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Rédaction Vendée agricole

Un congrès de la Fdsea, c’est fait pour remonter les bretelles et lancer des piques contre l’administration. Morceaux choisis des interventions cantonales.

Qu’y a-t-il de commun entre un céréalier, un éleveur, un maraîcher et un producteur de semences ? C’est l’eau. Mardi au congrès de la Fdsea, le thème de l’eau a obtenu un très beau score. Cette préoccupation a constitué le cœur des 26 interventions cantonales. Car la création de réserves dans le bocage comme dans la plaine ne coule pas de source. Tour à tour les responsables des unions cantonales ont pointé du doigt l’inertie et les incohérences de l’administration. Dans le bocage, on ne comprend toujours pas pourquoi il faut aménager des retenues sur les buttes.  Dans la plaine, on voudrait que l’Etat s’engage plus sur les réserves de substitution. Les éleveurs crient au loup. «Il est urgent d’éviter le recours à des achats massifs de paille et de nous assurer de stocks fourragers plus conséquents » tempête Chantal Boutin, pour le canton de Mortagne. «Les retenues sécuriseront plus notre revenu que la spéculation financière » plaide Jean-Noël Marsaud pour les Essarts. Et les délégués n’hésitent pas à taper fort. «Nos projets sont plus légitimes que la destruction d’un nid d’oiseau ou d’une grenouille » lâche Dominique Barbeau pour Montaigu.

Cette tension générée par l’administration qui met en avant « la reconstitution du milieu et les compensations écologiques» ne fait qu’échauffer les esprits. Avec l’inventaire des zones humides la coupe est pleine  D’autant qu’il vient s’ajouter à la longue liste des zonages tels les zone de répartitions des eaux et les zones protection spéciale, la 5ème directive nitrate. Quand l’inventaire est réalisé avec concertation, il ne crée pas de vagues mais dès que les agriculteurs ne sont pas associés, ils font tout pour ne pas être menés en bateau. «Il a fallu ferrailler pour nous faire écouter » argumente Dominique Bernard pour la Châtaigneraie. «On a même trouvé des zones humides en plaine » relate Jean-Luc Auguin pour Ste-Hermine. Ces nouvelles réglementations sont perçues comme une «double peine » qui vient encore soustraire du foncier aux agriculteurs.

Zones humide : une double peine

Si les directives sur l’environnement irritent les militants, la reprise des cours en viande bovine et en porc redonne des couleurs aux congressistes. Pour autant, les délégués souhaitent que les banques soient moins frileuses et voir se concrétiser rapidement la contractualisation avec les coopératives.

C’est notamment en lait que les pointes acérées des délégués ont fusé. «Quand vous aurez tiré tout notre lait, vous n’aurez plus de producteurs » prévient Johnny Chabot de Talmont. Eurial pour sa proposition de paiement du lait avec des prix différenciés et Terralacta (Glac) qui continue à traîner les pieds pour augmenter le prix du lait, sont la cible de plusieurs délégués.

Ne pas pester contre les nuisibles ne serait plus un congrès de la Fdsea. «Les sangliers sont toujours là, ils sont en meutes et désormais, on a aussi des dégâts de lièvres » déplore Yvonnick Baranger pour Palluau. Le ton est donné et désormais la balle est dans le camp de l’administration, tout comme est attendu le soutien de la Fnsea. «Mets de l’huile. »

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