Pesticides : Apiculteurs et ostréiculteurs pour une meilleure évaluation

Des apiculteurs et des ostréiculteurs français ont dénoncé pour la première fois ensemble vendredi à Angers « l'insuffisance », selon eux, de l'évaluation de l'impact des pesticides sur la surmortalité rencontrée depuis des années dans leurs productions.

« Nous sommes partis du constat que nos filières étaient confrontées aux mêmes problèmes. Et que l'implication des substances actives contenues dans les pesticides n'était pas sérieusement étudiée », a expliqué Alain David, président de la Fédération française des apiculteurs professionnels, lors de l'assemblée générale de l'organisation.

« Les protocoles d'homologation européenne des pesticides ne sont pas suffisants pour étudier vraiment la toxicité réelle et les effets des produits appliqués par traitement direct sur les semences », a dénoncé de son côté Janine Kievits, apicultrice et membre de la Coordination européenne des apiculteurs.

« Ces protocoles ne prévoient que des études sur la toxicité aigüe instantanée des substances mais rien sur leurs effets dans le temps et la toxicité chronique », a-t-elle souligné.

« Nous aussi, nous observons une corrélation entre la prolifération de molécules actives dans l'eau et l'air, et la mortalité rencontrée dans nos populations ostréicoles en particulier. Et l'expertise sur ce phénomène n'est pas à la hauteur de ce qu'elle devrait être », a estimé Sébastien Chantereau, chargé des questions environnementales au Comité national de la conchyliculture.

Cette première rencontre a permis « de mesurer le chemin qu'il reste à parcourir. Mais face aux lobbies agricoles et chimiques, c'est un peu le combat du pot de terre contre le pot de fer », a estimé Rémy Hurtaud, vice-président du Comité régional de conchyliculture Bretagne Nord.

Les responsables de la Fédération des apiculteurs ont rappelé que la surmortalité des abeilles était officiellement établie depuis plusieurs années entre 20 et 50% selon les régions et les ruchers. Le Comité national de conchyliculture estime lui que les pertes ostréicoles enregistrées depuis 2002 se situent sur tout le territoire côtier français entre 50 et 80%.

Source AFP

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