Nuisibles et prairies : Lutter collectivement contre les taupes et les rats taupiers

Bénédicte Boissier

Nuisibles et prairies : Lutter collectivement contre les taupes et les rats taupiers

Afin d'organiser la lutte efficace et collective contre la taupe et le campagnol terrestre sévissant sur son secteur, Philippe Bonhomme, président du Gdon de Tauves, a suivi des formations.

Agréé pour utiliser les produits

Les agriculteurs de la commune de Tauves sont invités à appeler leur président de Gdon, pour qu'il les aide dans le cadre d'une lutte collective, à les débarrasser des taupes et des campagnols terrestres.
En effet Philippe Bonhomme a pris sur son temps, financièrement également (même si le VIVEA a contribué), pour se former à la lutte contre ces nuisibles.
Il a ainsi passé 3 jours à Brioude pour apprendre à utiliser contre la taupe, le gaz PH3.
Il a obtenu un certificat de Distributeur Applicateur de produits antiparasitaires, en assistant à la formation dispensée sur 10 jours à Marmilhat. « Et je vais bientôt obtenir un agrément qui me permettra d'intervenir hors ma commune, même hors Gdon. » Pour le remplacer sur son exploitation, Philippe fait appel à Agri Remplacement.

La lutte doit s'organiser de façon collective

La lutte doit s'organiser de façon collective

Un service pour les agriculteurs

Cette prestation concernant la lutte contre la taupe à l'aide de PH3, est ainsi pour la première fois, proposée aux agriculteurs de sa zone Gedon. « Il s'agit d'une demande de leur part. C'est pourquoi j'ai suivi une telle formation. »
Une opération qui bénéficie d'aides de la municipalité de Tauves (pour l'achat de cannes, masques, détecteurs…), du Conseil Général du Puy-de-Dôme, et de l'appui logistique de la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme.
« On a fait avec la Fdgdon un comptage sur le terrain, puis établi une cartographie. Pas de doute la taupe est là ! Depuis l'automne dernier, on assiste à une infestation de taupes même sous la neige, » explique Philippe, qui souhaite vivement que les agriculteurs, prennent l'habitude d'exercer un suivi régulier sur leurs parcelles. « On pourra alors sortir des bilans, utiles à tous. Traiter demande un investissement, mais qui rapporte au bout du compte. »
En effet l'infestation d'un terrain par ces nuisibles, entraîne une usure prématurée du matériel, des fourrages de très mauvaise qualité, des pertes de rendement, des problèmes sanitaire sur les animaux….
« Depuis que je suis installé je lutte contre la taupe et depuis 10 ans, date des premières pullulations, contre le campagnol terrestre. Les céréaliers ne se laissent pas faire, par exemple par la pyrale. Nous on néglige nos prairies alors que c'est une culture ! »

Tous doivent traiter dans le même laps de temps

Tous doivent traiter dans le même laps de temps

 

Organiser la lutte collective

Le président du Gdon de Tauves organise la campagne de lutte. Il constate l'étendue des dégâts, fixe les dates d'intervention (déclaration préalable auprès des autorités 48 h avant de traiter). Il explique être tenu de procéder à une lutte collective : « mais il s'avère vraiment indispensable que tous traitent dans un même laps de temps ! »
Après que l'agriculteur l'ait appelé, Philippe s'organise avec lui. Pour les taupes, il s'agit de passer la herse 2-3 jours auparavant pour détecter les taupinières fraîches.
Puis de traiter les jours suivants : « on met à la main, à l'aide d'une canne, des pastilles de PH3 entre 2 taupinières. » Ces 2 intervenants obligatoirement équipés d'un détecteur de gaz, traitent 2 ha à l'heure.
« On obtient une efficacité à 90 % en terrain humide, avec effet sous 48 h.
Si l'agriculteur repère 4-5 j après des taupinières, on recommence.
Tout ceci s'avère efficace si, et seulement si, c'est collectif ! »
Pourtant, et il le regrette fortement, en ce qui concerne les campagnols terrestres, seuls 30 % des agriculteurs de la commune traitent. La lutte en la matière, s'organise chaque année, en général après les ensilages. « L'idéal serait de traiter à l'automne » argumente Philippe Bonhomme, qui se dit par ailleurs inquiet de l'interdiction de la bromadiolone en 2010, « car pour l'instant, nous ne disposons pas de produit de remplacement ».

Fermes de référence

Comme 3 autres exploitations dans le Puy-de-Dôme (Chastreix, Saint Julien Puy Lavèze, Tortebesse), celle de Philippe en Gaec de Noilhat avec son frère Didier, a des parcelles de référence, suivies par la technicienne de la Fdgdon depuis début mars. Elle viendra toutes les 3 semaines jusqu'en novembre.
Au menu : comptage après piégeage et gazage. A la clé, un bilan récapitulatif.

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

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