Programme “Prairies AOC” : Parce qu'elles “le valent bien”

P. OLIVIERI

Le Pôle fromager AOC Massif central orchestre un projet ambitieux de recherche-développement pour connaître et mieux valoriser les prairies du Massif central.

Longtemps ignorée, la richesse des prairies du Massif central suscite désormais de multiples attentions. Réservoir de biodiversité, piège à carbone, mais aussi facteur d'influence de la qualité du lait et de la viande, ces vertes prairies auxquelles le Cantal doit son surnom de pays vert, font aujourd'hui l'objet d'un important programme de recherche-développement piloté par le Pôle fromager AOC Massif central en lien avec ses partenaires (voir ci-dessous). Initié fin 2007, ce projet “Prairies AOC”, dont les travaux s'étalent sur trois ans, est né du questionnement des filières des appellations fromagères du Massif central, suite à la refonte du cahier des charges d'une partie d'entre elles. Des cahiers des charges révisés avec justement une part prépondérante donnée à l'herbe dans les systèmes fourragers (augmentation de la part d'herbe dans la ration, fourrages provenant exclusivement de la zone, etc.), évolution qui n'est pas sans incidence sur la conduite des exploitations qui s'engagent dans ces AOC.

Complémentarité inter-parcelles

Si ces prairies et leur diversité constituent pour les scientifiques des écosystèmes passionnants, l'enjeu pour les acteurs des filières fromagères est de tirer partie de ces atouts floristiques et faunistiques pour mieux gérer ces prairies permanentes et les utiliser via des systèmes d'exploitation durables, alliant autonomie fourragère, qualité du lait et des fromages, et préservation de la biodiversité de ces espaces herbagers. “C'est un objectif complexe”, reconnaît Sophie Hulin, animatrice du Pôle fromager. Le programme est donc ambitieux mais déjà porteur d'enseignements : “Après bientôt deux ans de travaux, le premier message qui s'en dégage est qu'il faut viser une complémentarité des prairies à l'échelle de l'exploitation”, explique l'animatrice. En clair, certaines prairies ont du potentiel de production, et donc vocation à fournir du stock, d'autres à entretenir la biodiversité. Les études conduites sur quelque 75 parcelles de prairies (majoritairement permanentes) réparties dans 15 exploitations représentatives de la diversité des milieux et systèmes d'exploitation, montrent ainsi qu'il y a des bénéfices à chaque système à condition de bien connaître ses parcelles, leurs potentiel et vocation. Dans cet objectif, plusieurs outils devraient prochainement voir le jour : une typologie des prairies (courant 2010) et un diagnostic fourrager à l'échelle de l'exploitation. “Des instruments précieux d'analyse pour les conseillers et d'aide à la décision pour les éleveurs”, estime pour sa part Bernard Berthelier, directeur de la Chambre d'agriculture.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier