Près de 500 suicides d’agriculteurs en trois ans

Près de 500 suicides d’agriculteurs en trois ans
La surmortalité par suicide est particulièrement marquée chez les éleveurs (DR).

Près de 500 suicides ont été enregistrés sur les trois années 2007, 2008, 2009 chez les agriculteurs français, selon l'Institut national de veille sanitaire qui publie jeudi la première étude officielle sur le sujet.

Le suicide est ainsi la troisième cause de décès dans le monde agricole après les cancers et les maladies cardiovasculaires, précise l'INVS. Au total, 417 hommes et 68 femmes sont passés à l'acte au cours de la période, avec une surmortalité particulièrement marquée chez les éleveurs (bovins-lait et bovins-viande) âgés de 45 à 64 ans. Selon l'INVS,  "les hommes âgés de 45 à 54 ans et ceux de 55 à 64 ans ont un risque de décéder par suicide respectivement de 31% et 47% plus élevé que la population générale", précise l'Institut. 

Taux de mortalité par suicide : 35,9 pour 100.000 en 2009

Ainsi, le taux de mortalité par suicide atteint 32,5 pour 100.000 en 2007 et 35,9 pour 100.000 en 2009, dépassant celui enregistré chez les ouvriers (31,8 pour 100.000), pourtant de loin le plus élevé chez les salariés tous secteurs confondus (24,7 pour 100.000).

L'étude souligne un pic de mortalité en 2008 (146 hommes et 27 femmes). La répartition des suicides observés par secteur n'est pas totalement superposable à celle des effectifs de la filière : ainsi en 2008, le secteur bovin-lait représente environ 20% de la population étudiée et près de 25% des suicides enregistrés. Cette même année, l'élevage bovin a présenté la surmortalité par suicide "la plus élevée" - de 56% pour le lait et de 127% pour la viande - supérieure au reste de la population.

"Ces observations coïncident avec la temporalité des problèmes financiers rencontrés dans ces secteurs sur la période d'étude", précise l'INVS qui établit ainsi une corrélation directe entre suicide et difficultés économiques. Si ces travaux "ne permettent pas de mettre en évidence" les causes directes entre l'activité agricole et le suicide, ils confirment d'autres études françaises et étrangères montrant un risque élevé de mortalité par suicide dans cette population.

Cancers : première cause de mortalité

Les cancers restent la première cause de mortalité avec 32% en moyenne, contre 39% dans la population générale chez les hommes de 15 à 85 ans.

L'étude s'inscrit dans le plan de prévention du suicide dans le  monde agricole annoncé par le ministère de l'Agriculture en mars 2011. Elle était très attendue par le secteur et constitue le premier état des lieux officiel sur ce sujet sensible. La population prise en compte pour ce premier rapport comprend les chefs d'exploitations agricoles et les collaborateurs de ces exploitations en activité, par conséquent "il s'agit bien d'une étude exhaustive" précisent les auteurs.

Source AFP

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Commentaires 17

geo

Le message est volontairement utopiste et je sais très bien que cet idéal ne sera jamais atteint. Néanmoins il peut poser les bases d'une réflexion quant au suicide. On peut toujours incriminer les acteurs extérieurs (OPA, pouvoirs publics, Europe, coop...) mais ne croyez-vous pas que ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui ont en leur possession UNE PARTIE des armes destinées à combattre le suicide?
Plusieurs ici semblent s'accorder pour dire que les groupements d'achats peuvent être un levier efficace et j'en suis pour ma part persuadé. Que ce soit les céréaliers ou les éleveurs, un point commun: tous consomment de l'azote, à la même période de l'année!! Je suis prêt à suivre @mouaismouais dans son idée de groupement!

LIM

On se lève tôt le matin, et se couche tard le soir 7 jours sur 7 et 365 jours par an. On se tire un salaire de misère tandis que toutes les personnes qui vivent sur notre dos ont la belle vie. Mais nous on travaille pour nourrir le monde, c'est nous les éleveur qui avons le mal et à quel prix. Des cours de viande qui varient. La paperasse, pas le droit de se tromper, pas le droit à l'erreur sinon on est sanctionné. Sans oublié les aléas de la météo, un été sec et les stocks subissent, et acheter du foin, a quel prix? Les vaches tombent malade aussi, il faut les soigner, mais des fois, sa ne suffit pas elles meurent et cela est encore du manque a gagner pour l'éleveur. Ou encore des vaches échappées ou que l'on ne peut pas attraper.
Pour résumé la vie d'agriculteur est jonché de tracas au quotidien qu'il faut savoir gérer psychologiquement, faut essayer de garder la tête hors de l'eau mais quand le manque d'argent vient s'ajouter à cela.

phil

oui, vraiment utopiste ce message de Géo.....
la mentalité actuelle ,c'est plutot de laisser couler son voisin dans l'espoir d'avaler sa ferme....tout est un peu fait pour que les petites fermes disparaissent......le plus gros des aides va aux plus grosses fermes......meme l'aide laitiere n' a été donner qu,a une minorité alors que tout le monde avait été toucher par la baisse du prix du lait????????
on se demande un peu ou on va

evidemment

la question qui se pose c'est quand la rebellion ? a quand des producteurs qui s'allient plutot que de compter les morts
aujourd'hui il est temps que les campagnes se revolte , s'il le faut organisons la famine, inadmissible d'en arriver là mais seule solution visiblement
le paysan cerealier , eleveur, arbo....n'est pas la variable d'ajustement du budget des menages , quand edf augmente continuellment ses tarifs pour financer des nantis , 32 h semaine, 3500 euros de primes au 3eme enfants, 10% de la facture gratos, electricité quasi donnée, colo et nounou quasi gratuite

mouaismouais

politique agricole court-termiste, pas de lisibilité, pas de stabilité
ps de soutien politique fort, les paysans on essaye de leur maitenir la tete hors de l'eau pour qu'ils nourissent le peuple a bon compte
, une epouse qui se barre car trop de travail par rapport au revenu, les michel edouard leclerc les mulliez nouxs explique qu'ils ne font pas de marge , qu'ils font voeux de pauvreté au profit du consommateur mais qui sont milliardaire ( j en deduis que la meritocratie c'est les milliardaies le merite et ceux qui crevent de faim ou se suicide aussi?????)
une pression importante, du fait de la presence de l'exploitation depuis des generations , on ne veut pas etre celui qui coulera la ferme
le jugement de ses voisins, la solidarité agrciole dont on se vante qui n'existe pas
pour retrouver des marges il faut pour moi aujourd'hui se grouper, pour des achats d'intrants, regroupés 30ou 40 agri pour acheter du materiel individuellement mais avec la force du groupe si on prend 40 tracteurs a un concessionnaire , ils font se battre pour le vendre et les prix baisseront
se regrupés en GIE pour employé un mecano a 25 euros de l'heure plutot 70, un maçon ...
se regroupés pour negocier ses contrats d'assurance, ex: un ami est assuré via un contrat groupe de son entreprise chez cerise, elle paie bien moins que moi pour sa complementaire , moi qui suis paysan fondateur historique pour les mettres a genou se regrouper et dire maintenanat ca suffit
mais bon l'agriculteur est un predateur la petite exploitation on ne va pas l'aider au cas ou on pourrait la reprendre
aujourd'hui les coops cree des groupements d'achats inter coop et pourtant n'importe quel groupe de 30 paysans aura de meilleurs prix que eux
l'avenir des paysans le regoupement pour peser, qu'est ce qui empeche la creation d'un groupement nationale pour l'achat de phytos par exemple , bayer ou consorts si tu leur dis faites nous un prix ou vous perdez votre plus gros marché européens ils plieront
allez chiche on se fait un groupement nationale

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