Photovoltaique : Tous les espoirs solaires de l'élevage ne se sont pas éteints

Propos recueillis par P. Olivieri

La baisse des tarifs de rachat a certes mis un sérieux frein à la dynamique des projets photovoltaïques sur les toitures agricoles. Mais des opportunités demeurent.

Il y a un peu plus d'un an, le photovoltaïque apparaissait comme un nouvel eldorado pour l'élevage. Qu'en est-t-il aujourd'hui ?


Louis-François Fontant, président de la Chambre d'agriculture : “Nous continuons à dire qu'il faut que l'agriculture du Cantal entre dans la production d'énergie à côté des productions animales. On va bien sûr continuer à produire des vaches, des moutons, du lait,... mais on fera aussi, pour ceux qui le souhaitent, de l'énergie. Tout naturellement à partir du bois transformé en bûches ou copeaux, mais aussi à partir de panneaux photovoltaïques. Plus tard, il s'agira de méthanisation, de biomasse, de petit éolien, des projets qui, pour l'heure, revêtent encore une dimension financière trop importante.”

Pourtant, avec des baisses successives des tarifs de rachat, le soufflet n'est-il pas en train de retomber ?
L.-F. F. : “Si la question ne se posait pas il y a 18 mois, l'opportunité de faire du photovoltaïque sur les toits de nos bâtiments agricoles demande effectivement à être plus réfléchie aujourd'hui. Mais il serait vraiment dommage d'envisager de rénover une toiture ou de construire un bâtiment agricole sans se poser la question d'installer des panneaux photovoltaïques. C'est vrai que ce n'est pas encore devenu un réflexe car l'investissement fait peur, mais ça reste des projets économiquement intéressants - sous des conditions d'exposition notamment - qui s'inscrivent de plus dans le développement durable.”

Comment expliquez-vous ces changements tarifaires ?


L.-F. F. : “Cette politique d'évolution des tarifs nous déçoit beaucoup et reste une grande incompréhension entre nos positions et feu le ministère de l'Écologie, de l'Énergie et du Développement durable et de la Mer. L'argument qui a été donné, à savoir celui d'une diminution de 30 % des prix des panneaux, n'a pas de sens. La chute des tarifs de rachat de l'électricité a été beaucoup plus rapide et importante, entraînant une baisse sensible de la rentabilité des projets. Quant au risque de venir concurrencer d'autres sources d'énergie comme le nucléaire, ou encore d'impacter la facture d'électricité des consommateurs, c'est parfaitement ridicule. Il n'y a qu'à regarder la part que représente aujourd'hui le photovoltaïque dans la production d'énergie en France, c'est dérisoire et bien loin en tout cas de nos voisins, allemands par exemple, qui continuent de la développer.”

La profession agricole a aussi dénoncé des tarifs de rachat pour les projets au sol bien plus élevés.
L.-F. F. : “Les prix de rachat de l'électricité produite à partir des toitures ont diminué beaucoup plus vite en effet que ceux pour les parcs au sol pour pratiquement les rejoindre. Ce qui rend les projets au sol infiniment plus rentables de par leur dimension. Ce qui nous paraît absurde. En installant des panneaux solaires sur les toits des constructions agricoles, c'est une façon intelligente de les valoriser, de faire travailler l'industrie du bâtiment locale, d'autant que ces projets sont répartis sur l'ensemble du territoire départemental. Alors que les parcs au sol émanent de sociétés extérieures sans qu'il y ait de retombées pour l'économie locale.”

 

Au-delà, cela n'est-il pas gênant de dédier des terres agricoles au photovoltaïque ?


L.-F. F. : “Ce n'est pas choquant, c'est tout aussi noble ou nécessaire de produire de l'énergie que des aliments. On produit bien du coton, du café, des plantes médicinales... Par contre, on ne veut pas que la rente procurée à l'agriculteur par la location de son terrain pour un parc au sol serve à attiser la concurrence sur le foncier. C'est pourquoi nous demandons que tous ces projets au sol soient soumis à l'avis de la Commission départementale
d'orientation agricole.”


Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier