Organisation collective demandée

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« Si certaines tendances se maintiennent, se confirment, voire s’amplifient, comme celles concernant le coût des matières premières, il y aura des conséquences sur l’évolution de la ferme départementale », a alerté Jacques Lemaitre pendant la réunion. (Photo : © Loire-Atlantique Agricole)

Les tensions sur les marchés des matières premières remettent en cause l’équilibre économique des productions… au point de conduire certains exploitants à abandonner l’élevage au profit de productions céréalières. Une perspective inquiétante pour le monde agricole du grand Ouest.

Depuis quelques mois, le constat est général : une reprise plus vigoureuse encore de la hausse des coûts de production est observée. C’est vrai pour la production laitière soumise à l’évolution du coût de concentrés. Son coût de production enregistre une hausse comprise entre 2 et 4 centimes / litre de lait, quand la tonne d’aliment augmente de 10 €. En porc, la problématique est similaire avec l’envolée du prix de l’aliment (qui représente 70 % du coût de production !). L’impact de l’augmentation du prix des aliments sur le coût de production est direct : + 4 centimes d’euros / kg de carcasse pour une hausse de 10 € / t d’aliments. En volaille, depuis ces derniers mois, on note un net distancement de l’indice à la production par rapport à celui du prix de vente. En fonction des espèces en volaille de chair, il est de + 2 à + 3 centimes / kg de carcasse. La viande bovine n’échappe pas à ce phénomène avec un coût de production qui augmente de 1 à 2 centimes d’euros / le kilo de carcasse pour une tonne d’aliment qui grimpe de 10 € supplémentaires.
Une tendance lourde à mettre en lien avec les cours des matières premières agricoles (céréales, oléo-protéagineux) qui ont entamé une hausse spectaculaire sur les marchés mondiaux, confirmant une volatilité structurelle des prix, nous rappellent Gilles Le Maignan, chargé de mission Économie à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, et Pierre-Yves Amprou, chargé d’études Économie à la chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire.

Rupture

Face à ce contexte économique, le président de la chambre d’agriculture n’hésite pas à parler de « rupture ». « On voit des agriculteurs réfléchir aux modèles de production qu’ils ont mis en place depuis quelques décennies. Le système d’élevage faisait jusqu’à maintenant, dans l’Ouest, la grande partie de l’activité économique agricole. Quand on voit des personnes se demander s’il faut qu’ils retournent des terres pour faire des céréales plutôt que de continuer à faire des productions animales, on peut parler de rupture. » Pour Jacques Lemaitre, l’équation est simple, s’il y a moins de bovins, moins de volailles, moins de porcs en France, « il y aura des impacts sur les outils d’abattage et de transformation, et donc sur l’emploi. Ce n’est pas le scénario que l’on souhaite. »
L’élevage est en déprise. « On a à l’échelle nationale un effectif de vaches allaitantes qui a baissé de 200 000 animaux », précise Mickaël Trichet, élu à la chambre d’agriculture, en charge du dossier Installation. « La décapitalisation animale fait son chemin. »
Comment garder attractives ces filières de l’élevage ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les participants à une réunion de travail organisée récemment par la chambre d’agriculture. « On n’attire pas les mouches avec du vinaigre », insiste Jacques Lemaitre. « Il faut installer des agriculteurs, on est tous mobilisé autour de ce sujet. Mais on ne le fera pas si on ne donne pas des perspectives de revenu à un jeune. »
« Comment donner envie de produire du lait quand on voit le prix de l’aliment monter et celui du lait baisser ? », interroge Vincent Bigeard, élu chambre d’agriculture. « Dans ces conditions, il est difficile d’expliquer qu’il ne faut pas changer de système en culbutant les hectares de prairie en céréales. Si on ne donne pas l’envie aux agriculteurs, c’est fini. Il faut aussi faire un effort en termes d’image du métier d’agriculteur pour ramener de la main-d’œuvre sur nos exploitations. » C’est d’autant plus important que de l’emploi agricole naît des vocations, avec des personnes qui passent du salariat à l’installation.
Est-il possible d’inventer, au regard de la fluctuation et de la volatilité des prix, une organisation collective, se sont demandés les participants à cette réunion. L’accord du 3 mai, qui concerne le secteur de l’élevage et qui repose sur la mise en œuvre de mécanismes de filière permettant d’atténuer l’impact de la volatilité des prix, « a le mérite d’exister », souligne Jacques Lemaitre, même si chacun s’accorde à dire qu’il est difficile à mettre en place. On ne manque pas d’outils mais sont-ils suffisamment bien expliqués, vulgarisés et collectivement mis en place ? Pour l’instant, globalement non, répond le président de la chambre d’agriculture. « La dérégulation des prix ne nous plaît pas, mais elle est bien présente. Le changement d’orientation des aides de la PAC est là pour le confirmer. Il va falloir s’adapter. »
Comment ? La contractualisation apparaît comme l’une des solutions. « On en aura besoin si l’on veut maintenir l’élevage demain dans les Pays de Loire », estime Christophe Sablé, secrétaire général de la chambre d’agriculture. « Elle doit donner de la lisibilité aux producteurs déjà en place et permettre la transmission », complète Mickaël Trichet.
Pour Jacques Lemaitre, l’avenir de l’agriculture départementale et régionale dépend de la capacité des filières à trouver des solutions collectives. « Or, aujourd’hui, on ne voit que des initiatives personnelles. »

Guillaume de Werbier

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Commentaires 1

cardan123

550000 ml de quotas .le lait une passion avant tout!
mais je fait un peu de ble et de mais grain
les question je me les pose plus !a ce tarif la le lait industriel en franche comte
i ly a en pour plus lontemps!!!
prix de revient comtpable avec elevage de la gennisse 316 eros

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