l’écosystème traditionnel agricole. Internet fait tomber les barrières et les monopoles. « L’agriculteur en a ras-le-bol de recevoir un commercial tous les trois jours chez lui », déclare Paolin Pascot, cofondateur d’Agriconomie et président de la Ferme digitale. Celui-ci estime que les distributeurs devraient plutôt se concentrer sur le conseil agronomique. « Le nerf de la guerre, c’est la qualité de service », souligne-t-il.

 « Les coopératives ont aidé à construire l’agriculture en France. Elles ont encore beaucoup de valeur à créer devant elles. Mais il va falloir accepter qu’aucun acteur ne sera plus capable de répondre à 100 % des besoins sur un territoire donné », estime-t-il. Paolin Pascot refuse cependant d’entrer en « opposition » avec les acteurs traditionnels de la distribution agricole et milite pour une « co-construction ».

Les agriculteurs acteurs

Dans cette course à l’innovation, les agriculteurs n’ont pas l’intention de rester sur le bas-côté… Sur le terrain, les initiatives fleurissent, comme Agri Achat, un site internet mis au point par des agriculteurs. « Les agriculteurs en ont marre de se faire voler leur valeur », prévient Guillaume Voineau, exploitant en Vendée, à l'initiative d'Agri Achat. Cette plateforme permet de réaliser des appels d’offre groupés pour obtenir des prix plus compétitifs. 

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Commentaires 2

Etama

Grand show des start-up , le titre lui même est suffisamment évocateur pour remettre au préalable les horloges à l'heure . Que nos jeunes génies de l'informatique et du big-data redescendent de leur nuages et aient bien présent à l'esprit que leurs innovations tout aussi abouties et révolutionnaires qu'elles puissent être ne se démocratiseront dans les pratiques agricoles que si leur utilisation en agriculture génère un supplément de rentabilité pour leurs utilisateurs .
Le microcosme Parisien doit avoir présent à l'esprit que l'agriculture Française traverse une situation de crise sans précédent et qu'en temps de crise : tout ce qui n'est pas indispensable relève du superflu . Et doit de ce fait être banni du paysage .

Bazilou

Tout ça c'est bien beau. Ça permet de faire des économies de charges. Ça veut dire aussi que les fournisseurs devront s'adapter. Certains ne résisteront pas la nouvelle économie, or il s'agit aussi d'employeurs locaux. Donc si cette économie ne sert qu'à partager la misère elle ne fera qu'accélérer le déclin. A l'inverse il faut que ces Start Up nous aident à créer plus de valeur que nous pourrons partager.

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