Mme le préfet découvre le terrain agricole

Didier BOUVILLE

Lac de Luc
La Volonté Paysanne

Cécile Pozzo Di Borgo, préfet de l’Aveyron, a découvert une partie de l’agriculture aveyronnaise sur une exploitation agricole de Luc mercredi 18 janvier à l’invitation de la Chambre d’agriculture, de la FDSEA et des JA.

Arrivée en Aveyron en novembre, Cécile Pozzo Di Borgo a foulé la terre aveyronnaise à l’invitation de la profession agricole sur l’exploitation bovins lait de Séverine et Dominique Barrau réunis au sein de l’EARL des Quatre Chemins, au lieu-dit les Flottes. Ils élèvent 55 vaches Prim’Holstein et produisent 363 000 litres de lait, avec l’objectif d’atteindre les 500 000 litres. En complément de l’élevage laitier, ils gèrent deux bandes de 20 veaux élevés au lait entier (surplus du quota) valorisés sous le label Veaux des Lucs chez les bouchers. L’assolement de l’exploitation de 55 hectares est réparti sur trois îlots en zone  Ségala, et composé de prairies temporaires (luzerne et ray-grass), de prairies permanentes et de céréales, dont du maïs irrigué.
Econome et autonome
Installée depuis mai, Séverine a présenté son système de production à Cécile Pozzo Di Borgo, insistant notamment comme son père Dominique Barrau, par ailleurs secrétaire général de la FNSEA, sur la nécessité d’un fonctionnement économe et autonome. Et désormais mieux sécurisé en cultures depuis la création collective du lac collinaire de Brienne-Planèzes en 2004.
«La gestion de l’eau en agriculture» est une préoccupation majeure pour la Chambre d’agriculture et son président Jacques Molières qui a rappelé l’importance de l’année 2012 en matière de projets de lacs collinaires. «Après plusieurs saisons de déficit pluviométrique en Aveyron, il est temps pour les agriculteurs de s’engager dans une politique de stockage de l’eau», martèle le président de la Chambre d’agriculture.
Sécurisation
L’impact de la sécheresse 2011 et la sécurisation de l’autonomie fourragère grâce à l’irrigation ont  donc été évoqués sur la ferme de Luc puis illustrés in situ au bord du lac de la Brienne. D’une surface de 10 hectares, il rassemble 16 agriculteurs irriguants au sein d’une ASA présidée par Benoit Vieilledent, lequel a succédé à Jean-Paul Foulquier. Dominique Barrau  a rappelé l’historique du projet né en 1999, puis réalisé avec le soutien de la collectivité, en dépit de quelques réticences locales, avec l’appui de la Compagnie d'Aménagement des Côteaux de Gascogne, représentée par Jean-Pierre Tomasi, responsable de l’étude, du dossier de l’enquête publique et de la réalisation du lac. Il irrigue les terres des exploitations adhérentes avec 32 km de canalisations. «Vous avez ici un exemple de ce qu’il faut faire, porté par une démarche collective et environnementale», a insisté Jacques Molières. «Il faut bien comprendre que l’eau se stocke lorsqu’il y en a et qu’on l’utilise lorsqu’on en a besoin, dans un souci d’équilibre global avec les usagers du département».
«L’excellence de l’agriculture aveyronnaise»
Ce premier contact avec l’agriculture aveyronnaise a été apprécié par Mme le préfet : «j’ai pris la mesure de l’excellence de l’agriculture aveyronnaise, avec une illustration du bien-être animal convainquante sur la ferme de Luc, avec ses logettes et ses matelas», commente Cécile Pozzo Di Borgo. «J’ai aussi été frappée par la mutualisation des moyens entre agriculteurs, comme le service de la dessileuse automotrice. Quant au lac de la Brienne, j’ai bien compris l’importance du débat de la gestion de l’eau dans ce département», a-t-elle ajoutée avant la réunion technique organisée à la mairie de Luc.
Jacques Molières y a  résumé l’ambition des agriculteurs aveyronnais en préambule : «nous voulons des exploitations agricoles qui lient la performance économique à la performance sociale».
«Emblématique»
Dominique Fayel a qualifié la commune de Luc «d’emblématique», en matière «de politiques de gestion de l’eau en avance de 20 ans et d’aménagements fonciers autour d’infrastructures avec la première portion à deux fois deux voies de la RN 88, pilotées par des agriculteurs actifs». Et d’ajouter : «cela traduit la philosophie professionnelle de nos prédécesseurs, avec un syndicat local «activiste», partisan de l’activité économique que cette commune illustre bien. On sait que l’agriculteur n’est pas seul sur le territoire, mais l’impact sur le foncier a été mené ici avec pertinence et intelligence», estime Dominique Fayel.

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