Nouvelle PAC : dans le Massif Central un bonus en moyenne de 4 000 €/an par élevage

PATRICIA OLIVIERI

Nouvelle PAC : dans le Massif Central un bonus en moyenne de 4 000 €/an par élevage
La ferme Cantal pourrait voir ses subsides s’accroître d’une trentaine de millions d’euros à l’horizon 2019 (Photo M.N. GOULAOUIC)

Directeur du Sidam, Thierry Boulleau a dévoilé en avant-première hier à l’assemblée de la FDSEA les premières simulations d’impact de la future Pac pour la ferme Cantal. 

Il y avait un avant et un après 2009 et son bilan de santé, il y aura un avant et un après 2013 et les choix français de déclinaison de la réforme de la Pac annoncés le 2 octobre par François Hollande au Sommet de l’élevage. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder la carte de France des soutiens de la Pac revisitée à la loupe de ces arbitrages. Une carte profondément recolorée au profit des régions d’élevage de montagne. Pour le coup, ce n’est plus le vert pâlot du trou de l’herbe qui apparaît au cœur du Massif central, mais le vert plus flamboyant du trèfle irlandais.

Selon les estimations du Sidam (Service interdépartemental pour l’animation du Massif central), la cheville ouvrière technique des professionnels agricoles du Massif central, la ferme Cantal pourrait ainsi voir ses subsides s’accroître d’une trentaine de millions d’euros à l’horizon 2019 (autour de 250 M€ de plus par an à l’échelle du Massif central), comme l’a indiqué hier le directeur du Sidam Thierry Boulleau lors de l’assemblée générale de la FDSEA à Mauriac. En précisant cependant qu’il ne s’agit que de premières estimations sur la base des éléments connus à ce jour.

L’ICHN rebat les cartes

Dès 2015, première année de pleine application de la réforme, près de 15 millions d’euros viendraient ainsi conforter un élevage cantalien mis à mal par plusieurs années de vaches maigres. Une manne qui proviendra pour une grande partie du second pilier de la Pac et de la revalorisation des ICHN, indemnité compensatoire de handicaps naturels. Via cette augmentation de l’enveloppe ICHN qui héritera du budget de la prime à l’herbe (PHAE), c’est un bonus substantiel - de l’ordre de 4 000 € en moyenne annuelle avec cependant des disparités liées à l’historique de l’engagement de l’exploitation en PHAE - qui viendra relever le revenu des éleveurs cantaliens avec une soutien ICHN de 70 €/ha sur 75 ha (nouveau plafond).

Il faudra cependant faire preuve d’un peu de patience dans la mesure où cette augmentation des ICHN sera progressive. Concrètement donc, en 2014, les bénéficiaires de l’ICHN toucheront 235 € sur les 25 premiers hectares (contre 204 € en 2013), 156 € entre 25 et 50 ha (contre 136 €). En 2015, ces montants seront majorés de 70 € et le plafond relevé à 75 ha (70 € entre 50 et 75 ha). Autre bonne nouvelle dans ces choix nationaux : le doublement des crédits dédiés à la modernisation des bâtiments d’élevage (200 M€), même si sur ce volet, les discussions sont toujours en cours sur les plafonds, taux de subvention...

Évolutions des aides de la Pac (premier et deuxième pilier) entre 2013 et 2019 selon les simulations du Sidam et les éléments connus en ce début de mois de novembre.

Fin des références historiques

Pour le reste, c’est-à-dire les aides du premier pilier, la première évolution réside dans le remplacement des actuels DPU (paiements découplés) par trois aides directes (avec une année de référence 2014) : le droit à paiement de base (DPB), le paiement écologique et le paiement redistributif. Le DPB s’appliquera à tous les hectares et, comme le paiement écologique, il a vocation à converger vers une valeur uniforme : avec un montant moyen autour de 135 € en 2015 et 95 € en 2019. Une baisse qui s’explique par la montée en puissance du paiement redistributif et de la convergence (taux de 14 % par an pour atteindre 70 % en 2019).

Le paiement écologique sera lui proportionnel au DPB de chaque agriculteur et sera conditionné au respect de trois mesures : le maintien des prairies permanentes et d’une part de surface d’intérêt écologique et la diversité des assolements. Dernier étage à cette fusée des paiements découplés : le paiement redistributif, c’est-à-dire la surdotation des 52 premiers hectares qui sera appliquée progressivement sur quatre ans (25 €/ha en 2015 pour atteindre 100 €/ha à partir de 2018). La transparence des Gaec (avec des critères d’obtention des parts Pac assouplis) sera effective.

Un couplage pro-élevage

Enfin, l’enveloppe des aides couplées va être confortée et représentera 15 % du budget du premier pilier (soit 1,13 milliard d’euros) majoritairement orientés vers l’élevage. Chaque secteur jusqu’alors doté d’une aide couplée devrait conserver son budget : PMTVA (désormais attribuée à la vache présente productive), aide aux ovins, aux caprins, au lait en montagne et aux veaux sous la mère. Au-delà, le chef de l’État a également arbitré en faveur de l’instauration d’une aide couplée pour la production laitière et l’engraissement. Sur ces points, tout n’est pas encore tranché. Le couplage comporte aussi désormais une part dédiée aux protéines végétales qui bénéficiera indirectement aux filières d’élevage avec 147 M€ alloués aux protéagineux dès 2015.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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Commentaires 12

beberino

pour ma part j ais une petite exploytation allaitante
50 ha 35 meres pour 50 prime pmtva
-je vais donc perdre 15 prime pmtva-3000euro
on vas me donner une surprime pour mes 52 premier ha(une exploytation de 300 ha touchera la memme!!!!!!)
avec ca notre cher lefolle ose dire qu il aide les petites exploytations et l employ!!!!
QUELLE HONTE!!!!

fairytales

ajmarc64 pour avoir manger avec un conseiller de gestion ce week end travaillant entre autres sur le dpt 23 et 86 , il m'a dit qu'il y avait quelques pratiques limites sur la pmtva comme quoi peut etre certains se permettent de faire ce que tu n'oses pas

fairytales

la remarque de cerealier est mal venue mais comprehensive , disasterpiece il faut etre juste dans tes propos , meme s'il y avait du soja francais on continuerait sans aucun doute pour plusieurs raisons a importé massivment du soja ogm , sans doute il y a t'il des accords commerciaux ( genre 1 maquette de rafale contre 200 ans de soja ogm bresilien) ensuite l'histoire nous montre que lorsque le blé etait a 80-90€ les eleveurs ne se sont pas genés pour importer du blé de la mer noire de maniere massive , que bon nombre d'eleveur du sud se fournissent en paille en espagne, et que quoiqu'il arrive ce n'est qu'une histoire de cout personne ne s'attend a ce que les eleveurs soient plus vertueux que les cerealiers ils l'ont deja prouvé et en plus il y a une vie sans le soja , mais pourquoi pas un systeme encadré , de prodcution de proteine francaise ( luzerne, soja) avec des tarifs assuré sur 3ans par exemple ( pour l'eleveur et le cerealier) indexé sur les charges , des debouchés prioiritaire et un prix d'achat garanti ( ce sont des systemes tres integrés mais intelligemment encadré , un vision pluriannuel , des certitudes de revenus , une excellente qualité et tracabilité et au final si personne ne prends des marges indecentes un cout final au consommateur raisonnable , je crois en ce genre de systeme qui ne signerai pas pour avoir un revenu plus sur, meme s'il est moins elevé, je ne sais pas s'il est tres facile de gerer des situations avec -3000 une année +5000 l'autre sans visibilité
les ceraliers ne sont pas a plaindre ..... tout est relatif, sauf les regions favorisées ( beauce , picardie, nord, somme, seine maritime) qui sortent 10-12t ha de blé + beteraves et environ 15 000/mois , les revenus des cerealiers de zones dite intermediares ne me choque pas et je ne les trouve pas nantis et la nouvelle pac leur est defavorable bien plus qu'au zones favorisées qui dès que les cours remonteront a 230-240 auront encore de tres tres haut revenu ( le travailler mojns pour gagner plus, quand la grosse variable est le rendement...) , il y a peu pres autant de difference entre des zones intermediaires et plaine qu'entre des laitiers industriels avec robot ( qui gagne leur vie plutot bien en ce moment) et de zones de montagnes sans appelation , ce qui fait dire au ministre de gauche qu'a 40cts certains laitiers gagneraient trop
c'est juste au final une reforme mal faite, vu la petitesse du budget europeen agricole ( quand tous les autres grands ensembles augmentent les subventions a l'agriculture au dela des subventions europeenne, dans les faits tous les agriculteurs devraient bien gagner leur vie ,
c'est vrai qu'on arrive a nous expliquer que l'on doit reduire le budget europeen , qu'un paysan qui ne gagne pas sa vie c normal , qu'un acteur gagne 1 millions qu'un footeux en gagne 14 millions par an c normal on doit meme l'aduler mais qu 'un paysan gagne 1000euros on peu aussi lui cracher dessus car c'est un pollueuret si l'un d'entre eux se suicide tous les 2 jours ....bah c'est comme ça

et j'estime qu'il y a un probleme quand certains sont heureux de reprendre du pognon a un autre , le vrai combat c'etait à la fois de reequilibrer la distribution des aides, mais surtout de payer mieux les eleveurs et les arbo maraicher , de faire se soumettre la grande distribution et les industriels, chose que les pleutres du gouvernement ont bien omis de faire , et au final c'est que les agriculteurs ne doivent pas avoir honte de bien gagner leur vie tous, cerealiers , eleveurs......
la situation est quand meme on oblige des agri a s'endetter lourdement dans des systemes qui quoiqu'il arrive sont integrés ou semi integrés, on peu desormais leur payer le prix que l'on veut puisqu'a la fois ils doivent rembourser la banque et qu'ils ont tendance a etre passionné et donc a ne pas abandonner, on leur maintien la tete juste hors de l'eau afin q'ils produisent a bons compte pour le grands bien des industriels et des gms qui se gavent de marge , et pour un consommateur qui au final finance les gms qui croient etre le paradis du moins cher et apient finalement u produit qui pourrait l'etre moins

geo

@banane381: Revalorisation ICHN, surprime 52Ha, suppression des soutiens à l'export, convergence, aucun soutien direct porc/volaille --> êtes-vous bien certain que la nouvelle PAC se veut davantage tournée vers l'industriel que la précédente? Si l'histoire des 30 vaches s'applique à la nouvelle PMTVA, vous aurez simplement à remercier la FNB et sa maison-mère d'avoir proposé cette mesure. La profession pousse bien davantage que le pouvoir politique à soutenir l'agriculture industrielle.

jo63

Le principe de détention de 20 droits à prime pour en obtenir des supplémentaires était déjà effectif dans le Puy de dôme avec l'ancienne Chambre d'agriculture. Ceux qui en avaient moins de 20 n'avaient rien à espérer;
Espérons qu'il y aura des changements avec la nouvelle, mise en place depuis janvier 2013 !!!
Il n'y a rien d'étonnant dans les projets.

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