Ninon Légé, déléguée des Haras Nationaux en Normandie : Une mission qui s'inscrit dans la modernisation

Thierry Guillemot

Ninon Légé, déléguée des Haras Nationaux en Normandie : Une mission qui s'inscrit dans la modernisation

L'Etablissement public Haras nationaux vient de recevoir du gouvernement sa lettre de mission. Entretien avec sa déléguée régionale.

Ninon Légé, vous êtes déléguée des Haras Nationaux en Normandie depuis 2006. Quel est votre parcours ?

Diplômée de l'ENGREF, DAA de développement agricole en 2003, j'ai pris mon premier poste en décembre 2003 comme Directrice d'exploitation agricole à l'EPLEFPA de Saint-Lô Thère où j'assurais la gestion technico-économique et humaine de l'exploitation et le développement de projets en partenariat avec les collectivités territoriales. Lorsque le poste de Délégué régional de Normandie des Haras nationaux a été déclaré ouvert, j'ai été tout particulièrement sensible à cet emploi qui s'inscrivait dans la modernisation des Haras nationaux.

Les Haras nationaux en France, c'est combien d'établissements, combien de chevaux et combien de collaborateurs ?

Aujourd'hui, les Haras nationaux regroupent environ 1 000 personnes, réparties en 5 directions territoriales. Le siège social implanté en Corrèze à Pompadour est aussi le coeur de l'activité du SIRE (le Système d'Informations Relatif aux Equidés), l'état civil des chevaux, qui constitue une base de données sur les équidés unique en Europe. 19 pôles hippiques développent sur tout le territoire des activités économiques, sociales et culturelles. Environ 800 étalons de toutes les races (courses, selle, trait, poneys et ânes) sont distribués grâce à un réseau de 110 centres techniques présents dans les départements afin d'assurer des prestations d'étalonnage, d'identification et de conseil.

Quelles sont les missions principales des Haras nationaux ?

Les missions des Haras nationaux s'articulent autour de 4 axes majeurs :
- Elargir le champ des connaissances par la recherche, la formation et le transfert des techniques
- Apporter des services aux entreprises de la filière par la sélection génétique, l'appui technique et l'organisation des évènements.
- Transmettre pour les générations futures par la biodiversité des races équines, la valorisation du patrimoine équestre et la diffusion de la culture.
- Intégrer les enjeux collectifs en assurant la traçabilité et la sécurité sanitaire, en développant une activité de conseils et d'ingénieries des projets hippiques.

L'an dernier, l'épisode de l'AVE a quelque peu plombé les relations entre éleveurs et HN. Ces relations sont-elles aujourd'hui normalisées et quelles leçons en avez-vous tirées ?

Dès que la crise a été connue, nous avons mis en place un comité de suivi sanitaire national et régional, constitué de professionnels et de représentants des organismes chargés du suivi sanitaire des équidés. Ce comité s'est réuni chaque semaine pour suivre l'évolution de l'épidémie et préconiser des mesures de précaution. Il faut souligner que l'AVE est une maladie à déclaration obligatoire (MDO). Les vétérinaires, laboratoires et propriétaires sont seulement tenus de déclarer tous les cas reconnus positifs auprès de la DSV. Néanmoins, cette déclaration reste anonyme et permet uniquement le suivi de fréquence de l'infection. Du fait de ce statut de MDO, aucune police sanitaire ne pouvait être imposée. Seules les recommandations de la filière et le professionnalisme des éleveurs ont permis de contrôler la diffusion du virus.
Cette épidémie a permis de faire évoluer la réglementation pour intégrer le dépistage de la maladie dans les textes concernant la reproduction. Elle a également été à l'origine de la création d'une structure permanente de veille sanitaire, le RESPE, Réseau d'épidémio-surveillance des pathologies équines. Enfin, la crise sanitaire de l'artérite a permis de mener une réflexion pour d'autres crises à venir, afin qu'un comité de suivi sanitaire efficace et reconnu se mette rapidement en place.

L'avenir des HN fait couler beaucoup d'encre. Etes-vous confiante quant à leur avenir ?

L'Etablissement public Haras nationaux vient de recevoir du gouvernement sa lettre de mission, ce qui va nous permettre de revenir très prochainement sur le sujet.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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