P. Bénézit : “On est sorti du cocon dans lequel s’étaient enfermées nos filières”

PROPOS RECUEILLIS  PAR P. OLIVIERI

Même si les conséquences de la sécheresse sont encore bien présentes dans les élevages cantaliens, 2012 s’annonce plus favorable pour les productions animales.

P. Bénézit : “On est sorti du cocon dans lequel s’étaient enfermées nos filières”

Heureux de tourner la page de 2011, année d’une nouvelle sécheresse ?

Patrick Bénézit, président de la FDSEA du Cantal : “Nous espérons franchement ne pas revivre ça mais les conséquences de la sécheresse ne sont pas derrière nous. Les paysans du Cantal attendent avec impatience le versement des indemnités du fonds calamités. Nous comptons d’ailleurs sur l’administration départementale pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’exclus. Nous y serons vigilants. Nous continuons aussi d’acheminer de la paille, des gens nous sollicitent encore, passent commande. Et puis, même avec les indemnités sécheresse, la situation de trésorerie des éleveurs reste compliquée, certains auront recours à des compléments par voies bancaires.”

Sans préjuger du climat de 2012, cette année se présente sous de bons auspices du côté des marchés des productions animales...

P. B. : “Oui, pour l’instant les marchés sont porteurs parce que les stratégies syndicales conduites ont permis de sortir du cocon dans lequel s’étaient enfermées nos filières. De sortir d’une période où on n’était pas compétitif à l’exportation, et où on était plutôt sur un schéma de protection de nos marchés. Là, il a fallu taper du poing sur la table pour faire en sorte que notre agriculture s’ouvre à nouveau sur un monde extérieur devenu porteur. Un travail très important a été mené en viande bovine dont les premiers résultats se font sentir, mais c’est loin d’être fini. C’est aussi valable pour la filière laitière : si les prix sont bons actuellement, c’est que les exportations tirent aussi. Malgré toutes ces stratégies, personne n’est à l’abri d’accidents, cela nécessite des adaptations sur le plan individuel : par exemple, quand on parle d’exportations en viande bovine, le sujet sanitaire devient déterminant avec les exigences en matière de fièvre catarrhale ovine...”

La frilosité initiale de certains des opérateurs de la filière bovins viande a donc été levée ?

P. B. : “Les gens qui nous ont suivis depuis le début, les pionniers, continuent. Des entreprises, qui n’y croyaient pas au départ, nous ont rejoints depuis. D’autres, les grands conservateurs qui croient que le paysan doit produire pour rien, sont restés à l’écart. Mais il y a aujourd’hui suffisamment d’entreprises qui jouent le jeu.”

 

La crise et le risque de récession ne vous font pas craindre un repli de la consommation ?

P. B. : “La crise peut impacter la consommation intérieure, mais pour l’instant, le repli n’est pas significatif et si on développe des marchés extérieurs, cette baisse potentielle de la demande peut être indolore.”

Y compris pour les filières AOC ?

P. B. : “Il faut aussi qu’on développe des stratégies à l’exportation pour nos AOC. Plus globalement, ce ­dossier des AOC fromagères est prioritaire pour nous avec l’évolution de la cotisation volontaire obligatoire vers un autre dispositif. On compte vraiment sur les pouvoirs publics pour faire que la transition s’opère au mieux et que l’élan lancé perdure et se renforce.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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