Lot : Le safran du Quercy compte rebondir après trois ans de remise en question

Les producteurs de safran du Quercy, qui organisaient leur douzième fête annuelle de « l'or rouge » ce week-end à Cajarc (Lot), comptent sur un rebond de leur activité après trois années d'une stagnation qui a poussé certains à l'abandon et a conduit à réorganiser la filière.

L'épice a été relancée en 1999 dans le Lot sur une base confidentielle (250 grammes), après deux siècles de déclin. Le safran du Quercy a fait une forte percée avec 3 kilos produits en 2003 et un pic de 8,1 kilos en 2006, devenant leader en France devant le Gâtinais.

« On s'est retrouvé avec 15 kilos de stocks accumulés, dans des bocaux à l'abri de la lumière, pour 2 kilos seulement vendus en 2006 », a précisé M. Hérin. « Pour passer le cap de la surproduction, les producteurs ont accepté de ne pas se faire payer une partie des stocks, et on leur a demandé de lever le pied, une mauvaise récolte (2,3 kilos) liée aux conditions climatiques nous a aussi aidés en 2007 », indique le technicien.

La production est remontée à 4 kilos en 2008, avec un stock « assaini », de l'ordre de deux ans de production, et sans doute 5 kilos pour la récolte 2009 qui vient de débuter.

« On a dû baisser le prix payé par la coopérative aux producteurs à 13 euros le gramme, mais on leur a demandé aussi de vendre une partie de leur production directement sur les marchés locaux », indique M. Hérin. « Il y a eu un électrochoc, les producteurs s'impliquent davantage dans la commercialisation, avec environ 30% de la récolte totale en vente directe jusqu'à 40 euros le gramme », ajoute-t-il.

Le safran du Quercy reste une « production de niche », avec un chiffre d'affaires de 500.000 euros pour l'économie locale, concède le technicien agricole, car « l'émondage des stigmates du pistil se fait 100% à la main, il faut 250 fleurs pour faire un gramme, et les Iraniens sont donc 3 fois moins chers que nous ». Mais, déterminé à s'installer solidement sur le haut de gamme, « Safran du Quercy » brigue actuellement la première « IGP » (Indication géographique protégée) pour le safran en France, comme il en existe une en Espagne et deux en Italie.

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier