MSA : une rentrée « anxiogène » pour Pascal Cormery

Lise Monteillet

MSA : une rentrée « anxiogène » pour Pascal Cormery

Plusieurs indicateurs clignotent au rouge, à commencer par le nombre d’appels reçus par le numéro Agri'écoute, 1700 en six mois. Un chiffre en très forte augmentation !

RCO : les caisses sont vides

Michel Brault, directeur général, est inquiet concernant le financement de la retraite complémentaire obligatoire (RCO). Ce dispositif se trouve en effet déséquilibré depuis la mise en place de mesures pour relever les petites retraites, telles que l’attribution de points gratuits ou la garantie de toucher une retraite à 75 % du Smic. « En 2017, nous ne serons plus en capacité de payer si aucune mesure n’est prise rapidement », alerte-t-il.

Le centre d’appel Agri'écoute a reçu 1700 appels au 1er semestre 2016, soit environ 285 par mois. Ce chiffre est en explosion car seulement 1219 appels avaient été comptabilisés en 2015. Il doit être néanmoins interprété avec de la prudence, car le dispositif Agri'écoute était encore en phase de démarrage l’an dernier. « Nous recevons de plus en plus d’appels de femmes qui témoignent du désarroi de leur conjoint. Pour un agriculteur, c’est très difficile de s’avouer en échec, il préfère se réfugier dans le travail », remarque Pascal Cormery, président de la MSA.

La crise s’accentue donc dans les campagnes et met en difficulté les familles. Toujours selon la MSA, 30 % des exploitants soumis au régime réel ont déclaré un revenu annuel inférieur à 4248 euros, soit moins de 350 euros par mois. Elles n’étaient que 18 % dans ce cas en 2014. « Le constat est anxiogène, souligne Pascal Cormery, président de la caisse centrale de la MSA. On rencontre des agriculteurs qui se posent la question du sens à donner à leur métier. C’est inquiétant de voir des gens plus résignés que combattifs ».

Des aides exceptionnelles

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De gauche à droite : Michel Brault, directeur général, Pascal Cormery, président et
Thierry Manten, 1er vice-président.

La MSA est mobilisée pour mettre en œuvre les mesures contenues dans le pacte de consolidation et de refinancement de l’agriculture, annoncées la semaine dernière. Parmi elles, un allègement des cotisations sociales ou encore le financement d’un remplacement temporaire pour les agriculteurs en épuisement professionnel. Les conditions d’accès à la prime d’activité ont, quant à elles, été assouplies afin de permettre à 25390 foyers d’exploitants d’en bénéficier, pour un montant moyen de 207 euros par mois.

Les conséquences de la crise se font aussi ressentir dans le salariat agricole, avec une baisse de 0,9 % des emplois dans le régime agricole et de 1,5 % des CDI au troisième trimestre 2015. Seuls les CDD dans la transformation agricole semblent échapper à la morosité. Les salariés des organisations professionnelles agricoles, en contact avec les agriculteurs en difficulté, se sentent parfois impuissants et sont, eux aussi, soumis à des risques psycho-sociaux importants.

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Commentaires 2

agrume856

monsieur le président de la msa j aimerai que vous défendier les intérêt des agriculteurs vis a vis des cravatés de la msa nous sommes les seules entreprises qui sont imposeés sur le revenu de l entrprise et non sur la part utilisé pour faire vivre sa famille notre outils de travail la terre n est pas ammortissable donc avoir payé la msa les impots sur le revenue le reste je peux acheter mon outils de travail le foncier. Arreter de changer les taxations des earl qui ont changer en septembre 2013 elle mont fait augmenter ma part de 30pour cent merci au syndicat des cravatés

Bruno

- de 350 euros par mois : " ( les agriculteurs ) n’étaient que 18 % dans ce cas en 2014 "...
Il y a un cynisme dans cette phrase.... Pour mémoire :
" Selon les chiffres des comptes prévisionnels de l'agriculture, estimés au 20 novembre et publiés le 15 décembre 2015, le revenu net par actif non salarié de la branche agricole* augmenterait de 16,2 % en termes réels entre 2014 et 2015. « Il rattraperait ainsi le niveau 2011 historiquement élevé », explique le document de la commission des comptes de l'agriculture de la nation, rendu public le 15 décembre 2015 "
Des comptes prévisionnels à la réalité de 2015, puis 2016, ce n'est plus une erreur ni un gouffre, juste un abîme créé par d'insondables incapables.

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