Lutte contre les mouches. Respecter les protocoles pour être efficace

Aurélien LEGRAND & Dr Didier GUERIN

Lutte contre les mouches. Respecter les protocoles pour être efficace

Les mouches en élevage => Les insectes sont des parasites majeurs en production animale. En période estivale, les mouches peuvent constituer une nuisance importante.

Lutte contre les mouches. Respecter les protocoles pour être efficace

Une prolifération non-maîtrisée des mouches peut rapidement rendre un élevage « invivable ». Les conséquences sont multiples : baisse de la production de lait liée à l'agitation des animaux, traites mouvementées, baisse du GMQ pour les animaux à l’engraissement, transmission de maladies…

Les mouches : un important pouvoir de multiplication

Pour éviter de se laisser dépasser, il convient d'agir précocement dès l'apparition des premières mouches. Une fois démarré, le processus de multiplication est exponentiel. A 16°C, la durée du cycle de reproduction de la mouche domestique est de 50 jours. Il n'est plus que de 8 à 10 jours entre 25 à 30°C. Sachant qu'une mouche va pondre entre 600 et 2.000 œufs au cours de son existence (durée de vie moyenne d’une mouche : 19 jours), on comprend mieux l'importance d'éliminer les premières larves de mouches avant l'été. En hiver, une minorité de mouches et de pupes vont entrer en diapause. Elles peuvent ainsi supporter l'hiver et entretenir le cycle jusqu'au printemps suivant, d’où la nécessité d'en détruire le maximum en maintenant des litières sèches pour empêcher la survie des pupes.

L’hygiène des bâtiments : un facteur de maîtrise incontournable

Si les traitements sont nécessaires en élevage, la prévention passe d’abord par une bonne hygiène des locaux. La vigilance portera sur les abords des silos d'ensilage et les stockages d'aliments. De même,les fumières et aires paillées seront totalement nettoyées au printemps, les bâtiments seront asséchés au maximum par une bonne ventilation et il sera évité la persistance de restes de lait à proximité des cases à veaux. Toutes ces actions vont permettre de réduire au maximum les sources de nourriture pour les mouches et les lieux de ponte.

La lutte insecticide : un protocole larvicide primordial, des techniques à suivre

Les mouches adultes ne sont que la partie visible de l’infestation, les larves et pupes représentent 80 % de leur population active. Afin de limiter les populations de mouches, l’utilisation de larvicides est donc primordiale. Ce sont des inhibiteurs de croissance. Ils bloquent la synthèse de la cuticule chez les larves et empêchent la formation des pupes. Les larvicides sont à appliquer sur les litières en privilégiant les zones non-piétinées par les animaux (bordures d'aire paillée, sous les abreuvoirs...), dans les fumières et fosses à lisier. Une bonne efficacité demande une intervention mensuelle avec un strict respect des doses et du mode préparatoire des produits. Les adulticides sont appliqués sur des parois propres. Ces surfaces ne doivent pas être lavées après application, leur usage est donc à proscrire sur les murs de salle de traite.

La lutte biologique : une méthode concluante et opérante

Muscidifurax raptorellus (mini-guêpe) est naturellement présente dans l’environnement, mais l’effectif est insuffisant pour inquiéter les mouches d’où l’intérêt de lâchers précoces puis réguliers sur la période avril/octobre. Cette méthode nécessite le strict respect du protocole (cf. encadré). Les mini-guêpes sont disponibles à Farago Creuse en partenariat avec une société productrice de ces insectes et spécialisée dans la production d’auxiliaires zélés et d’insectes pollinisateurs.

Utilisation de pièges et DEIV (désinsectiseurs électriques des insectes volants) en complément des traitements

Les appâts ou pièges représentent un complément comme révélateur de niveau de population et, ainsi, indicateur de nécessité d’un traitement. De plus, ils peuvent être utilisés dans des zones où ces traitements ne peuvent être réalisés. Farago Creuse dispose d’une large gamme de DEIV. Ces destructeurs d’insectes sont à installer dans des endroits stratégiques (box à veaux, agneaux, chevreaux, nurserie, salle de traite, ateliers de découpe et de transformation, bureaux, habitations…).

Farago Creuse : un mandatement par GDS Creuse pour définir son plan d’action

Le contrôle de la population des insectes représente un paramètre majeur, tant en matière sanitaire qu’économique. Le programme de lutte est à raisonner selon les caractéristiques et objectifs de l’élevage. GDS Creuse, à travers sa filiale Farago Creuse, est au service des éleveurs pour définir le plan de lutte et fournir les éléments et les produits nécessaires à sa réalisation afin qu’elle soit la plus efficace possible.

Lutte contre les mouches. Respecter les protocoles pour être efficace
La lutte biologique : une efficacité liée au strict respect du protocole

 

Dans les élevages sur fumier sec, l’utilisation d’hyménoptères parasitoïdes (Muscidifurax raptorellus = mini-guêpes) permet de lutter contre la prolifération des mouches. Quelques jours après leur introduction, les adultes émergent, pas plus gros qu’une tête d’épingle, le parasitoïde se déplace sur le fumier sec dans un rayon d’environ 10 mètres.

Des hyménoptères parasites des pupes de mouches

Répandus sur le fumier, les hyménoptères parasitoïdes, prédateurs naturels de la mouche, prospectent ensuite à la recherche des pupes de mouches à parasiter. Lorsqu’ils trouvent une pupe, ils s'y introduisent et s'en nourrissent. Sont déposés ensuite dans la pupe, un ou plusieurs œufs, les larves qui en sont issues se nourrissent de la pupe morte. Lorsque le parasitoïde termine son cycle, un adulte quitte la pupe et part à la recherche de nouvelles. Le cycle de vie de l’hyménoptère parasitoïde est d’environ 3 semaines.

Un « entretien » limité

Le système nécessite très peu d'entretien et de travail et n’engendre pas de modifications dans les pratiques. Un lâcher est effectué tous les 15 jours en tenant compte des curages et des pics de température propices au développement de la mouche. Cela permet de prévenir toute fluctuation de la population. En années climatiquement normales, il suffit de débuter en février/mars et d’introduire la dernière vague au mois de septembre.

Un protocole à respecter pour un fonctionnement optimal

Pour un fonctionnement optimal, certaines spécificités sont à connaître. Les mini-guêpes se développent dans du fumier sec. On évitera donc que des endroits (très) humides ne se forment. Afin que ces hyménoptères parasitoïdes puissent contrôler les populations de mouches, leur introduction sera réalisée tôt, avant l’apparition des mouches en nombre. Au-delà, les populations ne pourront plus être maîtrisées. Le dosage est fonction de la taille de l’animal (2 à 10 hyménoptères parasitoïdes par animal pour les volailles, 200 à 500 pour les bovins, chevaux, porcs, ovins ou chèvres). Les insectes sont déposés le long des bords des loges, près des abreuvoirs ou au contraire en milieu de litière, en fonction des pontes habituelles des mouches domestiques. Pour que cette lutte soit efficace, il est important de savoir si des insecticides ont été utilisés, à quelle dose et à quelle date. Leur persistance d’action peut freiner le développement des populations des hyménoptères parasitoïdes. A contrario, certains produits, comme les appâts granulés, sont compatibles et peuvent être utilisés en complémentarité.

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