Pollution aux PCB : Perquisition au sein de l'entreprise mayennaise Aprochim

Cinq mois après la mise au jour d'une pollution aux PCB (polychlorobiphényles) à Grez-en-Bouère, plusieurs dizaines de gendarmes ont mené mercredi une perquisition dans les locaux de l'entreprise Aprochim spécialisée dans le traitement de déchets industriels.

Selon une source proche de l'enquête, cette opération, « purement scientifique », visait notamment à effectuer un certain nombre de prélèvements à des fins d'analyses et faisait suite à une plainte pour « pollution » déposée au cours de l'hiver.

Dirigée par la compagnie de gendarmerie de Château-Gontier, cette perquisition, qui a duré toute la journée, a associé des militaires de l'Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) et des membres de la cellule nationale NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique).

« Ils ont interrogé le personnel, regardé dans des dossiers et fait des prélèvements », a confirmé le directeur d'Aprochim, Alain-Henri Kéravec.
« Nous avons toujours respecté les normes de rejets fixé par l'arrêté préfectoral, mais le problème est que les normes sanitaires sont plus sévères », a-t-il expliqué. « Il y a un grand décalage entre les normes environnementales et les normes sanitaires », a-t-il ajouté.

Le directeur d'Aprochim précise que cela « n'a rien à voir avec des plaintes d'ex-salariés », affirmant par ailleurs que ces plaintes « ont été classées ».
La perquisition de mercredi, fait « suite à une plainte déposée par la préfecture » après la découverte de pollutions aux PCB dans des fermes.

Fin mars, le préfet de la Mayenne, Eric Pilloton, avait rendu publique la mise sous séquestre partielle ou totale de huit fermes situées dans un rayon de 3 km autour de l'usine, après la détection de taux anormalement élevés de concentration en PCB dans leurs productions (lait, viande et oeufs).

L'administration a demandé à l'entreprise de réduire de 50% son activité après la découverte de cette pollution.
La préfecture de la Mayenne devrait de nouveau communiquer à la fin du mois les résultats des investigations sanitaires et environnementales qu'elle a lancées.
« On ne sait absolument pas à quoi s'en tenir. Pour le moment, Aprochim indemnise les préjudices directs subis par les agriculteurs. Mais rien n'est prévu pour les préjudices indirects et pour certains, la situation est vraiment critique », a regretté Jean-Marc Guesdon, le président du collectif Terre-et-Vie d'Anjou qui fédère agriculteurs et habitants riverains de l'usine.

Source AFP

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