Pavillon France à Milan : une cathédrale de bois et ses voûtes d’abondance

Sophie Caron

Pavillon France à Milan : une cathédrale de bois et ses voûtes d’abondance

Le Pavillon France, de l’Expo universelle de Milan, a été inauguré vendredi dernier par trois ministres français, Laurent Fabius, Stéphane le Foll et Ségolène Royale. Véritable cathédrale de bois,ce bâtiment abrite une ruche d’alvéoles contenant divers produits agricoles et alimentaires, symbole de la diversité et de la richesse de la production et de l’alimentation française. A découvrir, le nez en l'air !

Le pavillon en quelques chiffres :

- 3.600 m2 dont 1.200 m2 de jardin, 2.000 m2 bâtis et 1.200 m2 de paysage inversé au plafond

- 2.000 pièces d’épicéa et mélèze, soit 1.000 t de bois

- 6 mois de fabrication et d’installation

- Coût total : 23 millions d’euros, dont 3 millions apportés par les partenaires

Il aura fallu pas moins de 6 mois pour fabriquer et installer les 2.000 pièces en épicéa et mélèze franc-comtois, qui constituent l’impressionnante cathédrale de bois du Pavillon France, inauguré vendredi dernier à l’Exposition universelle 2015.

Un bâtiment qui, selon Laurent Fabius, devrait se situer dans le top trois des plus beaux bâtiments de cette édition 2015 qui se tiendra près de Milan pendant 6 mois. Trois ministres (Agriculture, Affaires étrangères et Ecologie) sont venus inaugurer, sous la pluie, cet ensemble qui a coûté 23 millions d'euros. "Le pavillon donne une image de la créativité française (...). Il va donner aux millions de visiteurs une image extrêmement forte de la France et de son agriculture, sa recherche, sa gastronomie, sa qualité de vie et son commerce extérieur", a assuré Laurent Fabius. 

Un peu coincé entre "le Vatican" et "Israël", le pavillon français accueille d’abord le visiteur par un « jardin agricole de la diversité », parsemé de plants de tomates, ceps de vigne, haricots, maïs, plantes aromatiques...  qui conduit les visiteurs sous l'arche monumentale. 

A l’intérieur, point de tape à l’œil, de mise en avant de marques prestigieuses ou de l’excellence agroalimentaire française, les organisateurs ont fait le choix de la simplicité, de la diversité et de l’originalité pour illustrer la thématique de cette exposition : « Nourrir la planète, énergie pour la vie ».

Le nez en l’air 

voutes

C’est le nez en l’air que le visiteur découvrira les spécificités agricoles et culinaires françaises. A l’image d’une grange ou d’une halle de marché inversée, 300 alvéoles au plafond dévoilent aux visiteurs ici des végétaux, là des bouteilles de vin, des produits alimentaires, ou encore une batterie de casseroles, symbole de notre gastronomie.

Juchés sur de vastes plateaux agricoles, des écrans LED diffusent des films d’animation ventant le système agricole français, axé sur le « produire plus et mieux avec moins », le modèle d’agroécologie cher au ministre de l’agriculture Stéphane le Foll. Un peu plus loin, un espace scénarisé, peuplé de « parapluies » interactifs,  met en valeur les spécialités agricoles et culinaires des différentes régions partenaires du pavillon. Le parcours se termine par les ustensiles de cuisine du monde entier, symbole de la diversité alimentaire mondiale et des mille façons de manger.

Un pavillon convoité par le Qatar

A la sortie du pavillon, le gastronome peut, au choix, déguster des viennoiseries et baguettes fabriquées sur place, à la boulangerie, ou des plats plus urbains, préparés dans l’étincelant « Food truck Peugeot ». Pour goûter « le meilleur de la cuisine française », concocté par les plus grands chefs français, l’amateur devra trouver le chemin du premier étage où le « Café des chefs » mitonne l’excellence culinaire à des prix accessibles.

pavillon des régions

Des 140 pays présents pour l'édition 2015 de l'Expo, ouverte jusqu'à fin octobre, 54 ont construit leur propre pavillon, rivalisant d'ingéniosité et d'audace architecturale. Le pavillon français est entièrement démontable et remontable et sera mis en vente à la fin de l'Expo. "Nous espérons qu'il fera l'objet de nombreuses demandes mais j'aimerais qu'il reste en France", a précisé Laurent Fabius, appuyé par Stéphane Le Foll qui le verrait bien à Rungis. Le Qatar a toutefois déjà signalé son intérêt pour racheter ce bâtiment.

Le ministre de l'Agriculture a souligné le côté écologique de cet ouvrage en bois, conçu par l'architecte Anouk Legendre et réalisé par la société Simonin à Morteau (Doubs), "ventilé naturellement et qui permet de stocker l'équivalent CO2 de 5.000 vols Paris-Milan".

 

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