Lutte contre les mouches : précocité et constance d’action, clés de la réussite

Aurélien LEGRAND / Dr Didier GUERIN

Lutte contre les mouches : précocité et constance d’action, clés de la réussite

Les mouches en élevage => Les insectes sont des parasites majeurs en production animale. En période estivale, les mouches peuvent constituer une nuisance importante.

La lutte biologique : une efficacité liée au strict respect du protocole

Lutte contre les mouches : précocité et constance d’action, clés de la réussite

Dans les élevages sur fumier sec, l’utilisationd’hyménoptères parasitoïdes (Muscidifuraxraptorellus = mini-guêpes) permet de lutter contre la prolifération desmouches. Le complexe utilisé est composé de pupes de mouches parasitées par deshyménoptères. Quelques jours après leur introduction, les adultes émergent, pasplus gros qu’une tête d’épingle, le parasitoïde se déplace sur le fumier secdans un rayon d’environ 10 mètres.

Deshyménoptères parasites des pupes de mouches

Répandus sur le fumier, les hyménoptèresparasitoïdes, prédateurs naturels de la mouche, prospectent ensuite à larecherche des pupes de mouches à parasiter. Lorsqu’ils trouvent une pupe, ilss'y introduisent et s'en nourrissent. C’est ainsi que la pupe de la mouchedomestique est exterminée. Sont déposés ensuite dans la pupe, un ou plusieursœufs. Les larves qui en sont issues se nourrissent de la pupe morte. Lorsquechaque  parasitoïde termine son cycle, unadulte quitte la pupe et part à la recherche de nouvelles. Le cycle de vie del’hyménoptère parasitoïde est d’environ 3 semaines.

Un« entretien » limité

Le système ne nécessite que très peud'entretien et de travail, et n’engendre pas de modifications dans lespratiques. La méthode consiste en un programme de lâcher tous les 15 jours tenantcompte des curages et des pics de température propices au développement de lamouche. Cela permet de prévenir toute fluctuation de la population. En annéesclimatiquement normales, il est suffisant de débuter en février/mars etd’introduire la dernière vague au mois de septembre. Néanmoins, le programmepeut être maintenu toute l’année selon les problèmes engendrés et lalocalisation géographique.

Unprotocole à respecter pour un fonctionnement optimal

Pour un fonctionnement optimal, certainesspécificités sont à connaître. Les mini-guêpes se développent dans dufumier sec. On évitera donc que des endroits (très) humides ne se forment. Afinque ces hyménoptères parasitoïdes puissent contrôler les populations de mouches,leur introduction sera réalisée tôt, avant l’apparition des mouches en nombre. Au-delà,les populations ne pourront plus être maîtrisées. Le dosage est fonction de lataille de l’animal (2 à 10 hyménoptères parasitoïdes par animal pour lesvolailles, 200 à 500 pour les bovins, chevaux, porcs, ovins ou chèvres). Lesinsectes sont déposés le long des bords des loges, près des abreuvoirs ou aucontraire en milieu de litière, en fonction des pontes habituelles des mouchesdomestiques. Pour que cette lutte soit efficace, il est important de savoir sides insecticides ont été utilisés, à quelle dose et à quelle date. Leurpersistance d’action peut freiner le développement des populations deshyménoptères parasitoïdes. Le technicien sera averti pour en tenir compte. Acontrario, certains produits, comme les appâts granulés, sont compatibles etpeuvent être utilisés en complémentarité.

Lutte contre les mouches : précocité et constance d’action, clés de la réussite

Une prolifération non-maîtrisée des mouchespeut rapidement rendre un élevage « invivable ». Les conséquencessont multiples : baisse de la production de lait liée à l'agitation desanimaux, traites mouvementées, baisse du GMQ pour les animaux à l’engraissement,transmission de maladies…

Les mouches : unimportant pouvoir de multiplication

Pouréviter de se laisser dépasser, il convient d'agir précocement dès l'apparitiondes premières mouches. Une fois démarré, le processus de multiplication est exponentiel.A 16 °C, la durée du cycle de reproduction de la mouche domestique est de 50jours. Il n'est plus que de 8 à 10 jours pour des températures entre 25 à 30 °C.Sachant qu'une mouche va pondre entre 600 et 2.000 œufs au cours de sonexistence, on comprend mieux l'importance d'éliminer les premières larves demouches bien avant l'été. Enhiver, une minorité de mouches et de pupes vont entrer en diapause. Ellespeuvent ainsi supporter l'hiver et entretenir le cycle jusqu'au printempssuivant, d’où la nécessité d'en détruire le maximum en maintenant des litièressèches pour empêcher la survie des pupes.

L’hygiène des bâtiments : un facteur de maîtrise incontournable

Siles traitements sont incontournables en élevage, la prévention passe d’abordpar une bonne hygiène des locaux. La vigilance portera sur les abords des silosd'ensilage et les stockages d'aliment. De même, les fumières et airespaillées seront totalement nettoyées au printemps, les bâtiments seront asséchésau maximum par une bonne ventilation et il sera évité la persistance de restesde lait à proximité des cases à veaux. Toutes ces actions vont permettre deréduire au maximum les sources de nourriture pour les mouches et les lieux deponte.

La lutte insecticide : un protocole larvicide àrespecter, des techniques à suivre

Les mouches adultesne sont que la partie visible de l’infestation, les larves et pupesreprésentent 80% de leur population active. Afin de limiter les populations demouches, l’utilisation de larvicides est donc primordiale. Ce sont des inhibiteursde croissance. Ils bloquent la synthèse de la cuticule lors des phasesd'évolution larvaires et empêchent la formation des pupes. Les larvicides sontà appliquer sur les litières en privilégiant les zones non-piétinées par lesanimaux (bordures d'aire paillée, sous les abreuvoirs...), dans les fumières etfosses à lisier. Une bonne efficacité demande une intervention mensuelle avecun strict respect des doses et du mode préparatoire des produits, sans omettrede lieux où les larves peuvent se développer. Les adulticides sont appliquéssur des parois propres. Ces surfaces ne doivent pas être lavées après application,leur usage est donc à proscrire sur les murs de salle de traite.

La lutte biologique : une méthode concluante etefficace

Muscidifurax raptorellus (mini-guêpe) est naturellementprésente dans l’environnement, mais l’effectif est insuffisant pour inquiéterles mouches d’où l’intérêt de lâchers précoces puis réguliers tout au long del’année. Cette méthode nécessite le respect d’un protocole strict et encadré(cf. encadré). Les mini-guêpes sont disponibles à Farago Creuse en partenariatavec une société productrice de ces insectes et spécialisée dans la productiond’auxiliaires zélés et d’insectes pollinisateurs.

Utilisation de pièges et DEIV (désinsectiseursélectriques des insectes volants) en complément des traitements

Les appâts ou pièges représentent uncomplément intéressant en tant que révélateur de niveau de population et,ainsi, indicateur de nécessité de mise en place d’un traitement. De plus, ilspeuvent être utilisés dans des zones où les mises en place ne peuvent êtreréalisées. Farago Creuse dispose d’une large gamme de DEIV répondant ainsi aux spécificitésde chacun au sein de leurs bâtiments d’élevage. Ces destructeurs d’insectes sontà installer dans des endroits stratégiques (box à veaux, agneaux, chevreaux,nurserie, salle de traite, ateliers de découpe et de transformation…).

Farago Creuse : unmandatement par GDS Creuse pour définir son plan d’action

Lecontrôle de la population des insectes représente un paramètre majeur, tant enmatière sanitaire qu’économique. Le programme de lutte est à raisonner selon lescaractéristiques et objectifs de l’élevage. GDS Creuse, à travers sa filialeFarago Creuse, est au service des éleveurs pour définir le plan de lutte etfournir les éléments et les produits nécessaires à sa réalisation afin qu’ellesoit la plus efficace possible.

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