Présidentielle : découvrez le programme agricole de Marine le Pen

Lise Monteillet

Présidentielle : découvrez le programme agricole de Marine le Pen

La candidate du Front national affiche trois objectifs : instaurer le « patriotisme alimentaire », encadrer la distribution et remplacer la PAC par une Politique agricole française (PAF).

Contrer « les abus de la grande distribution » 

« Encadrer les marges de distributeurs, encadrer les promotions chocs »... Le Front national souhaite un « État fort qui contrôle les rapports entre distributeurs et fournisseurs ». Gilles Lebreton ajoute : « Il ne faut pas attendre des dépôts de plainte, il faut que l’État puisse faire des contrôles a priori. Je pense à l’autorité de la concurrence qui pourrait tout à fait être chargée de surveiller ce secteur ».

 

« Marine Le Pen souhaite restaurer la souveraineté de la France, (…) cela implique la restauration de la souveraineté alimentaire » souligne Gilles Lebreton, député européen et représentant de Marine Le Pen. Il a présenté le programme agricole de sa candidate à l’occasion d’une conférence organisée par l’Association française des journalistes agricoles (Afja) et le Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR), le 16 mars.

« La politique agricole commune, de notre point de vue, a échoué », poursuit Gilles Lebreton. Il ajoute : « La Pac repose sur une philosophie beaucoup trop productiviste. En ce qui concerne le premier pilier, 80 % des aides vont à 20 % des exploitants, on voit bien que cela récompense les plus grosses exploitations ». Ce dernier ne voit pas d’un meilleur œil le second pilier de la Pac, aujourd’hui géré par les Régions. « Nous, on veut que la politique agricole soit nationale », insiste-t-il.

Un niveau d’aides maintenu

Le représentant de Marine Le Pen se veut rassurant : « nous prévoyons de garder les 9 milliards d’euros d’aide à l’agriculture ».  Le Front national souhaite néanmoins répartir autrement les aides publiques. « Il ne faut pas les distribuer uniquement en fonction des hectares mais en fonction des filières et des besoins ressentis sur le terrain », précise-t-il.

« Le modèle de l’agriculture familiale doit être défendu, même s’il s’agit d’un modèle qui peut se moderniser, contre le modèle de la ferme des 1000 vaches », déclare-t-il. L’élu frontiste précise aussi que les jeunes agriculteurs pourront bénéficier d’une « défiscalisation les premières années de l’installation ».

Des prix garantis par l’État

Marine le Pen prévoit, au bout de deux ans, de « fixer des prix minimums garantis par l’État, produit pas produit, après négociation avec les syndicats, pour que les agriculteurs puissent vivre de leur agriculture et non pas des aides », selon Gilles Lebreton.

Le Front national entend donner la priorité aux produits français dans les cantines publiques et dans les restaurants des entreprises. « Dans les appels d’offre des marchés publics, des clauses permettront de faire jouer cette priorité », détaille le député européen, qui convient que « cela suppose de se dégager des règles juridiques européennes ».

Droits de douane

Des droits de douane contre l’importation de produits étrangers seront instaurés. « Cela ne visera pas tous les pays mais ceux qui font du dumping social, environnemental, même au sein de l’Union européenne. Nous pensons particulièrement à l’Allemagne, qui recourt massivement à l’emploi de travailleurs détachés », ajoute-t-il.

Ce dernier affiche son hostilité envers la directive sur les travailleurs détachés, mais aussi envers les accords de libre-échange, qu’ils soient conclus avec le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Ukraine ou la Turquie. Le Front national affiche une ligne d’ouverture vers la Russie : « nous souhaitons rétablir des relations commerciales avec la Russie, qui importait beaucoup de nos produits agricoles et pays sur lequel on a fait peser des sanctions excessives, pour une affaire qui ne concernait nullement l’agriculture puisqu’il s’agissait de l’annexion de la Crimée », commente le représentant de Marine Le Pen. 

La fin de la MSA

Plus généralement, Marine Le Pen veut rétablir les services publics de proximité, offrir une couverture 4G partout dans les campagnes et rediriger le CICE vers les petites et moyennes entreprises grâce à un allègement de charges.

Quant aux mesures sociales, il est prévu une « prime de pouvoir d’achat pour les bas revenus et pour les basses retraites ». Gilles Lebreton annonce « le remplacement de la MSA par l’intégration au régime général », « l’exonération des charges sociales sur la main d’œuvre de remplacement dans la limite de quatre semaines par an ». Enfin, « les retraites agricoles ne devraient en aucun cas être inférieures à 85 % du Smic avec une réversion de la retraite au conjoint survivant de 100 % », indique-t-il. 

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Commentaires 5

ECRAN4631

Le, programme du FN c'est: sortie UE et EURO (si le referendum qu'il promet le permet), dévaluation, barrières douanières (fin de nos exportations), inflation (retour de la planche à billets)' appauvrissement général.
Les riches seront donc moins riches (sauf ceux qui placent leurs avoirs dans des paradis fiscaux) et les pauvres encore plus pauvres.

hetre humain

des bonnes idées mais presque impossible de les mettres en oeuvre on est pas a la sortie de la seconde guerre mondiale nos politique ne sont pas confronter aux réels problèmes de l agriculture

Adada

Sachant qu in restera à charges quasi égale , que la réglementation et sera jamais moins stricte , que la pression opinion publique s accentuera , à quoi faire partie du club des 100qx tout en étant incapable d être concurrentiel sur le marché malgré que le beauceron s autoproclame chef d entreprise ca joue les giers à bras mais en réalité le train de vie luxueux empêche l atteinte du cours mondial

Adada

Le tout étant d avoir des relations équilibrées avec l étranger pas comme aujourd hui ou l Europe se veut un marché libre et ouvert contrairement à la Chine ou usa
Modèle trop productiviste on peut l entendre , une bonne partie de nos matières premières ne valent rien ou pas grand chose c est la main d œuvre à la transfo et les marges inter qui coute on pourrait tripler le prix du ble ca ferait même pas 2 ans d augmentation de la baguette qui elle augmente annuellement faisant fi des cours

gib

Bien , on ferme les frontières
Donc nos concurrents et clients en font autant
on fait quoi de nos vins , broutards , céréales qu'on exportait ?
on les mange ? on les exporte mais payé avec nu nouveau franc sans valeur ?
on fait plus de jachère?
La France sous Marine n'est pas prête de faire surface !

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