Nathalie Kosciusko-Morizet : vitons de stigmatiser les agriculteurs »

SC

A l'issue du premier « Comité sécheresse » de l'année, aucune mesure d'urgence n'a été annoncée mais la ministre de l'Ecologie a rappelé son objectif de réduction de 20% de la consommation d'eau d'ici 2020. Elle demande également que l'on ne stigmatise pas les agriculteurs.

« Tous les indicateurs sont à l'orange ou au rouge et la situation actuelle est celle d'un mois de juillet en ce qui concerne le débit des fleuves, le niveau des nappes, la fonte des neiges... Même la reproduction des poissons à deux mois d'avance ! » a expliqué Nathalie Kosciusko-Morizet qui estime que la France est «d'ores et déjà en situation de crise et de gestion de crise». Elle s'exprimait à l'issue de la première réunion du « Comité sécheresse » de l'année, convoqué avec un mois d'avance.

28 des 96 départements de France métropolitaine ont pris des mesures de restrictions concernant l'usage de l'eau et trois autres départements devraient suivre prochainement (Ain, Tarn-et-Garonne, Ille-et-Vilaine et peut-être la Loire). D'après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), plus des deux tiers des nappes phréatiques affichent un niveau inférieur à la normale. C'est le cas notamment des réservoirs de la plus grande partie du Bassin Parisien et dans le Sud-Ouest.


Vers une gestion collective de l'eau d'irrigation

Aucune mesure d'urgence n'a toutefois été annoncée, si ce n'est la sortie de cartes de mesures des restrictions d'eau plus précises à partir du mois de juin. Par contre, la ministre rappelle l'objectif du Plan National d'Adaptation au Changement Climatique (PNACC), qui sera présenté en juin : réduire de 20% la consommation d'eau d'ici à 2020.

Les agriculteurs sont concernés et devront notamment, dès cette année, modifier leur système de gestion de l'eau d'irrigation à l'échelle des bassins versants. « Nous allons définir ensemble, avec la profession, les débits disponibles et proposer aux agriculteurs, si nécessaire, de changer de cultures » explique Nathalie Kosciusko-Morizet qui demande toutefois de ne pas «stigmatiser les agriculteurs».

«Nous sommes tous assis sur la même masse d'eau et la question de réduction de l'utilisation de l'eau concerne tous les usages, pas seulement agricoles». Elle évoque également la lutte contre les fuites dans les réseaux qu'elle veut limiter à 15%, la récupération de l'eau de pluie ou la construction de stockages «compatibles avec les contraintes environnementales».

Publié par SC

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier