PAC à la française : les cartes sont sur la table, à l’Élysée de trancher

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PAC à la française : les cartes sont sur la table, à l’Élysée de trancher
Les aides couplés seront mobilisés au maximum au profit de l'élevage (DR)

Les cartes sont désormais sur la table du ministre après une ultime concertation jeudi matin du monde agricole et associatif sur les options de la future Politique agricole commune en France. Dernière occasion pour chacun de faire valoir ses priorités avant l'arbitrage présidentiel.

Pour le gouvernement  la nouvelle Politique agricole commune qui entrera pleinement en vigueur en 2015 doit être l'occasion de réorienter les aides en faveur de l'élevage et de l'emploi, sans déséquilibrer d'autres secteurs ou les exploitations les plus compétitives.

Sur ce point, "tout le monde est tombé d'accord" assurait l'entourage du ministre à la sortie jeudi, soulignant l'esprit "de responsabilité" autour de la table (une quarantaine de représentants des syndicats agricoles et de salariés, coopératives, chambres d'agriculture, régions, industries alimentaire et ONG environnementales).

63 milliards d'euros pour les sept prochaines années

La France dispose de 63 milliards d'euros pour les sept prochaines années (2014-2020) au service de son agriculture, soit 7,7 milliards d'aides directes (premier pilier) à répartir chaque année, plus 1,2 milliard d'aide au développement rural (2e pilier). Sachant qu'elle s'engage une fois pour toutes auprès de Bruxelles.

Si chacun défend une PAC "juste et durable", ces notions ne revêtent pas le même sens pour chacun et même au sein de la puissante Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, la FNSEA (majoritaire), les débats ont été rudes selon les régions et selon les productions, a concédé jeudi son président Xavier Beulin.

Au ministère, on a noté des "points de convergence" pour mobiliser au maximum les aides couplées au profit de l'élevage et de quelques productions végétales fragiles (riz, fruits à coques, blé dur...), soit près d'un milliard par an.

Consensus encore pour que les aides du "second pilier" soutiennent un effort d'innovation et de modernisation, en particulier dans l'élevage, ainsi que le financement de la compensation pour handicap naturel (les montagnes), le soutien à l'élevage à l'herbe ou aux mesures agro-environnementales et de prévention des risques climatiques et sanitaires.

Sur-dotation aux 52 premiers hectares : les avis divergent

De même les avis concordent pour réserver une aide spécifique aux protéagineux, à la fois chez les éleveurs au nom de l'autonomie fourragère et chez les céréaliers qui se lancent dans ces productions.

En revanche des points durs subsistent, comme la sur-dotation des 52 premiers hectares, âprement défendue par Le Foll à Bruxelles et appuyée par les Jeunes Agriculteurs et la Confédération paysanne, mais refusée avec la même détermination par la FNSEA.

Cette sur-dotation, ou "redistribution" de primes majorées aux premiers hectares, est destinée à soutenir les petites et moyennes exploitations, souvent riches en emploi. A condition d'une distribution dans la "transparence", insiste la FNSEA.

Ne pas créer de brusques déséquilibres

La fédération plaide également pour une "convergence" des aides par agriculteur limitée à 60% maximum des niveaux les plus bas, afin de ne pas créer de brusques déséquilibres dans les exploitations jusqu'ici les mieux dotées et qui verraient fondre leur subventions. C'est notamment le souci des grands céréaliers qui craignent la concurrence accrue des voisins. Cette perte doit être limitée à 30%, a expliqué Xavier Beulin.

La moyenne de l'aide à l'hectare en France, 268 euros en 2012, cache une grande disparité de 150 à 375 euros. Le ministère souhaite un transfert au profit des éleveurs dont le taux reste à discuter. Aucun chiffre n'a été avancé jeudi.

Mais, prévient la FNSEA, sa position finalement adoptée "à l'unanimité moins deux abstentions" de ses filières n'est pas négociable, sans "compromis possible". "On sort de la première phase qui consistait à caler les grands outils", estime-t-on chez Stéphane Le Foll.  Ce dernier doit présenter une synthèse des suggestions/réactions au président de la République et au Premier ministre pour arbitrages. Les discussions se poursuivront alors en groupes de travail.

"Le temps est compté : il faut que l'ensemble soit arrêté avant la fin 2013 si on veut être prêt à verser les premières aides le 1er janvier 2015".

Publié par AFP

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Commentaires 17

coteau19

les aides pac doivent servie a la production et quand ont parle d emplois il faut que se soit de meme .

youpi

mon pauvre geo....tu parles des arbo des maraichers???? ou sont leurs aides on va aider les eleveurs en extensif point
visiblement au ministere on ne connais pas l'entreprise...qu'est ce qu'il ne faut pas trouver comme excuse pour vivre sous perfusion
cette reforme est mediocre point final , pas plus juste que la derniere

commtons

en terme de creation d'emploi on compte l'amont et l'aval???? il y a des emplois liés a l'activité ceraliere
sauf faire de la demagogie de gauche ( pleonasme) il est evident que la filiere cerealieres crée enormement d'emploi indirect, pourquoi favoriserait on les emplois direct au nom de quoi????????

exemple

un eleveur voisin sur 40ha a ouvert une boucherie a la ferme , revenus 60 000 euros par an pour 2 ( lui et son epouse)
a t'il besoin de prime ?non
et @ann19 a pour une bonne partie raison , les structures specialisé sur 50ha sortent souvent du pognon pour le patron , moins pour les salariés payé au black et qui en plus touche le chomage
les petites structures specialisée de 3 - 4 ha pour elles ca ne change pas grand chose une surprime au 1ers ha , tant ce sera faible , et parfois ne seront pas eligibles
la surprime au 52 ha ne visent pas du tout l'emploi on l'a vu dans les divers exemples d'autres personnes ici , ca favorise l'elevage extensif point barre
au nom de quoi??? pourquoi les maraichers, les arbo ...qui eux drainent vraiment de l'emploi ne sont pas aidés, alors que le type qui bouine sur 50ha dans sa pature le serait....0 employé si on doit payé tout les gens qui ont de petites structures inadapté
favorisons l'assistanat , la non productivité creons les futurs paysans mentalité pole emploi

ogre

oui aux entrepreneurs de s'adapter, je n'ai pas entendu les laitiers a l'epoque de l'or blanc et ou les cereales etaient tres basses , les cerealiers n'ont pas chouinés par avoir du fumier gratuit

s'il faut 2,3 pecnos pour satisfaire les touristes , qu'ils gagnent de l'argent avec le fruit du tourisme
que les autres mettent a genoux les grandes surfaces , que les pouvoirs publics soient mis devant leur responsabilité
la prose des aigris contre les cerealiers est minable , devenez cerealier achetez des propriétés a 60 000 euros de l'hectare , ca paie 100euros de fermage /ha et ca veut gagner 3000 euros par mois , il doit y avoir une correlation entre le capital investi et le taux de rentabilité de ce capital investi
voila des gens qui n'ont jamais voulu evolué, qui ont pris le risque de reprendre 50ha une bouchée de pain
ca suffit à la fin , les pouvoirs publics ne veulent absolument pas payer les paysans au juste prix , pour soulager le porte monnaie du consommateur par contre personne n'est choqué au gvt que chez EDF entre autres on ne travaille que 32h/semaines, au 3eme enfant prime de 3500euros, 3 jours de congés quand la grand mere de son mari( qui lui n'a droit qu'a un jour) decede
les colos a l'etranger sont quasi gratuite, il y a des hotels referencé edf ou le cout de la nuit est miserable , la facture d'electricité a 10% de son cout reel....Etc....etc...

ca ca ne choque personne par contre du lait a 40 , 45 centimes là le ministre ose dire que certains gagneraient trop , ca suffit ...

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