Prix du lait : rattraper, vite, le retard avec l’Allemagne

P.Olivieri

Prix du lait : rattraper, vite, le retard avec l’Allemagne
Nicolas Cussac appelle les entreprises à répercuter les hausses de prix passées à la grande distribution. P.O.

Pour Nicolas Cussac, la conjoncture est favorable pour de nouvelles hausses du prix du lait.

Entre 330 et 350 euros les 1 000 litres en mai : c’est le prix de base payé aux producteurs de lait dans le Massif central. On est bien loin des 380 euros revendiqués par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) pour l’année 2014.  “En début d’année, des  hausses de prix importantes ont été annoncées par les  différents  opérateurs. Dans les faits, on constate des écarts conséquents sur les cinq premiers mois de 2014”, regrette Nicolas Cussac, président de la section laitière de la FDSEA qui s’est réunie le 16 juin. Aussi, pour arriver à une moyenne sur l’année autour des 370 euros la tonne, moyenne que les transformateurs ont laissé espérer début 2014, “il va falloir des augmentations importantes sur le second semestre”, estime-t-il.

 

 

Retour aux producteurs

Des évolutions tout à fait possibles et réalistes, comme l’explique le responsable syndical au vu de la très bonne tenue du marché mondial laitier qu’il s’agisse des valorisations beurre-poudre (369 euros / 1 000 l au second trimestre) ou des produits transformés(1). “Il y a eu une petite incertitude au moment du pic de lait au printemps, reconnaît l’éleveur sanflorain.  Mais  ce  doute  est aujourd’hui levé. Il n’y a donc pas de  raison  objective  pour  que la  grande  distribution  refuse de  passer  ces  hausses  à  la consommation.” Des hausses (+ 2,5 % pour les fromages, + 2,4 % pour le beurre...) que les entreprises sont d’ailleurs parvenues à passer en mars 2014 grâce au travail syndical de la FNPL et de ses relais départementaux. “Et qu’elles doivent répercuter maintenant sur le prix payé aux producteurs”, lance Nicolas Cussac. Il en va de la santé économique immédiate et de la compétitivité de la production française rémunérée 20,6 euros de moins les 1 000 litres que ses homologues allemands (347 euros moyenne française en avril 2014 contre 385 euros en Allemagne). “Comme toujours, l’Allemagne a été plus réactive que la France pour le  prix  du  lait”,  ont  fait valoir les membres de la section (sur le prix du lait mais pas seu lement ces derniers temps..., NDLR).

Autre interrogation exprimée par le responsable laitier : la corrélation un peu trop forte à ses yeux entre les cours des matières premières entrant dans l’alimentation des vaches laitières (base indice Ipampa lait) et le prix du lait. Alors que ces matières premières sont relativement disponibles sur le marché, l’indice Ipampa-lait de vache se situe toujours à un niveau très élevé, enregistrant même une remontée depuis début 2014. Un sujet sur lequel la section devrait se pencher prochainement avec l’objectif de trouver des pistes pour diminuer les coûts d’approvisionnement des élevages laitiers cantaliens. “Nous avons aussi en projet de travailler sur la question des contraintes et de l’astreinte en élevage laitier et de réfléchir ensemble à des solutions en matière d’emploi”, expose Nicolas Cussac.

(1) + 3,3 % sur le prix des produits industriels au second trimestre 2014 par rapport au même trimestre de 2013 et + 4,5 % pour les fromages export sur la même période.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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