Libre-échange UE-Canada : inquiétude des éleveurs de porcs et de bovins français

Libre-échange UE-Canada : inquiétude des éleveurs de porcs et de bovins français

Les éleveurs de porcs et de bovins français sont inquiets de l'accord de libre-échange UE-Canada et affirment qu’il va permettre chaque année l'importation de grandes quantités de viande canadienne en Europe.

Accords UE/CANADA : les répercussions sur l’agriculture

Environ 93% des échanges seront libéralisés dans le secteur de l’agriculture. Concrètement, le quota de fromages européens admis par le Canada sans droits tarifaires va augmenter de plus de 16.800 tonnes, pour une valeur estimée de 150 millions d'euros par an, tandis que l'UE importera sans droits tarifaires 15.000 t de bœuf congelé, près de 31.000 t de bœuf frais, ainsi que 75.000 t de porc et 8.000 t de maïs doux.

Les Européens attendent aussi un bond de leurs exportations de produits préparés (biscuits, chocolats) et des prix plus compétitifs pour les vins européens, en faisant désormais porter sur le volume, et non sur la valeur, une taxe prélevée sur la distribution.

L'UE a également fait reconnaître la notion d'indications protégées, dont une première liste de 145, parmi lesquelles 31 françaises, bénéficieront d'une forme de protection.

En pleine crise de la filière porcine, particulièrement en Bretagne, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, "vient de porter un coup fatal aux producteurs de porcs européens", affirme dans un communiqué Daniel Picart, président du Marché du porc breton (MPB, 2.200 producteurs), dont les cours servent de référence nationale.

"En plus de garantir le libre accès aux produits de porcs transformés, l'accord prévoit une importation de 83.000 tonnes annuelle de viande porcine sans aucune réciprocité pour les exportateurs européens dont les restitutions sont suspendues", s'est alarmé M. Picart.

"Même si les partisans de cet accord affirment que les quantités sont infimes par rapport à la production européenne, le jambon canadien sera une nouvelle référence de prix dans l'UE", prévoit M. Picart, qui avertit que "les producteurs de porcs français vont être très attentifs au comportement" du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, sur le sujet.

« Pas de bœufs aux hormones », selon Nicole Bricq

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne "scandalise" également la filière bovine, qui redoute l'arrivée massive de viandes produites selon des normes sanitaire et environnementales bien moins contraignantes.

"Nous sommes extrêmement fâchés par cet accord dans une période où l'Europe pleure des emplois tous les matins" en particulier dans des filières d'élevage "au plus bas" de l'échelle des revenus rappelle le secrétaire général de la Fédération nationale bovine, Jean-Pierre Fleury..

Pour la FNB, le consommateur sera loin d'être gagnant avec des viandes principalement élevées en "feed-lot" (hors sol) "gavées d'activateurs de croissance" pour en augmenter le poids. Il dénonce des "normes bien moins contraignantes en matière de respect de l'environnement et du bien-être animal".

« Il ne faut pas faire peur aux Français, il n'y aura pas de bœuf aux hormones dans nos assiettes", répond la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq qui affirme que l’accord porte sur un quota d'importations de bœuf canadien sans hormones.

L'Europe a entamé au printemps des négociations en vue d'un accord similaire avec les États-Unis. Or, les coûts de production en Amérique du Nord sont inférieurs de 30 à 40%, selon M. Fleury. "La production porcine française ne bénéficiera en rien de cet accord. Pire, celui-ci peut être le ballon d'essai avant un processus similaire avec les USA! La production est en grand danger!", s'alarme de son côté le président du MPB.

Source avec AFP

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Commentaires 13

UNIKGAS

je ne interprète pas le mot autosuffisant de fairytales dans le sens que vous argumenter geo.Je le comprends comme une France agricole produisant uniquement pour sa population donc aucune exportation donc suppression d emplois et d agriculteurs

bisounours

D'une pierre 2 coups : 1 -casser la formidable organisation laitière canadienne ( à la place de s'en inspirer ..) 2 -casser le rattrapage de prix en viande bovine et porc en Europe ( 5 longes années ,créant tant de dommages collatéraux ) . Encore un accord anti paysans ,à l’avantage d'une poignée de personnes : l'agroalimentaire et la distribution ! Que dit notre grand syndicat ? une opportunité pour nos laitiers ( même si cela casse l’organisation canadienne ) ?

grigri

@ banane 381: très bonne question!

BANANE381

une question me vient à l'esprit, la France veut-elle encore de son agriculture?

geo

@UNIKGAS: Développez parce que là je ne vois pas trop en quoi les propos de @fairytales entraineraient une misère sociale...Exemple tout bête: la France est exportatrice en maïs et importatrice en soja. Pour être auto-suffisant (comme le propose @fairytales) il suffit d'équilibrer les 2 (en plantant du soja à la place du maïs). Si on le fait, le chômage va t'-il augmenter? Le trafic portuaire va diminuer mais le trafic intérieur va augmenter donc compensations en terme d'embauches.

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