Paris : Le G20 adopte un plan d'action

d'après AFP

Les vingt économies les plus puissantes de la planète ont trouvé un accord qualifié d'« historique » par Bruno Le Maire sur un plan d'action pour lutter contre la volatilité des prix agricoles. Un accord jugé timide par la plupart des ONG et analystes.

« Aujourd'hui est un grand jour, nous sommes parvenus à un accord historique », s'est félicité le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, dont le pays préside le G20. Sur bien des sujets, les avancées sont réelles, s'est réjoui Bruno Le Maire.

Parmi les avancées, il cite le « Forum de réaction rapide », constitué de hauts responsables du G20 et destiné à « agir rapidement afin de prévenir ou d'atténuer les crises mondiales des prix alimentaires », selon le texte adopté jeudi. Véritable « Conseil de sécurité agricole », il doit en principe éviter que se renouvelle une flambée des prix sur les denrées de base.

Les ministres ont également décidé d'augmenter la production agricole mondiale, en cherchant par exemple à améliorer la productivité. « Pour nourrir une population mondiale qui devrait dépasser neuf milliards d'habitants en 2050, la production agricole devra augmenter de 70% d'ici là », ajoute ce texte.

Encourager les États à partager leurs données

Sur la transparence des stocks agricoles, dont l'Inde et la Chine se méfiaient, le G20 va mettre en place un système d'informations sur les marchés, baptisé AMIS. Cette base de données vise « à encourager » les pays à « partager leurs données » et à améliorer les systèmes d'information existant« sans toutefois prévoir de mesure coercitive. Mais, des »ministres responsables« ont signé cet accord, et il n'y a donc pas lieu de mettre en doute leur engagement, assure le directeur général de la FAO, Jacques Diouf.

A propos de la régulation des marchés agricoles, un des chevaux de bataille de la présidence française du G20, l'accord adopté jeudi »encourage fortement les ministres des Finances du G20 à prendre les mesures appropriées pour une meilleure régulation« . »S'il n'y avait pas eu d'accord des ministres de l'Agriculture, il n'y aurait rien eu du tout« , souligne Bruno Le Maire, en réponse aux critiques sur l'insuffisance des mesures anti-spéculation préconisées. Cet accord est une »première étape« , a-t-il fait valoir.



« Tout est basé sur la bonne volonté des Etats »

Les Organisations non gouvernementales ont de leur côté réservé un accueil mitigé, notamment au chapitre faisant référence aux biocarburants, accusés d'être l'un des facteurs de la hausse des prix. « Ils n'ont pas été capables d'adopter une quelconque mesure concrète visant à réformer les règlementations sur les agrocarburants ou ajuster les objectifs de production quand l'offre alimentaire est menacée », regrette ainsi Oxfam.

Globalement, ONG et analystes estiment que les avancées obtenues sont un « accord a minima ». Elles doutent par exemple que la Chine et l'Inde donnent sans y être forcées des informations sur le niveau de leurs stocks et de leur production, alors qu'elles s'y étaient jusqu'ici refusées, considérant que ce sont des données stratégiques.

« Tout est basé sur la bonne volonté des Etats pour se mettre autour de la table. Or sans contrainte, les Etats n'agiront pas durablement contre la volatilité des prix. Ces mesures risquent de rester lettre morte », avance Maureen Jorand, du CCFD, une ONG catholique qui lutte contre la faim dans le monde. Il juge cet accord « trop timide ».

Alors que l'OCDE et la FAO prônaient la mise en place de stocks d'urgence pour éviter des émeutes de la faim comme en 2008, le G20 a préféré commander une étude sur les réserves humanitaires d'urgence, déplorent encore ces ONG.

Publié par d'après AFP

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