OGM : La France sceptique face à une libéralisation des cultures

Le ministre français de l'Agriculture a réitéré les fortes réserves de son pays à l'égard de propositions que doit présenter mardi la Commission européenne en vue de débloquer les autorisations de cultures de plantes génétiquement modifiées dans l'UE.

« Nous souhaitons que les décisions continuent à être prises au niveau communautaire, nous ne souhaitons pas de renationalisation de ces décisions », a déclaré Bruno Le Maire. « Tout ce qui va dans le sens de la renationalisation sur les questions agricoles va dans le mauvais sens. Tout ce qui va dans le sens de plus de solidarité, de plus de travail en commun, d'imagination d'innovation et d'audace va dans le bon sens », a-t-il ajouté.

La proposition de Bruxelles vise d'une part à rendre aux Etats rétifs à l'égard des produits transgéniques la liberté d'interdire chez eux les cultures d'OGM, même si ces cultures font l'objet d'un feu vert européen. Ils n'auraient plus à activer une procédure européenne compliquée de clause de sauvegarde, qui doit être justifiée par des critères sanitaires ou environnementaux.

En contrepartie, la Commission leur demande de cesser de bloquer, comme c'est le cas aujourd'hui, les autorisations de mises en culture au niveau européen. Cette nouvelle politique, qui reviendrait à laisser chaque pays faire ce qui lui plaît en matière de cultures OGM, n'est pas du goût de nombreux pays européens et de plusieurs ONG.

Les cultures d'OGM sont en recul en Europe victimes de la défiance de l'opinion publique et des craintes que leurs effets potentiellement néfastes sur l'environnement suscitent, notamment pour les cultures traditionnelles et biologiques. Les surfaces consacrées au maïs MON 810 de l'américain Monsanto, seul produit autorisé à ce jour à la culture dans l'UE, sont passées de 106.737 hectares en 2008 à 94.749 ha en 2009. Il est cultivé dans 5 pays européens, mais frappé d'interdit depuis 2009 dans 6 autres.

Source AFP

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