Ovins : l'alimentation et la conduite du troupeau sont primordiales

C. F.

Ne plus vivre la mortalité et la baisse de productivité comme une fatalité. Tel était l'objet d'une journée à destination des éleveurs ovins organisée par le GDS (Groupement de défense sanitaire).

Les éleveurs ovins du Cantal étaient invités le 23 mars à une session de formation organisée par le GDS, “une première pour le Cantal qui portait sur la gestion de la santé des ovins autour de l'agnelage”, indiquait Coralie Montbertrand, du GDS 15. “Les conditions d'agnelage retentissent en effet directement sur la santé des brebis et des agneaux”, confirmait le docteur Salat qui animait cette journée articulée en deux temps. En matinée, les éleveurs ont ainsi pu suivre, à la Chambre d'agriculture de Saint-Flour, un enseignement axé sur les facteurs de risques et les bonnes conditions de mise bas, les problèmes infectieux. En après-midi : travaux pratiques avec une visite d'élevage chez Louis-François Fontant, par ailleurs président de la Chambre d'agriculture. Une exploitation de 420 à 440 brebis, au Chassan de Faverolles, représentative de celles du Cantal, essentiellement “de par des pertes d'origine non infectieuse”.

De la théorie à la pratique

En matinée, les éleveurs pouvaient constater que la mortalité des agneaux se répartissait ainsi : un tiers non menés à terme ou morts nés. Un autre, dans la première semaine de vie, et un dernier tiers qui va de sept jours jusqu'à la vente de l'agneau. Des causes essentiellement infectieuses pour le dernier tiers, contrairement aux deux premiers, liées à la brebis : “On estime en effet à 60 % les pertes liées à la conduite de la brebis, sa santé, son alimentation, aux conditions de mise bas, d'ambiance…”, résumait le vétérinaire, pour qui les causes infectieuses sont “certes, à combattre” mais leurs marges de progrès résident dans la bonne conduite alimentaire de la brebis, essentielle sur la fin de sa gestation, en particulier pour les brebis prolifiques, porteuses de jumeaux ou de triplés. “C'est en effet une période où la brebis a la capacité d'ingestion la plus faible et où ses besoins vont augmenter de façon relativement rapide. S'ils ne sont pas comblés, cela peut avoir des conséquences graves sur la santé de l'animal et la survie de l'agneau.” D'où la nécessité “d'une bonne couverture des besoins énergétiques azotés et minéraux”. En dépend en effet un poids relativement élevé des agneaux à la naissance, garant de faibles taux de mortalité et d'une bonne survie. De même, “l'administration d'oligo-éléments en faible quantité est très important, en particulier le sélénium pour lequel nous sommes en carence systématique et chronique dans notre région alors qu'il a un impact non négligeable sur l'activité du colostrum, la vigueur de l'agneau, et sa capacité de résistance aux maladies”.

 

Investir pour la fin de gestation

Autant de points qui, pour le Dr Salat, sont la clé d'une “bonne productivité numérique” des agneaux : “Cela vaut la peine d'investir pour cette fin de gestation, de bien les supplémenter. On gagnera en termes d'agneaux et en termes de production laitière avec des brebis qui nourriront bien mieux leurs petits, ce qui fera autant d'aliments d'économisés.” Ce qui n'exclut pas de respecter des points précis de conduite d'élevage : “Petits lots, assistance à la tétée, bonnes conditions d'hygiène, ambiance de bâtiments, distinguer ce qui est infectieux de ce qui ne l'est pas, pour combattre et même prévenir la mortalité.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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