Production laitière : L’heure à l’optimisme, pas à l’euphorie

Patricia Olivieri

Pour Chantal Cor, les actions des producteurs en décembre en GMS ont pesé sur l’attitude de l’entreprise Lactalis.

Ce début d’année est marqué par une nouvelle hausse du prix du lait. Mais les chantiers restent nombreux pour la FDSEA.

Malgré un prix du lait en hausse, l’année laitière 2013 a été de nouveau plutôt morose.

Comment se présente cette nouvelle année ?
Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA : “Nous sommes en pleine évolution voire révolution du monde laitier tel qu’on l’a connu jusqu’alors. La donne a changé avec de nouveaux signaux envoyés en ce début d’année par les entreprises. Ainsi, Lactalis a informé ses producteurs que le prix du lait de base payé en janvier atteindra 405,84 €/ 1 000 litres et donc qu’il entend coller à la réalité du marché, aujourd’hui porteur, et aux contrats. Les actions conduites en décembre par le réseau FNPL y sont pour beaucoup... Autre signe de ce monde laitier qui change : le fait que les producteurs de Bouriannes ont rapidement trouvé un repreneur même si cela n’enlève rien aux difficultés qu’ils ont connues. Il faut se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, personne ne se battait pour récupérer les producteurs de Grange, de l’URCVL, de Dischamp... C’est clairement le signe qu’on est entré dans une phase où les entreprises vont manquer de lait. C’est donc une opportunité pour nous, producteurs, même si, bien sûr, tout n’ira pas tout seul.”

On vous sent plutôt optimiste...
C. C. : “Optimiste oui, mais en rien euphorique. Nous ne sommes pas dupes non plus. Ces hausses sont aussi un argument pour les industriels pour essayer de faire passer des augmentations à la grande distribution dans le cadre des négociations annuelles qui s’étaleront jusque fin février. Et puis dans un secteur qui voit les entreprises se concentrer à la manière des GMS, si les producteurs ne se dotent pas de moyens de peser sur les entreprises, on se fera “bouffer”. Il y a plus que jamais la nécessité d’être groupés et regroupés autour du syndicalisme. À nous ensuite de trouver les mécaniques appropriées pour défendre les producteurs dans ce nouvel environnement sachant qu’on n’aura pas toujours - voire plus - de médiateur pour mettre tout le monde autour de la table comme ce fut le cas en 2013. Il faut redéfinir la place du syndicalisme, des interprofessions, des organisations de producteurs... pour réorganiser cette défense.”

Vous évoquez la concentration des entreprises, quel regard portez-vous sur la fusion- absorption de 3A et Sodiaal ?
C. C. : “Plutôt favorable dans la mesure où Sodiaal a les outils pour transformer les laits qualifiés jusqu’alors d’excédent. Mais nous sommes parallèlement dans l’attente de signaux positifs de la part de cette nouvelle grosse entité coopérative : nous espérons qu’elle mettra tout en œuvre tant sur les laits non différenciés que sur les AOP pour créer de la valeur et jouer véritablement un rôle de leader sur le marché des AOP  d’Auvergne.” Avec la fin imminente des quotas, certains États et entreprises incitent à appuyer sur l’accélérateur des volumes. Partagez-vous ce message ? C. C. : “Nous ne sommes pas dans la logique d’inciter à produire pour produire. Ce qui est important, c’est que les producteurs dégagent des marges. Après, à chacun sa stratégie, certains iront vers les volumes, d’autres vers d’autres choix.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Commentaires 1

talasa

sodiaal toujours bien lactalis toujours mal

voila la reponse de la FNSEA

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