Prix du lait : La marmite des producteurs de lait est pleine

Rédaction Vendée agricole

Les producteurs de lait lancent un cri d’alerte. Yves Sicot, délégué de la section laitière pour le canton de Pouzauges, l’exprime.

Vous êtes producteur de lait de vache et de chèvre. Comment voyez-vous l’avenir de ces productions ?

Yves Sicot : Ça va très mal. Partout les producteurs me contactent pour exprimer leur ras le bol et leur souffrance. Qu’il s’agisse de la production de lait de vache ou de chèvre, il y a un gros problème. Les hausses de charges sont telles qu’il ne sert à rien de produire du lait, car on est en dessous du seuil de rentabilité. Je vois des voisins avec des volumes importants qui arrêtent le lait et si rien n’est fait, la Vendée ne sera bientôt couverte que par des cultures. C’est très grave ce qui ce passe actuellement.

En avez-vous parlé avec les laiteries ?

YS : Je ne suis pas sûr que les laiteries mesurent bien le risque qui pèse sur leurs approvisionnements. Attention, les producteurs vont massivement arrêter le lait si les prix ne reflètent pas les coûts de production très vite. Il ne faudra pas attendre juillet pour répercuter l’embellie des marchés mondiaux. Moi je suis à Eurial et finalement le prix B ne me posera pas de problème car il n’y a aura pas de volume B sur mon exploitation cette année. Et je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas-là. Sans rentabilité, même le quota A ne sera pas fait et il nous faut une réaction rapide de la part des laiteries pour garder les animaux.

Qu’attendez-vous de la filière ?

YS : J’attends que chaque maillon de la filière prenne ses responsabilités. Au niveau du lait de vache, la FNPL a calculé un indicateur de charges qui exprime objectivement la situation actuelle. Ces données serviront de base de discussion en région lors de tables rondes organisées par les FRSEA Ouest et Poitou-Charentes avec le Préfet et toute la filière (distributeurs, les transformateurs, etc.) L’objectif est bien d’exprimer les besoins de revalorisation du prix du lait dans les exploitations et de mettre les acteurs de l’aval de la filière devant leurs responsabilités.

En lait de chèvre, des actions ont aussi lieu depuis quelques semaines en GMS pour demander une revalorisation du prix du lait de 120€/1000 L. Il est urgent que l’aval entende le ras le bol des producteurs car sans production, il n’y aura plus de filière. La solution est simple : il faut payer le lait au prix qu’il coûte à produire !

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