Normes anti-pollution : Les motoristes dégainent le pistolet à gazole

Raphaël Lecocq

Les nouvelles normes anti-pollution déclenchent une passe d'armes entre constructeurs. En jeu : les consommations de gazole. Surprenant, sachant que la consommation spécifique d'un tracteur intéresse peu l'utilisateur final. Ou du moins pas encore.

Qui a sorti le premier son pistolet à gazole ? Agco, Cnh, John Deere ? Difficile à dire. Toujours est-il que depuis quelques mois, on n'a jamais vu autant de tests comparant la consommation spécifique des tracteurs. Personne ne s'en plaindra. Jusqu'à aujourd'hui, il faut bien avouer que la consommation de carburant intéressait peu les utilisateurs. On peut même parier que l'unité de mesure - g/kWh – était une illustre inconnue pour beaucoup. Cette époque semble révolue et ce sont les constructeurs eux-mêmes, à commencer par ceux qui fabriquent leurs propres moteurs, qui ont décidé de faire oeuvre de vulgarisation. A coups de tableaux comparatifs, chacun y va de son test du Nebraska (Etats-Unis) ou de la DLG (Allemagne) pour vanter la consommation des tracteurs de dernière génération, satisfaisant les nouvelles normes anti-pollution. L'entrée en vigueur, le 1er janvier dernier de la norme Tier 3b (ou Tier 4a) s'appliquant aux moteurs de plus de 174 ch (avant ceux de plus de 102 ch le 1er janvier prochain), n'est pas étrangère à l'affaire. Le jeu de la concurrence et de choix technologiques différents ont fait le reste.

Surcoût à relativiser

Encore faut-il comparer ce qui est comparable et/ou ne pas extraire ce qui peut être le plus flatteur, au mépris de la rigueur scientifique, générant ici ou là quelques montées en température dans les états-majors. Prudence par conséquent dans l'examen des chiffres communiqués. Les deux voies empruntées par les motoristes pour respecter les nouvelles normes sont celles du procédé catalytique avec injection d'urée (SCR) et de la re-circulation des gaz d'échappement refroidis (EGR). Une chose est sûre : quelle que soit la technologie, les nouveaux moteurs consomment moins que les anciens, une performance imputable à l'amélioration de la combustion. Mais ils coûtent aussi plus cher, un surcoût difficile à jauger car noyé parmi d'autres innovations accompagnant la redéfinition des gammes pour l'occasion. Le chiffre de 10 % peut néanmoins être avancé. Les économies de carburant induites peuvent alors être considérées comme un retour sur investissement, relativisant d'autant le surcoût à l'achat. L'allongement des intervalles de maintenance et de la durée de vie des moteurs sont d'autres arguments mis en avant par les constructeurs.

Nouvelles normes anti-pollution, nouveaux moteurs, nouveau regard sur la consommation des tracteurs

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