Phytosanitaires : protéger sa santé tout au long du chantier phyto

CA 53

Quand la décision de traiter est prise, l’agriculteur s’expose, avant, pendant et après le traitement phytosanitaire.

Phytosanitaires : protéger sa santé tout au long du chantier phyto

Les principales voies de pénétration des produits phytosanitaires dans notre corps sont :

-   les yeux et les lèvres : par projection d’éclaboussures lors du dosage du produit, le frottement avec des mains souillées...

-   les voies respiratoires : par inhalation des poussières phytosanitaires lors de la manipulation du produit ou de semences traitées...

-   la voie digestive : hormis l’ingestion accidentelle, certains gestes peuvent provoquer une intoxication digestive, comme le fait de se ronger les ongles, de fumer...

-   et la voie cutanée : par contact direct avec le bidon, par des éclaboussures... La pénétration du produit se fait majoritairement par la peau.

Une fois les produits pénétrés dans notre corps, une partie est éliminée par la sueur, les urines, les selles... et une autre reste stockée dans le système nerveux, les os, les muscles...

Les phytosanitaires : des produits dangereux

2 types d’intoxications peuvent se déclarer :

E Les intoxications immédiates surviennent quelques heures ou jours après l’application de produits phytosanitaires. Cela se manifeste par des nausées, des éruptions cutanées, des troubles respiratoires, etc.

E Les intoxications chroniques peuvent apparaître dans un délai de quelques semaines à une quarantaine d’années. Tout au long de son activité professionnelle, les expositions répétées aux produits (et donc des absorptions de petites doses) peuvent entraîner une accumulation de produit dans l’organisme et ainsi provoquer des effets retardés sur la santé. Différentes maladies sont recensées telles que des cancers, des maladies neurologiques, des troubles de la reproduction...

Phyt'attitude, l’observatoire de veille sanitaire de la MSA, recueille les témoignages d’agriculteurs (de façon anonyme) ayant subi une intoxication suite à l’utilisation de phytosanitaires. L’objectif est de diminuer les risques liés à l’exposition aux produits phytosanitaires.

Les différentes phases d’exposition aux risques

    Dès l’ouverture du bidon : la bague ou l’opercule rend difficile l’ouverture des bidons sans se souiller. Il n’est pas rare qu’un tournevis ou couteau intervienne dans cette opération. Pourquoi pas ? Mais il faut impérativement que cet outil soit spécifique et ne serve qu’à l’ouverture des phytos, afin de ne pas se souiller lors d’autres travaux.

    À la préparation de la bouillie et le remplissage du pulvé : c’est la phase la plus à risques :

- Le déversement du produit peut engendrer des éclaboussures, notamment lors du « glou-glou ».

- Pour les pulvés sans incorporateur, le déversement du produit peut entraîner un frottement contre la cuve du pulvé. Si l’extérieur du pulvé n’est pas lavé après chaque traitement, notre corps sera contaminé.

    Pendant l’application phytosanitaire au champ :

Les risques d’exposition lors du traitement restent limités ; il s’agit de l’ouverture/fermeture des rampes, ou bien d’incidents techniques obligeant l’agriculteur à descendre (bouchage de buses...).

    Lors du lavage extérieur du pulvé :

Le lavage avec un nettoyeur haute pression va créer des projections d’eau contaminée et un brouillard chargé en particules phytosanitaires.

Et les risques lors du semis ou du nettoyage de cellules de stockage

D’autres travaux de l’exploitation présentent des risques d’intoxications aux phytosanitaires :

Ÿ des intoxications suite à l’inhalation des poussières de semences lors du remplissage du semoir ne sont pas rares.

Ÿ de même, le nettoyage de la cellule de stockage de blé, traité avec insecticides (charançons...), engendre l’absorption de poussières phytos.

Les mesures à mettre en place afin de limiter les risques

Ÿ Dès l’achat des produits, il s’agit d’acquérir les produits les moins dangereux pour votre santé. À efficacité et coûts identiques, autant choisir le produit le moins dangereux.

Ÿ Bien lire l’étiquette du bidon : les pictogrammes de danger et les phrases de risques renseignent sur la dangerosité du produit. L’étiquetage évolue : les carrés oranges sont remplacés par un losange blanc entouré en rouge et les phrases de risques (ex : R21) deviennent des mentions de danger (H312).

En complément, il existe les Fiches de Données de Sécurité (FDS) pour tous les produits ; elles doivent vous être remises lors de la livraison des produits par votre fournisseur.

Ÿ Des aménagements phytosanitaires adaptés permettent de limiter les risques : par exemple le stockage réglementaire (fermé à clé, aéré, spécifique...) optimise la manipulation des bidons.

Ÿ Un pulvé bien entretenu et vérifié régulièrement (filtres, buses...) limite les incidents techniques au champ et par conséquent le contact direct avec la parcelle traitée. Malgré tout, une buse peut se boucher... Il faut alors : arrêter la pulvérisation, avancer de 5 mètres afin de ne pas marcher dans la zone traitée, mettre des gants phytosanitaires pour soit déboucher la buse avec une brosse à dent ou bien une bombe à air comprimé, soit changer la buse avec le jeu de buses de rechange stocké dans son tracteur.

Ÿ L’équipement de protection individuelle est la barrière ultime entre vous et les produits ; il est à porter lors de la préparation de la bouillie.

Equipement préconisé par la MSA Spécificités  À retenir
un masque à cartouches avec 2 filtres 

- un filtre qui absorbe les gaz et vapeurs organiques (symbolisé par une bande marron : A2)

- et un filtre pour les poussières phytos (une bande blanche : P3).

Filtres A2P3.

Cartouches à stocker dans une boite hermétique ou sac plastique afin de couper l’activité de filtration

un masque jetable - un filtre P3 pour le remplissage du semoir ou le nettoyage de la cellule. Filtre P3

des gants phytos réutilisables

(pour les gants jetables : il n’y a pas le pictogramme risque mécanique)

- en nitrile ou néoprène, avec la norme 374

- avec 3 pictogrammes :

   (risque chimique)   (risque mécanique)   (micro-organisme)

une combinaison spécifique phytosanitaire

- marquage CE

- avec les 3 pictogrammes :  (risque chimique)   type 5   type 6

Ÿ Dès la fin du remplissage du pulvé, il est primordial de se laver les mains gantées afin de laisser les gants propres pour la prochaine fois. Prendre une douche le plus tôt possible dès la fin du traitement, afin d’évacuer les résidus déposés sur son corps.

C’est la somme de tous ces gestes qui permet de protéger son capital santé. Restez vigilants, en adoptant dès aujourd’hui les bons réflexes !

Sandrine LEPLÉ

Chambre d’Agriculture

pour Phyt’Eau Propre 53

http://www.mayenne.chambagri.fr/phyteau-propre-mayenne.asp

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