Premiers tours de moissonneuse-batteuse sur des colzas

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Premiers tours de moissonneuse-batteuse sur des colzas
Le colza est très sensible à l’égrenage. Pour sa récolte, la moissonneuse-batteuse est munie d’une coupe avancée qui réduit les pertes sur les côtés. © Catherine Perrot

Une parcelle de 6 ha de colza semence vient d’être récoltée chez Jean-Paul Lecorps, à Saint-Viaud. L’occasion de tester la toute nouvelle moissonneuse de la Cuma du Littoral.

Lundi 9 juillet, chez Jean-Paul Lecorps, Saint-Viaud : c’est le jour des « premières ». Première franche percée du soleil, première récolte de colza semences pour cet agriculteur habitué à du colza « classique », et, surtout, première sortie de la nouvelle moissonneuse de la Cuma du Littoral, une John Deere T 550, à guidage GPS.
« Pour la récolte de colza semences, il faut impérativement nettoyer la moissonneuse », décrit Jean-Paul Lecorps, qui est aussi le responsable des trois moissonneuses de la Cuma (1). « Du coup, nous avons utilisé la machine neuve pour moissonner cette parcelle. » Le colza de Jean-Paul Lecorps est plus en avance que la moyenne des colzas de la région, car il a subi un traitement défoliant (autorisé uniquement en colza semences). Celui-ci a permis une maturation plus homogène des siliques, dont les graines sont ainsi prêtes à être récoltées, avant de partir pour la station de semences de Terrena, à Vern d’Anjou.
Coaché par trois techniciens du concessionnaire Ouest-Agri, Daniel Archambault, l’un des chauffeurs qui aura en charge la moissonneuse à la Cuma, se fait la main sur cette machine flambant neuve. Son pilotage s’apparente plus à de la surveillance qu’à une réelle « conduite ». Toutefois, la prise en main du logiciel et le réglage de tous les paramètres, via écran tactile, nécessite un peu d'habitude !
Désormais, deux des trois moissonneuses de la Cuma du littoral sont munies d’un guidage GPS. « Cet équipement nous permet de réaliser des cartographies des parcelles avec rendement et humidité. Mais l’intérêt, c’est surtout l’optimisation du nombre de passages par hectare » décrit Jean-Paul Lecorps. « On peut gagner jusqu’à 15 % de rendement machine, et plus la coupe est large, plus le gain apporté par le GPS est important. »
En l’occurrence, dans le champ de colza de Jean-Paul Lecorps, le gain apporté par le GPS est sans doute mineur, car la parcelle est « pleine de trous ». En effet, en colza semences, l’agriculteur doit semer des bandes de plantes mâles parmi les femelles. À la floraison, les abeilles et autres insectes pollinisateurs se chargent de féconder les fleurs femelles avec le pollen des fleurs mâles. Les plants femelles deviennent alors les « porte-graines » et les plants mâles, qui représentaient 30 % de la surface, répartis régulièrement dans la parcelle, sont alors broyés.
La nouvelle moissonneuse-batteuse de la Cuma du littoral aura donc fait ses premières armes sur un colza au rendement de 25 q/ha, plutôt satisfaisant pour un colza hybride, première génération. Elle a ensuite poursuivi son parcours sur des orges, avant de se retrouver, comme beaucoup de ses consœurs, bloquée par la pluie !
Catherine Perrot
(1) Les moissonneuses de la Cuma récoltent chaque année environ 1 000 ha de céréales et colza, et 150 à 300 ha de maïs grain.

Ça chauffe sur les marchés, pas dans les champs !

Cette année 2012 sera décidément celle des difficultés de récolte ! Les éleveurs ont le plaisir de voir de l’herbe dans leurs champs, mais de nombreuses parcelles n’ont pas encore été récoltées. Même chose, pour l’instant, pour les orges, dont beaucoup sont mûres : les agriculteurs qui en ont récoltées semblent plutôt satisfaits des rendements, mais tout le monde n’a pas eu la chance de pouvoir « passer entre les gouttes » !
Sur les colzas, comme le souligne Guy Papion, agriculteur à Abbaretz, « c’est l’incertitude. Il y a de tout. La floraison a duré très longtemps, et on peut donc avoir de grosses différences de stades entre les siliques. De plus, la maturité dépend beaucoup de la profondeur des terres : certains colzas ne seront récoltés qu’en août. »
Enfin, du côté des céréales, a priori, les stades avancent « très tranquillement », selon Guy Papion. Les orges sont prêtes, les premiers triticales seront peut-être battus à partir du 16 juillet. Le blé devant, quant à lui, attendre encore un peu.
Mais un autre facteur risque d’intervenir dans ces moissons 2012 : la tension sur les marchés. « Les cours sont aux plus hauts historiques, et ils augmentent de 15 euros par semaine », commente Guy Papion. En cause : la sécheresse en Russie et en Ukraine, la crainte d’un embargo russe et une floraison des maïs américains qui ne se passe pas idéalement.
« Les opérateurs ont peut-être du mal à faire la jonction » souligne-t-il. Du coup, il semblerait que certains opérateurs soient prêts à abandonner les réfactions sur des blés récoltés aux taux de 18 % (la norme étant à 15 %) pour être plus vite approvisionnés. À suivre !

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