Partagez vos marges, sauvez l’élevage !

JA

Des élevages en grandes difficultés, des tables rondes avec des annonces. Mais JA attend des actes maintenant. Et pour être sûr que ceux-ci voient le jour, plus de 300 sites ont été visités (GMS, abattoirs, laiteries, salaisonneries) par plus de 1 300 JA de Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, dans la nuit de dimanche à lundi.

Les éleveurs en avaient le sentiment depuis longtemps, le rapport 2014 de l’observatoire des prix et des marges est venu confirmer leurs craintes :
- Oui, les prix pratiqués par la grande distribution ne reflètent pas l’évolution des prix payés aux producteurs, quelles qu’elles soient !
- Oui, la grande distribution et les transformateurs utilisent le prix payé au producteur comme un tampon pour maintenir leur marge !
- Oui, les marges de la distribution et de la transformation se sont améliorées en 2014 pendant que celles des agriculteurs se dégradaient !

Passer à l’action

Les agriculteurs en ont assez d’être la variable d’ajustement des prix dans les différentes filières. La production française souffre de cette répartition injuste des marges entre les acteurs de la filière. Suite aux mobilisations viande bovine et porc, dont les retombées ont été positives, les effets d’annonce des accords sont très vite retombés, et la Profession attend désormais des actes concrets, une répercussion directe pour les éleveurs. Les JA de l’Ouest et les FRSEA de Bretagne, Basse et Haute-Normandie dénoncent ce vol des marges des éleveurs par les GMS. Plus de 300 GMS, laiteries et abattoirs ont eu la visite des actions dans la nuit dimanche 21 au lundi 22 juin derniers.

En Loire-Atlantique

Douze GMS ont été ciblées : « Nous avons décidé de focaliser nos actions sur les actions sur les accès livraison, et nous avons à chaque fois opéré de la même manière en installant des bâches portant le message « partagez vos marges, sauvez l’élevage ! ». Avec un mode d’action simultané dans l’ensemble des régions du grand-ouest, la mobilisation des réseaux JA et FNSEA ont fait l’effet une bombe parmi les GMS et les médias. Charles Guerlais se félicite de la reprise médiatique : « Nous pouvons être fiers de cette action coup de poing. C’est une réussite, un buzz médiatique qui a prouvé que nous sommes toujours en alerte, que nous ne lâcherons rien tant que nous n’aurons pas réussi à augmenter les prix payés aux producteurs ! ».

L’Intermarché de Châteaubriant.

Quelques exemples

Dans la filière porcine en 2014, sur 1 kg de jambon, pièce maîtresse de la consommation en viande porcine en France, entre 2013 et 2014, la marge éleveur a baissé de 36 centimes. Pendant ce temps, la marge brute des GMS a augmenté de 15 centimes et le prix moyen payé par les consommateurs a augmenté de 23 centimes. Dans la filière laitière, les trésoreries accusent le coup avec un prix moyen au 1er semestre 2015 autour de 300-310 € ne permettant pas de couvrir les charges.

Des paroles aux actes !

L’objectif de ces actions est bel et bien d’interpeller l’ensemble des acteurs des filières animales et les Pouvoirs publics sur l’urgence de la situation et demander la fin des effets d’annonces, trop souvent utilisés, et trop vite oubliés, afin d’aboutir à de vraies solutions durables pour les éleveurs. Aussi, les Jeunes Agriculteurs des Pays de la Loire, de Bretagne, de Basse et Haute Normandie demandent l’application de la loi Hamon, régulant les pratiques commerciales entre acteurs des filières alimentaires. Ils demandent aussi la répartition équitable des marges entre chaque opérateur, ainsi qu’une prise en compte des coûts de production dans le prix payé au producteur.
La France est riche de son élevage, encore faut-il qu’il reste des agriculteurs français pour produire, si nous voulons continuer de manger français !

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