Matières premières agricoles : Le marché a les yeux rivés sur la météo

Matières premières agricoles : Le marché a les yeux rivés sur la météo

Riz, blé, maïs, les cours des trois principales céréales mondiales s'envolent, entraînant dans leur sillage une hausse des prix alimentaires, tandis que le marché a les yeux rivés sur la météo, redoutant de nouveaux aléas climatiques susceptibles de compliquer encore la situation.

Après un été caniculaire en Russie, des inondations en Australie et en Asie, « nous n'avons plus de place pour un nouvel incident climatique », affirme Michel Portier, PDG d'Agritel, cabinet de conseil en gestion des risques des marchés.

Blé

« D'où nos craintes en raison de l'actuelle situation de sécheresse en Chine », qui pourrait menacer la prochaine récolte de blé, ajoute-t-il. La Chine est le premier producteur de blé au monde.

Après des précipitations très inférieures à la normale depuis octobre 2010 dans la plaine de Chine du nord, première région productrice de blé du pays, la récolte pourrait être mauvaise et entraîner de « graves problèmes », a indiqué la semaine dernière l'Agence de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).

« Au stade actuel, ce n'est pas dramatique mais il ne faut pas que cela dure encore deux mois car, là, il y aurait un vrai problème », renchérit M. Portier.

Maïs

Actuellement les stocks de maïs sont au plus bas: les Etats-Unis consacrent une grande partie de leur production aux biocarburants.

« La situation est en revanche plus confortable pour le blé car les stocks sont plus importants qu'en 2007-2008 avec 175 millions de tonnes, contre 125 millions à l'époque », mais « le problème est que les stocks sont localisés quasi uniquement aux Etats-Unis », ce qui soulève des problèmes logistiques.

Riz

Pour le riz, la situation est différente. Jusqu'à maintenant, cette céréale qui nourrit trois milliards d'habitants, soit la moitié de la population de la planète, avait été épargnée par la flambée mondiale des prix.

Contrairement aux autres céréales, le riz n'a pas subi de catastrophe climatique. L'offre a amplement suffi à répondre à la demande et des stocks ont même pu être constitués.

Mais depuis le début de l'année les cours se sont réveillés. En janvier, ils ont pris 10%, renouant avec leurs plus hauts niveaux en plus d'un an.
Cette hausse est due en grande partie au changement de cultures par les agriculteurs des Etats-Unis, important exportateur, qui vont réduire leurs surfaces en riz, au profit d'autres cultures, maïs, soja ou coton, désormais plus rémunératrices, selon un analyste américain.

Tendance des cours

Les experts sont unanimes à estimer que les cours des céréales ne sont pas prêts de se calmer, en raison d'une demande toujours croissante et d'une spéculation qui amplifie le mouvement de hausse.

Source AFP

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